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 Poèmes de Robert Moran

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Gi
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Nombre de messages: 12621
Localisation: Terrebonne, Québec, Canada
Date d'inscription: 18/12/2004

MessageSujet: Poèmes de Robert Moran   Dim 21 Mai - 11:13




Nous sommes tous en esclavage

C'est le temps

des marchands

de tapage

Extravagant

mensonge

même le songe

ment


Ne désespère pas

toi qu'on dit si volage !

Poète aux amours mirages

pour toi il n'y a cage.


Sache que tu échappes

A tous les oiseleurs.






Je soussigné homme ordinaire

certifie avoir rencontré

à la sortie de mon scaphandre

un autre homme pour dialoguer

un ordinaire scaphandrier

Au risque de périr noyés

nous avons su nous écouter

En foi de quoi je persiste et je signe

ce document où je consigne

ce fait nouveau et presque unique

dans notre univers aquatique





D'un homme éponge

tombe une goutte idée


Chaque goutte

compte

pour user

l'uniformité

les us et coutumes

les légitimités


La communion

de l'homme-éponge

et du compte-gouttes

peut finir en révolution.







Gargouilles, oh gargouilles

vos contorsions et vos grimaces

De masques

Ne me lasseront jamais

Je ne m'ennuie pas davantage

Et je resterai bien là l'éternité

A écouter

Gargouilles

Votre chanson de pierre


Puisse la pluie l'année entière

Battre tambour piano forte






Dans ce bon vieux Polichinelle

oh à une très petite échelle

parmi sciures et ficelles

j'ai trouvé un soupçon

une trace d'amour


L'analyse d'un Juge n'a donné

c'est juré

ni âme ni précipité

mais beaucoup de code et d'arrêtés


Dans un Garde

je n'ai rien trouvé

pas de farine pas de son de sifflet

mais un collier de chien

perdu sans son maître.


Et les marionnettes ?


De leur tête de bois

couleurs et lumières

sort une ficelle


De leur beaux souliers vernis

un bout de lacet


On tire dessus,

et les marionnettes

se mettent à danser, à danser, à penser





L'horizon ?

Mais c'est le bout du monde !

dit l'oiseleur


Il a raison


Mais pour son malheur

le cacatoès volubile

au vol malhabile

l'entraîne au loin

au loin

dans une folle ronde

de grands chemins





Strident passe le cri

et puis

virgule

S'envole pour ailleurs

Où çà ailleurs ?


Nul ne saura


Et le point minuscule

Echappe à tous les enrôleurs






Pour connaître l'étonnement

Il faut croiser le regard

d'un crabe d'or dans son armure

à travers une épaisseur d'eau

quand nulle ride de hasard

ne griffonne son onde ni ne rature

quand nulle vague ne froisse l'eau

Il faut voir ces yeux étonnés

apercevant dans son bocal vert

un homme nu crustacé né

qui mue qui perd

sa carapace d'air

Il faut savoir que les algues dansent

brassant l'espace

comme des arbres lumineux

caressés par un vent silencieux





Penché au dessus de l'eau

j'admire

le pur nuage roseau

qui se mire

Un banc d'oiseaux

silencieux

frôle les blonds coteaux

bambous soyeux

Passe un vol de poissons

mystérieux

dans le fond du ciel bleu

Le courant fait bouger les branches

du saule pleureur

L'écume blanche

du vent moqueur

fait sur les ondes

comme une ronde

de souvenirs

Dans un soupir

près du corail

vert éventail ondule l'algue

L'océan est couleur de ciel

et le ciel se noie dans la mer

La terre

à jamais

disparaît





A petits mots

avancent nos mensonges

nos rêves

comme le flot qui bat la grève

baiser furtif

aux douces lèvres

de l' océan alternatif


Nos songes

fugitifs

et nos mensonges

si naïfs

ne se ressemblent pas





Courir le canal d'une Vie

Vous appelez çà un voyage ?

Sur un pauvre chemin de halage

Il faut traîner sans raison

Un train de péniches

illusion !

heureusement, à chaque écluse

je m'efforce

D'abandonner un maudit vaisseau

Peut-être ainsi garderais-je des forces

Sous ce ciel aux couleurs des eaux





L'Enfant de l'Indifférence

est un bâtard ?

Qu'importe !

Si blond si tendre et presque nu

cet innocent n'est pas un ingénu

Avec moi son ami inconnu

assis sur le seuil de ma porte

il attend que le vent menu

nous apporte

cette nouvelle bienvenue

qu'enfin

toutes les constructions de cartes

s'écroulent comme les châteaux humains.



Ce poète est aussi peintre.

_________________
...


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