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 Le bonheur (suite)

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Emilie
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Date d'inscription : 26/12/2004

MessageSujet: Le bonheur (suite)   Dim 20 Mar - 13:22

L'idée que les hommes n'agissent que pour être heureux signifie que toute action est malheureuse, que les hommes n'agissent que parce qu'ils sont malheureux, qu'un homme heureux n'agirait plus, parce qu'il n'aurait plus aucune raison d'agir. Telle était la conception chrétienne du bonheur, selon Niertzsche, dont nous sommes encore les héritiers : la béatitude des bienheureux consisterait dans une contemplation éternelle des perfections divines, les moines se mettaient à l'écart de la société des hommes pour s'adonner plus librement à cette contemplation et s'approcher autant que possible de la béatitude céleste. D'après cette conception, la contemplation serait supérieure à l'action,agir serait un état anormal et provisoire de l'homme, destiné à trouver son aboutissement dans un bonheur qui coïnciderait avec la pure inaction. Agir serait un pis-aller, et le symptôme que le bonheur n'est pas encore atteint. C'est dans cette perspective que peut se poser la question : pourquoi agit-on? Pour être heureux. Or une telle conception est aux yeux de Nietzsche symptômatique d'une vie sur le déclin, d'une vie à bout de souffle, qui sent toute action comme un effort et non comme son état naturel, le plein déploiement de ses forces vitales.

A cette conception décadente et à ce type de vie, Nietzsche oppose ce qu'on pourrait appeler une action heureuse : celle qui émane d'un homme plein de santé, débordant de vie, qui agit parce qu'il éprouve le besoin d'épancher les forces qui débordent de lui. Il agit par débordement de bonheur non pour être heureux, non pour devenir heureux. Il agit parce qu'il jubile, parce qu'il exulte, parce que pour lui vivre et agir ne sont qu'une seule et même chose. le bonheur n'est plus alors un but laborieusement - et le plus souvent de façon infructueuse -poursuivi : il est un état normal, il est la source de toute action, et non le but visé à travers elle.

Devenir heureux ou être heureux ?

"Que dois-je faire pour devenir heureux?"
- Cela, je ne le sais pas. Mais je te dis une chose : sois heureux - et fais alors tout ce que tu voudras." (Nietzsche).
La question posée est celle du disciple à un maître. Question dangereuse aux yeux de Nietzsche : elle risque d'engendrer les morales, les préceptes qui vont conseiller à l'homme de moins vivre. Le maître, tel que Nietzsche le souhaite, refuse de répondre :"Je ne sais pas". Il ne tombe pas dans le piège, il refuse de satisfaire la demande du disciple. Mais il propose autre chose : sois heureux ! On ne devient pas heureux par une suite d'efforts, en s'imposant une ascèse. S'efforcer de devenir heureux est la définition même du malheur. Adopte une attitude joyeuse face à l'existence, et alors, fais tout ce que tu voudras. Que ton action ne soit pas motivé, par ton ressentiment, par ton amertume. Que ton action au contraire soit affirmation, bonheur de vivre, de se sentir capable d'agir. (comme Saint Augustin dit au chrétien : "Aime, et fais alors tout ce que tu voudras." : toute action motivée par l'amour, enracinée dans l'amour, ne pourra qu'être bonne).

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Emilie
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MessageSujet: Ma conclusion sur le bonheur   Dim 20 Mar - 13:42

Le bonheur est un but sur lequel les hommes s'accordent d'autant plus volontiers que le contenu qu'ils placent sous ce terme est plus vague et indéterminé. Ceux qui nous promettent le bonheur attendent toujours quelque chose de nous : il faut être attentif aux conditions, au prix à payer ! Le bonheur est le "fonds de commerce" de tous les charlatans spéculant sur la misère humaine. Certes le bonheur ne peut résulter du pur hasard, et dépend de notre attitude fondamentale face à l'existence. Freud a montré que ceux qui semblaient poursuivis par le sort et aller d'échec en échec étaient des gens qui faisaient leur propre malheur pour soulager un sentiment de culpabilité inconscient : ils ne s'autorisent pas à être heureux. Le bonheur n'est pas forcément un idéal égoïste : que puis-je donner de plus beau à mes proches que ma belle humeur et ma joie de vivre ?
Il pourrait ainsi exister, indirectement, un devoir d'être heureux (Alain). Plus beau encore que de viser le bonheur à travers mon action est donc le fait d'agir par bonheur,parce que je suis heureux (Nietzsche). Epicure disait déjà qu'un homme parfaitement heureux (un sage) ne pourrait souhaiter le malheur de personne, n'étant jamais mu par le ressentiment ou le désir de vengeance. Les hommes ne sont méchants que dans la mesure où ils sont malheureux et entendent faire payer aux autres (la société, leur famille, le "système") leur incapacité à atteindre le bonheur. C'est pourquoi, le même Epicure disait que les Dieux, qui sont par nature bienheureux et que jamais le malheur ne peut effleurer, ne peuvent vouloir le malheur de quiconque, ni se mettre en colère contre les hommes. Le bonheur nous installe dans une heureuse disposition.

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