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 La couleur de l'amour

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BOKAY
Ange


Nombre de messages : 69
Localisation : France
Date d'inscription : 29/03/2005

MessageSujet: La couleur de l'amour   Sam 10 Sep - 12:41

LA COULEUR DE L’AMOUR


Les étudiants se poussent, se bousculent, certains crient leur joie pendant que d’autres s’effondrent en larmes. Les résultats sont affichés sur de petits panneaux, par ordre alphabétique. Je bouscule deux filles qui pleurent bruyamment, l’une d’elles me refile un coup de coude dans l’estomac en me traitant de connard… Enfin, je trouve le bon tableau, je descends la liste des yeux quand… Wouha ! Je l’ai ! Je lève les bras en l’air en signe de victoire et je répète : Je l’ai ! Wouha !J’ai mon bac ! Je me mets à l’écart, sors mon portable et annonce la nouvelle à ma mère. Je la sens aussi heureuse que le jour de la naissance de mon petit frère, elle pleure de joie et ça me fait chaud au cœur. Pourtant, les études ça me gonfle ! Enfin ! Ca fait plaisir à mes parents et comme j’ambitionne une carrière de journaliste, j’ai pas d’autres alternatives. Je rentre à la maison, tout souriant, ma mère me saute au cou et mon père me félicite.
--- Pour ta réussite au bac, ta mère et moi, on a pensé te faire un cadeau, dit mon père, qu’est-ce qui te ferait plaisir ?
Je les regarde l’air ébahi ; les cadeaux, c’est pas dans leurs habitudes ! Avec l’effet de surprise j’allais répondre : rien ! Mais je me ravise et réfléchis quelques secondes.
--- Un voyage en Afrique, dis-je. Oui ! Ca me ferait vraiment plaisir de connaître l’Afrique, par exemple là où tu es allé papa, à Abidjan.
Depuis le temps que mon père nous bassine avec ses souvenirs d’Afrique ! A chaque réunion de famille, à chaque fois qu’on parle de l’Afrique à la télé ! Comme ça, je connaîtrai un peu, j’aurai l’air moins … !
--- Oui, c’est ça qui me ferait vraiment plaisir ! Dis-je.
Mon père interroge ma mère du regard, je vois leurs yeux qui brillent et l’amorce d’un sourire. Ma mère donne son approbation d’un signe de la tête.
--- C’est d’accord, dit mon père, je vais contacter Bernard, il va te trouver un hôtel convenable ou autre chose, on verra bien…
Bernard habite la Côte d’Ivoire depuis vingt trois ans. Mon père et lui, avaient quitté la France pour ‘ l’aventure africaine’ à la fin de leur service militaire. Après deux années passées à Abidjan, mon père est rentré en France mais Bernard est resté au pays, il a épousé une Ivoirienne et créé une société d’importation d’appareils ménagers. Quand Bernard vient à Paris, il ne manque jamais de venir nous rendre visite. Lui et mon père sont restés de grands amis, Ils passent des heures ensemble à raconter leur jeunesse, les packs de bières sur la table du salon.

Mercredi.
J’écoute de la musique dans ma chambre quand mon père frappe à ma porte.
--- Tout est réglé, tu pars demain ! Dit-il, le visage égayé d’un large sourire. Bernard a insisté pour que tu t’installes chez lui, il dit que sa maison est immense et qu’il n’est pas question que tu ailles à l’hôtel. Il a même ajouté que ses enfants se font une joie de te faire découvrir leur pays.
Jeudi.
Dix heures trente, l’Airbus d’Air France se pose sur l’aéroport Houphouët-Boigny. Je suis attendu par Guillaume, le fils de Bernard. Il est à peu près de mon âge, de corpulence plutôt fine et semble jovial et dynamique. Il me parle comme si nous nous connaissions depuis toujours. Le temps est nuageux, mais il fait déjà chaud
--- T’occupe pas des bagages, dit Guillaume, le chauffeur de taxi s’en charge.
Guillaume est bavard. Pendant le trajet, il me pose une quantité de questions et ne peut s’empêcher de commenter chaque endroit que nous traversons. Nous roulons à l’extérieur de la ville, la circulation est dense et ça klaxonne de partout. Par moment, on aperçoit la mer, la capitale économique s’éloigne et nous nous engageons dans une route étroite bordée de grands arbres. De chaques côtés, de magnifiques villas attirent mon attention ! Moi qui me croyais dans un pays sous-développé ! Encore une idée reçue qui tombe. Le taxi ralentit et emprunte une toute petite allée très ombragée.
--- Ici, c’est chez nous ! Dit Guillaume, c’est notre maison.
L’allée est droite, le sol de couleur rouge et les arbres de chaques côtés sont immenses. Les murs blancs de la villa se découpent sur un ciel couleur ardoise. Ce décor me rappelle les contes qui ont meublé l’imaginaire de mon enfance. Tout me semble féerique. Le taxi s’arrête aux pieds des marches de la grande porte d’entrée, juste entre deux palmiers.
--- Viens ! Dit Guillaume, je vais te présenter à ma famille.
Je le suis, il m’entraîne dans le salon. Je reconnais immédiatement sa sœur, un foulard aux couleurs chatoyantes cache en partie ses longs cheveux ébène. Elle porte un jeans délavé et un T-shirt blanc. Elle m’accueille avec un franc sourire et me prie de m’asseoir. Métisse comme Guillaume, elle est d’une beauté à couper le souffle !
--- Je m’appelle Sabrina dit-elle. Bienvenue chez nous !
Sa Mère arrive, suivie d’une jeune fille portant un plateau avec des rafraîchissements et des fruits. Je me sens un peu mal à l’aise, je ne suis pas habitué à autant de luxe. Malia, la mère de Guillaume et de Sabrina est impressionnante, au premier regard, on devine une personne de caractère. Je sais par mon père qu’elle a une quarantaine d’années, elle est encore très séduisante et ne fait pas son âge.
--- C’est donc toi le fils de Jean-Marc ? Dit Malia, j’ai bien connu ton père tu sais…mon mari et lui formaient un sacré duo.
La discussion s’installe et s’anime dans une atmosphère simple et chaleureuse, je me sens vite à l’aise, j’ai l’impression d’avoir découvert une nouvelle famille. Après le repas, Guillaume vient vers moi.
--- T’es d’accord pour faire un tour ? Me dit-il en me désignant le pick up rouge garé près d’une énorme touffe de bambou.
--- OK, dis-je, j’ai hâte de découvrir votre pays, on part quand tu veux.
Sabrina s’installe au volant, je m’assieds sur le siège avant, Guillaume à l’arrière, et nous partons. La route est en mauvaise état et l’imposant véhicule saute à chaque trou. De plus, la clim est hors d’usage et nous roulons toutes vitres baissées.
--- Putain de poussière ! Dit Guillaume.
--- On parle pas comme ça ! Répond Sabrina.
--- Bah ! Ca n’a pas d’importance, dis-je.
La conversation s’engage, je leur fais part du dépaysement que je ressens en Afrique et ils me posent des questions sur Paris. Je regarde Sabrina, son foulard et ses cheveux bouclés ondulent et volent au vent, son profil se découpe sur le défilement de la végétation. Je l’observe, elle me fait penser à une photo de dépliant touristique. A intervalle irrégulier la mer se montre, comme un puzzle, elle est tranquille et semble écrasée sous le soleil. A l’horizon, de gros bateaux aux couleurs pastels paraissent immobiles. Je me laisse aller à la rêverie lorsque soudain, Sabrina donne un coup de volant à droite et s’engage dans un petit chemin en forte pente qui conduit à la mer. De chaques côtés, des habitations précaires, faites de bois et de tôles, sont disposées au hasard. Des enfants courent en tout sens. Sabrina arrête le pick up près d’un amoncellement de grosses pierres noires et lisses. Nous descendons.
--- Allez ! Tous à l’eau dit Guillaume !
La mer est à trois cents mètres, nous enfilons nos maillots de bain et nous courons en direction des vagues. L’eau est chaude, c’est agréable. Guillaume fend les vagues de son corps fin et élancé, Sabrina m’attrape, m’entraîne dans les vagues et me projette dans le prochain rouleau. A mon tour, je la saisis et la balance de toutes mes forces dans le bouillon d’écume. Et nous recommençons, encore et encore jusqu’à épuisement.
--- On remonte ? Dit Guillaume, vous n’avez pas soif ?
Je sors de l’eau et court vers la voiture. Après quelques mètres, je me rends compte que je tiens toujours la main de Sabrina, je la regarde, elle me sourit mais ne lâche pas ma main. Nous atteignons le Pick up, une ribambelle de gamins déguerpit du plateau arrière à notre arrivée. Le sable est brûlant, nous nous installons à l’ombre, sous de petits palmiers. Sabrina s’allonge tout près de moi, sa peau brune aux reflets ambrés tranche avec la mienne. Elle se tourne vers moi, se met sur son côté, sa main ouverte soutenant sa tête. Je lui fais face dans la même position et nous parlons, études, musiques, cinéma, bref un peu de tout entrecoupées d’éclats de rires. Tout en parlant, je lui prends la main et nous parlons et rions encore.
--- Et si on allait ailleurs ? Dit Guillaume en se relevant.
--- OK dit Sabrina, je vous emmène dans ‘mon petit paradis’. Vous allez découvrir la plus belle vue de toute la côte d’Ivoire
Sabrina n’a pas exagéré, cet endroit est d’une rare beauté. Au premier plan, des palmiers qui descendent vers la mer, puis cette eau turquoise rayée d’une multitude de traînées d’écume d’un blanc pur. C’est magnifique.
Quand nous rentrons à la villa, il fait nuit. Bernard, confortablement installé dans son fauteuil, lit le journal. Il m’accueille très chaleureusement et me demande mon impression sur cette première journée. Il va chercher un pack de bière au frigo, en ouvre deux, pose le reste sur la table et commence à me raconter son arrivée en Côte d’Ivoire avec mon père. J’ai l’impression d’avoir pris la place de mon père. Toutes leurs histoires, je les connais, je les ai entendues maintes et maintes fois, mais par politesse, je simule l’étonnement et l’émerveillement. Malia me sauve de cette situation.
--- Laisse un peu ce garçon tranquille, dit-elle, tu vois pas que tu le fatigues ! Allez, passez à table.
Après le repas, Guillaume suggère une sortie en boite. Sabrina vient aussi, c’est vrai que c’est elle qui conduit alors…
à suivre (1/2)
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Gi
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Date d'inscription : 18/12/2004

MessageSujet: Re: La couleur de l'amour   Dim 11 Sep - 1:58

C'est formidable... justement j'ai un ami qui arrive d'Afrique,
j'ai vu des photos, c'est beau....

Je lirai la suite bientôt.

Gi

_________________
...

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Brian Marconi
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Date d'inscription : 16/09/2005

MessageSujet: Re: La couleur de l'amour   Ven 16 Sep - 1:46

Bonsoir Bokay

pourquoi ce pseudo ?

Bravo à toi, je découvre ce forum, et cette première c'est pas de la petite bière.

Je vais lire la suite maintenant.

Au revoir,
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