Mots d'art & Scénarios
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 BASHÔ, MAÎTRE DU HAÏKU

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2 participants
AuteurMessage
Gi
Rang: Administrateur



Nombre de messages : 14618
Localisation : Lévis secteur Charny, Québec, Canada
Date d'inscription : 18/12/2004

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MessageSujet: Re: BASHÔ, MAÎTRE DU HAÏKU   BASHÔ, MAÎTRE DU HAÏKU EmptyJeu 5 Avr - 10:21

Guy

Recevoir un cadeau comme celui-ci par jour de neige met du soleil au coeur, quel bonheur.

Merci.

Gi
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http://www.liensutiles.org/gvilleneuve.htm
Guy Rancourt
100 messages
Guy Rancourt


Nombre de messages : 750
Age : 76
Localisation : Le Bic (Québec)
Date d'inscription : 28/12/2004

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MessageSujet: BASHÔ, MAÎTRE DU HAÏKU   BASHÔ, MAÎTRE DU HAÏKU EmptyMer 4 Avr - 13:35

Bashô, le maître du haïku

Matsuo Munefusa (1644-1694), dit Bashô (« bananier » en japonais), est généralement considéré comme l'interprète le plus authentique du génie poétique japonais. Maître incontesté du haikai-renga, du "poème libre en chaîne", qu'il pratiquait assidûment avec ses disciples, il fit du haïku, poème en dix-sept syllabes, un mode d'expression privilégié.
Son histoire :
Issu d'une famille de bushi (guerrier), vassal des châtelains d'Ueno dans la province d'Iga, le jeune Munefusa avait été dès son enfance attaché en qualité de page à la personne de l'héritier de son seigneur, Todo Yoshitada. Ce dernier mourut en 1666, et Munefusa, libéré de ses attaches féodales, quitta sa province pour Kyoto où il poursuivit ses études.
En 1672, précédé d'un certain renom déjà, il se rendit à Edo, la capitale des Shogun Tokugawa, où il semble avoir d'abord occupé divers emplois administratifs. En 1681, il prit l'habit de moine et pratiqua la méditation sous la direction du maître de Zen Butcho. En même temps, il se retirait à l’Ermitage-au-bananier" (Basho-an), que Sanpu avait mis à sa disposition dans sa propriété de Fugawa, dans un faubourg d'Edo. Désormais il sera connu sous le pseudonyme de Bashô.
L'incendie de sa maison au début de 1683 l'incita à faire un premier voyage dans la province voisine de Kai, tandis que l'on reconstruisait le Basho-an, grâce à une souscription parmi ses élèves déjà nombreux. La même année, Kikaku publiait un premier recueil de poèmes de l'école de Basho, dite Sho-mon. Cependant, Basho avait pris goût aux voyages. Les dix dernières années de sa vie se passèrent donc en d'incessants périples, coupés de retraites plus ou moins longues, soit au Basho-an, soit chez ses disciples.
De ses voyages, il composait le récit sous forme de haibun, de sorte que, pour cette décennie, sa vie et son oeuvre se confondent totalement. Il mourut du reste, comme il l'avait prévu et peut -être souhaité, au cours d'un de ces voyages qui, pendant l'été et l'automne de 1694, l'avaient mené dans sa province natale, puis, par Nara, jusqu'à Osaka ou, entouré de ses disciples accourus, il composa son dernier poème :


Malade en chemin
en rêve encore je parcours
la lande desséchée.

Sur sa tombe, au monastère Gichu-ji à Fushimi, on planta un bananier.

Source : encyclopédie Universalis et Haïku. Anthologie du poème court japonais, Paris, Gallimard, (Poésie no 369), 2002



Quarante-cinq haïkus de Bashô


Une nuit au temple
la lune
au plus clair de mon visage


Devant l’éclair
sublime est celui
qui ne sait rien!


Au printemps qui s’en va
les oiseaux crient
les yeux des poissons en larmes


Ce jour si long
trop court encore
pour le chant de l’alouette!


Dans le champ de colza
les moineaux font mine
de contempler les fleurs


Vieil étang
au plongeon d’une grenouille
l’eau se brise


Au nectar d’orchidée
le papillon
parfume ses ailes


Sur le sentier de montagne
le soleil se lève
au parfum des pruniers


Sous les fleurs d’un monde flottant
avec mon riz brun
et mon saké blanc


La cloche se tait
les fleurs en écho
parfument le soir!


Dans la fraîcheur
je m’établis
et je m’endors


Nuit d’été
le bruit de mes socques
fait vibrer le silence


Au fond de la jarre
sous la lune d’été
une pieuvre rêve


Sous la pluie d’été
raccourcissent
les pattes du héron


Herbes folles de l’été
où frémit encore
le rêve des guerriers!


Avant que je l’avale
l’eau de la source
a bruissé sur mes dents


Où le coucou
disparaît
une île


Ah coucou!
agrandis encore
ma solitude!


Le cri des cigales
vrille la roche
quel silence!


Les cigales vont mourir
mais leur cri
n’en dit rien


Herbes d’iris
accrochés à mes pieds
lacets pour mes sandales!


Ce chemin
seule la pénombre d’automne
l’emprunte encore


Ce couchant d’automne
on dirait
le Pays des ombres


Toute la nuit
sous la lune ronde
à faire le tour de l’étang


Aux admirateurs de lune
les nuages parfois
offrent une pause


Cœur
blanchi par la pluie
carcasse battue par les vents!


Dans le goût mordant du radis
je sens
le vent d’automne


La rosée blanche
n’oublie jamais
son goût de solitude!


Cruauté cruauté
sous le casque
un criquet


Le saule s’effeuille
nous écoutons la cloche
le maître et moi


Sur le pont suspendu
nos vies s’enroulent
aux sarments de lierre


Poireaux lavés
poireaux tout blancs
comme ils ont froid!


Glaçant mon ventre
les rames frappent la vague
nuit de larmes


L’année prend fin
toujours le même chapeau
les mêmes sandales de paille!


Au point du jour
en tourbillons de brume
la voix de la cloche


Première bruine
j’aurai pour nom
« le voyageur »


Cruche brisée
par le gel de la nuit
je me lève en sursaut!


Minuit de givre
j’ai emprunté pour dormir
la manche d’un épouvantail!


Viens
allons voir la neige
jusqu’à nous ensevelir!


Neige qui tombais sur nous deux
es-tu la même
cette année?


Malade en voyage
mon rêve court
la lande en friche


Mes larmes grésillent
en éteignant
les braises


Pétrifiée
sous mon cheval
mon ombre glacée!


La nuit tombe sur la mer
le cri des colverts
s’éclaircit


Dans ce jardin
un siècle
de feuilles mortes!

(In Haïku. Anthologie du poème court japonais,
Paris, Gallimard, (Poésie 369), 2002)
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