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 Victime... ou tortionnaire... (2)

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Pascal9
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MessageSujet: Victime... ou tortionnaire... (2)   Dim 6 Mar - 7:30

Victime… ou tortionnaire…(2)





De la révolte à l’insurrection armée.


Un nouveau statut voit le jour en 1947, mais il n’est question ni d’indépendance ni d’autonomie. Deux organisations nationalistes coexistent désormais : l’Union Démocratique du Manifeste Algérien (l’UDMA dirigée par Ferhat Abbas, modérée), et le Mouvement pour le triomphe des Libertés Démocratiques ( le MTLD dirigé par Messali Hadj). Dès 1947 le MTLD crée une organisation paramilitaire, l’Organisation Spéciale (l’OS). Ce sont les activistes de l’OS qui entament la lute armée sur tout le territoire algérien le 1er novembre 1954, après avoir rompu avec le MTLD. Un nouveau mouvement voit le jour : le Front de Libération Nationale (FLN) dont le programme réclame l’indépendance nationale. Mitterrand, alors ministre de l’intérieur, organise activement la répression au nom de « l’Algérie Française »

L’insurrection finit par embraser toute l’Algérie. Le gouvernement français, qui a été contraint d’octroyer l’autonomie interne à la Tunisie et au Maroc en 1953, ne veut rien lâcher en Algérie. A partir de 1956, le socialiste Guy Mollet y expédie les soldats du contingent. La guerre et la répression, dont les aveux du Général Aussaresse ont confirmé récemment le caractère barbare, s’intensifient. En 1958 De Gaulle prend le pouvoir et se voit contraint d’engager des négociations à Evian en 1961 avec le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne). L’OAS, organisation française d’extrême-droite, se déchaîne. La France ayant renoncé en partie au pétrole du Sahara, un cessez-le-feu est signé le 19 mars 1962, alors que commencent l’exode des pieds noirs vers la France et le massacre des harkis en Algérie abandonnés par les troupes françaises.

La gauche française et l’extrême-gauche

Le parti Socialiste est l’un des responsables de la répression alors que le PCF ne mène qu’une lutte assez molle pour la «Paix en Algérie » après avoir désapprouvé en novembre 1954 « le recours à des actes individuels susceptibles de faire le jeu des pires colonialistes, si même ils n’étaient pas fomentés par eux », et surtout après avoir voté les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet en 1956.
Quelques militants parmi les courants chrétiens de gauche, les dissidents du PCF et l’extrême gauche trotskiste et anarchiste font le choix de soutenir le FLN. Les membres des réseaux clandestins qui fonctionnent autour du philosophe Francis Jeanson et du communiste égyptien Henri Curiel seront baptisés les « porteurs de valises ». Certains sont jugés en septembre 1960. Au même moment est lancé le « Manifeste des 121 » signé par les intellectuels et les artistes les plus prestigieux, défendant l’insoumission pendant la guerre d’Algérie un autre procès aura lieu en juin 1963 à Amsterdam pour juger 2 dirigeants trotskistes, Pablo et Santen, pour fabrication de fausse monnaie à l’usage du FLN.
Mais ce qui a manqué au peuple algérien pour que la lutte aboutisse non seulement à l’indépendance mais à donner le pouvoir aux opprimés ce n’est pas tellement les aides matérielles au FLN mais l’absence d’un parti qui représente les intérêts des travailleurs et des pauvres.
L’Algérie a été une terre maudite. Tous ceux qui y ont touché se sont sali les mains. Les responsables sont dans tous les camps. Le FLN, le pouvoir, les barbouzes, les gendarmes, les autorités civiles : personne ne s’est montré brillant, ni tout à fait honnête. Ce fut une foire d’empoigne, où le plus fort et le plus rude a gagné.
Répressions sur le territoire algérien mais également en métropole, ou les forces de police se montrent coupables de nombreuses et graves exactions…
« Protestant contre le couvre-feu qui leur interdit de sortir entre 20 h 30 et 5 heures du matin, des milliers d’Algériens, sans armes, défilent pacifiquement dans la capitale. Ou essayent : accueillis à coups de matraque à la sortie des bouches de métro, poursuivis dans les rues et les immeubles, ils subissent une épouvantable répression, comme le montrent les photos du journaliste Elie Kagan, longtemps censurées. Frappés, assommés, abandonnés en sang sur les trottoirs, jetés à la Seine – « Encore quinze ratons à la flotte », jubile un gendarme mobile – et s’écrasant parfois sur les quais : la sauvagerie la plus féroce. Même arrêtés, ils ne sont pas hors de danger : une cinquantaine d’entre eux gisent sans vie dans la cour dite d’isolement de la préfecture de police. Les rares plaintes seront cassées : aucune « preuve » n’appuie leur déposition (on peut se fendre le crâne dans un escalier), aucun témoin n’ose se manifester : à la sortie des cinémas, les passants enjambaient blessés et agonisants sans les voir. »
Si la guerre d’Algérie eut ses Papon et Aussaresses, elle eut aussi ses résistants. Des hommes et des femmes – des français – dont les politiques ne parlent jamais, comme s’ils avaient déshonoré leur pays. Alors que, pour peu que l’expression ait un sens, ils ont sauvé son « honneur ». Le plus connu est assurément Francis Jeanson, auquel jeune historienne, Marie-Pierre Ulloa, vient de consacrer une biographie. Engagé à vingt et un ans dans la Résistance, essayiste, proche collaborateur de Sartre aux Temps Modernes, il publie en 1955 avec sa femme, Colette, un livre qui reste une remarquable introduction à l’histoire de la colonisation : L’Algérie hors la loi. Boycotté par la gauche, qui le trouve excessif, l’ouvrage passe quasiment inaperçu. Mais Francis Jeanson persiste et signe : convaincu qu’un intellectuel ne peut se contenter de mettre sa plume dans le sens de l’histoire, il déçide, avec quelques amis, de prêter main-forte aux Algériens. Le 2 octobre 1957, un réseau est mis sur pied : en accord avec la fédération de France du FLN, ses membres hébergent des militants recherchés, les font passer à l’étranger, transportent des fonds et des armes, éditent un bulletin (clandestin) d’information, Vérité pour. Leur objectif ultime : «réveiller » la gauche. Mais, cette dernière les ignore ou les condamne. La plupart des membres du réseau ne tardent pas à être arrêtés, puis jugés. Le lendemain même de l’ouverture du procès paraît le « Manifeste des 121 », qui approuve les actes de désertion et d’insoumission – 300 jeunes français eurent le courage de dire non.

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