Mots d'art & Scénarios
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Mots d'art & Scénarios

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 Choix de Villaperla

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villaperla
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Date d'inscription : 21/07/2005

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MessageSujet: Ancore d'autres poèmes   Choix de Villaperla EmptyDim 5 Mar - 6:46

Au clair de tes yeux poème de Amélie Averlan

L'ancre alors
Trempée
Dans tes prunelles
Je pouvais alors
Coucher
Sur le papier
Mes pensées alors
Vagabondes
Frôlant le ciel

Mes pieds décollaient
Du bitume
En chemin
Légère comme une plume
Sans souci du lendemain
Je buvais
Tes paroles
Bouche
Toute
Bée
Douce
attente
Amélie Averlan

Curieuse poème de Amélie Averlan

Curieuse derrière quelque branche de houx
Je m'étais tapie près du ruisseau
Sur l'herbe verte le soleil haut
Sous un ciel bleu et ses rayons doux

Des vêtements reposaient sur le sol
Comme jetés en hâte et nonchalance
Et toi presque nu au chant des rossignols
Sous les feux de mon regard pour secrète danse

Sous tes mains les clapotis du ruisseau
Les mouvements de tes bras apprivoisant l'eau
Pour toute musique berçaient en cadence
Mon âme endormie ces ardeurs en silence

Quel secret fut ici volé ?
Il faut croire qu'il fut bien gardé
Car chaque jour à la même heure
J'attends le clapotis du ruisseau
comme un divin bonheur
Amélie Averlan

Sans toi poème de Amélie Averlan

Pas un mot
Et je m'enfuis
dans les gouffres de la nuit
Au plus profond des draps
Au plus loin de toi
Une place absente et vide
s'accroche à côté
Sur l'oreiller froissé
il n'y a qu'un pas de vide
Et j'attends en vain
ce qui ne viendra jamais

Des mots écrits de rien
Une place vide
au creux de ma main
Le soir se laisse tomber
Sur nos heures
à s'écouter rêver
Et il ne reste rien
qu'un peu de chagrin
Versé sur l'oreiller à côté
Amélie Averlan


T'aimer au travers poème de Amélie Averlan

Je t'aimerai au travers
Dans ces gens pleins de foule
Dans un rire qui nous saoule
Je t'aimerai au travers
De rien et de tout
Au travers que tu connais
Aux sons que tu glissais
Innocemment sans en répondre

Je t'aimerai au travers
En te laissant en paix
Sans chasse ni croisé
Au plus loin de nos chemins
Au plus proche de nos destins

Je t'aimerai au travers
De ces basses qui me saoulent
Sur ces coins d'épaule où je m'enroule
Au goût de ces peaux parfumées
Où je pourrais t'imaginer
Moments serviles

Je suis aveugle, sans vie, sans voix
Je ne vois plus rien qui ne ressemble à toi
J'ai le cœur envahi et meurtri
Je n'ai plus le goût que de l'ennui
Aucun écho
Pas un mot
Le téléphone a sonné
Mais tout reste muet
Tapis sous les ans
Que deviendront ces sentiments...
Volés par les années
Les sursauts du désir fanés...

Que restera-t-il
De ces moments serviles...
Je suis aveugle, sans vie, sans voix
Je ne vois plus rien qui ne ressemble à toi
J'ai le cœur envahi et meurtri
Je n'ai plus le goût que de l'ennui
Amélie Averlan

C’est un de ces matins où le soleil grisaille... poème de Michèle Brodowicz

C’est un de ces matins où le soleil grisaille...
Sa rondeur d’or pourtant illumine le ciel
Espérant gai reflet dans mon regard de miel
Mais l’été n’y vit plus et mon âme tressaille.
Hier encor le toit de la maison d’en face
Accueillait tourterelle au bonjour enchanteur
Et la tuile romaine alanguie de bonheur
Offrait au jour posé sa douceur en préface.
L’Univers s’invitait aux coussins de ma bouche
Disputant au café un baiser de velours
L’espoir de découvrir cette étoile d’amour
Qui scintillait la nuit au-dessus de ma couche.
Le souffle malicieux de la brise légère
Effleurait délicat les courbes de mon corps
Déposait un frisson un autre un autre encore
Souvenirs satinés de son vol éphémère.
Il est de ces matins où le ciel vague à l’âme
Où la nuit boit le jour et le gris la couleur
Où le soleil se cogne aux volets de douleur
Michèle Brodowicz

Dans l'attente du jour poème de Moun

Je spleen quand les nuages mangent la lune
Les fantômes tapis derrière la mémoire
Agitent les souvenirs, sombres désespoirs,
Quand je cherche le clair dans l’obscur de la brune.

A l’ombre du feuillage d’un ciel noir coton
Je regarde, inquiète, mes craintes de l’enfance
Lorsque, lumière éteinte, je pleurais l’absence
D’auréole d’or tamisée sur le plafond.

La lune a revêtu sa chemise de deuil
Et un cortège d’ombres réveille mes peurs
Et anime l’ancienne horloge de mon cœur
Quand j’entre dans cet impalpable qui accueille.

Longues sont ces heures où l’inconnu domine,
Où le silence bruit dans le soir qui gémit !
Je sais le clair du jour que le soleil satine,
Le pied dans la porte entrouverte de la nuit,

Impatient de faire fondre la glace des doutes,
D’inonder l’angoisse de rosée du matin
Jusqu’au soir de lune où se toucheront nos mains,
Où nos étreintes parfumeront notre route

Et les nuages pourront bien croquer la lune
La mélancolie et son armée de fantômes
Ne seront que des souvenances d’infortune
Quand l’amour n’habitait pas le céleste dôme.
Moun

Dans tes yeux poème de Moun

De l’aurore à tes yeux il n’est d’instant plus doux
Quand tu cueilles le jour au bord de mon sommeil,
Que d’un doigt caressant, de mon front à mon cou,
Tu dessines la vie aux couleurs du soleil.

Dans tes yeux océan paisibles et limpides,
Je jette mes doutes et mes illusions
Perdues dans l’eau grise du temps des amours vides
Et des pluies de rêves aux mortes passions.

Quand ivres sont tes yeux, tes mots brûlent ma peau
Et je pars en voyage au pays du désir
Et nos corps, enlacés, fêtent le jour nouveau,
Une aube nouvelle aux accords de plaisir.

Un éclat dans tes yeux et l’imparfait se noie ;
Les souvenirs heureux, écumes de délices
Aux arômes d’amour et aux pensées de soie,
Ces héros morts-vivants, ressurgissent… complices.

Aux rêves de lune, aux lueurs éphémères,
Aux voiles de la nuit, j’ai fait mes adieux ;
Egarée dans le noir, j’ai su ta lumière
Quand mon cœur s’est baigné dans tes yeux amoureux.
J’ai vu des océans aux vagues de l’envie
Mais ils étaient petits et leurs ondes troublées
C’est dans ton océan, celui où j’ai grandi,
Que je voudrais vivre, vivre et mourir d’aimer.
Moun

Tendresse d'hiver poème de Moun

M’aimerez-vous encor quand il aura neigé ?
J’ai le doux souvenir de l’hiver à vos yeux,
Vos yeux émerveillés par les flocons joyeux
Posant silencieux leur cristal étoilé
Sur le sol endormi où mourait une rose.
Ma mie, me disiez-vous, venez, prenez mon bras,
Allons nous promener sur les chemins frileux,
Longer les grands cyprès ornés de l’or des cieux,
Goûter aux sanglots purs d’anges pleurant tout bas
Sur le sol endormi où la rose repose.
Je suis, toujours, complice de votre émoi divin,
De l’ivresse enfantine aux éclats merveilleux,
Du regard allumé de flammes et de feux
Quand viennent s’essuyer les larmes du matin
Sur le sol endormi où se glace la rose.

M’aimerez-vous encor quand il aura neigé
Sur ma vie, sur mon corps, sur mes cheveux soyeux ?
Et reverrai-je encor l’éclat du cristal à vos yeux,
Le reflet de votre âme près de l’âtre enflammé,
La tendresse en hiver belle comme une rose ?
Moun

Soupir en secousse poème de Moun

Prenez-moi dans vos bras que la mort me soit douce
Laissez-moi expirer le cri et le bonheur
De cette heure bénie blottie sur votre cœur
Oubliant un instant la raison qui me pousse.

Laissez-moi expirer le cri et le bonheur
Une ultime prière un soupir en secousse
Oubliant un instant la raison qui me pousse
A quitter cette emprise à l’infernale ardeur.
Une ultime prière un soupir en secousse
Avant de m’apprêter l’émotion dans le pleur
A quitter votre emprise à l’infernale ardeur
Et mourir dans la joie qu’un soleil éclabousse.

Avant de m’apprêter l’émotion dans le pleur
A connaître le feu brûlant la lune rousse
Et mourir dans la joie qu’un soleil éclabousse
De perles et diamants sur nos corps en sueur.
Moun



Suicide poème de Michèle Brodowicz
Dans le rouge sanguin de l’astre qui décline
A l’heure où il se noie aux abysses de l’eau
Une femme s’endort sur le bois d’un radeau
Préférant au soleil la lumière divine.

La brûlure d’azur a calciné son âme
Et sa foi en l’amour en l’humain en demain
Elle clot son regard sourit au chérubin
Impatient sur un cil d’éconduire une larme.

Sur la lame des flots son avenir chavire
Au fond de l’horizon l’éclat d’un feu joyeux
Des rires et des chants des cœurs purs et heureux
Ce monde sans douleur la séduit et l’attire.

Quand l’aube ouvre les yeux sur le port il pleuvine
Derrière les volets le silence gémit
Une âme s’est unie à l’éternel promis
Et le soleil ce soir étoilera l’ondine.
Michèle Brodowicz

Un frôlement poème de Natacha Péneau

Un frôlement a fait fuir mon doux rêve
Les bruits familiers envahissent mon esprit
Ma pensée se noie dans les vagues de la mer
Qui fut pendant un temps le havre de ma nuit…
Le plus beau des cadeaux que la nuit m'apporte :
L'inconscient dans lequel je plonge avec envie
Double vie qui s'ouvre derrière la porte
Dans laquelle je me vautre, et je subis !
Comme toutes choses dans la vie se terminent
Le rêve s'envole au moindre petit bruit,
Je reste démunie, comme une gamine
Devant un grand trésor qu'on lui aurait pris.
Natacha Péneau


Ce matin poème de Natacha Péneau

A travers les brumes de mon rêve
J’ai entendu le coucou chanter,
Paupières closes, une petite trêve…
Mais persistant le coucou m’appelait.

Lentement j’ai ouvert les volets,
Mon jardin inondé de soleil
Déposait toutes ses beautés
A mes yeux voilés de sommeil.

Le renouveau frappe à ma porte
J’aspire la douceur du printemps
Tu es près de moi et m’apportes
Le rêve qui file au gré du vent…
Natacha Péneau

Ce soir, j'attends mon ami poème de Natacha Péneau

Ce soir j’attends mon ami,
Sa chambre est prête, le dîner cuit ;
J’ai cueilli les plus belles roses
Qui étaient encore écloses.

Ce soir j’attends mon ami,
Nous parlerons de poésie
En croquant la tarte aux pommes
Je crois que je l’ai faite bonne.

Ce soir j’attends mon ami,
Je tressaute, la sonnerie !
"Aujourd’hui je ne pourrai venir
Demain, pourriez-vous m’accueillir ?"

"Bien sûr avec un grand plaisir !"
Le chagrin vient m’anéantir
J’essuie les larmes qui s’enfuient
Ce soir, je n’attends plus d’ami.
Natacha Péneau

La salle à manger poème de Francis Jammes

Il y a une armoire à peine luisante
Qui a entendu les voix de mes grand-tantes,
Qui a entendu la voix de mon grand-père,
Qui a entendu la voix de mon père.
A ces souvenirs l'armoire est fidèle.
On a tort de croire qu'elle ne sait que se taire
Car je cause avec elle.

Il y a aussi un coucou en bois.
Je ne sais pourquoi il n'a plus de voix.
Je ne veux pas le lui demander.
Peut-être bien qu'elle est cassée,
La voix qui était dans son ressort,
Tout bonnement comme celle des morts.

Il y a aussi un vieux buffet
qui sent la cire, la confiture,
la viande, le pain et les poires mûres
C'est un serviteur fidèle qui sait
qu'il ne doit rien nous voler.

Il est venu chez moi bien des hommes et des femmes
qui n'ont pas cru à ces petites âmes.
Et je souris que l'on me pense seul vivant
Quand un visiteur me dit en entrant :
- Comment allez-vous, monsieur Jammes ?
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Gi
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MessageSujet: Re: Choix de Villaperla   Choix de Villaperla EmptySam 4 Mar - 2:24

Daniel

merci d'avoir contacté le poète qui était étonné et en même temps flatté de retrouver son poème... c'est gentil à toi. Et merci pour ces nouveaux textes.

Gi

_________________
...

[img][/img]
http://www.liensutiles.org/gvilleneuve.htm
ou ici :
http://ginette-villeneuve.qc.ca/
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http://www.liensutiles.org/gvilleneuve.htm
villaperla
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Date d'inscription : 21/07/2005

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MessageSujet: Suite de suite et fin de poèmes que j'ai aimé récemment   Choix de Villaperla EmptyJeu 2 Mar - 10:26

Le bonheur dans tes yeux poème de Anne-Marie Oudard

Le bonheur dans tes yeux
Je le vois dans tes yeux,
Le bonheur qui brille.
Il a le goût de la vanille
Dans un bol radieux
Plein de gourmandises.
Il a l'éclat d'une bêtise,
La convoitise d'une cerise.
Je le vois dans tes yeux
Le bonheur qui brille,
Il a le parfum des filles
Des rues de Manille.
Il a l'éclat du verre,
Au soleil, sur la mer.
Je le vois dans tes yeux
Le bonheur qui brille,
Il a l'éclat du diamant
sur ta pupille
Il est transparent
comme l'eau claire,
Lumineux comme l'éclair,
C'est le feu sur la pierre,
Je le vois dans tes yeux,
Le bonheur qui brille,
Il a le goût de la vanille,
Il a le parfum des filles
Des rues de Manille. Anne-Marie Oudard

Sur tes rives poème de Yves Brillon

Je me perds dans tes yeux
profondeur du regard
immensité du ciel bleu
où ne brille qu'un seul phare
et vogue mon esquif

je me réfugie sur tes rives
sur la plage de tes lèvres
sable chaud
murmures de la brise
tendresse des mots

je m'étends sur ton rivage
ancré à tes flancs
blancheur de ta peau
caresses furtives
quand danse la mer

vague langueur
de la vague
qui va qui vient
quand tes doigts effleurent
la porte de mon cœur Yves Brillon

Délivrance poème de Marie Bataille

Je noie mes mouvements dans la douceur de tes yeux purs
Et je veux être deux par toi multipliée.
Toi dont je crie le nom jusqu'à la déchirure
Toi qui m'as fait l'amour au berceau de mes rêves.

J'ai tout jeté par-dessus les années
Tout oublié quand tu m'as enlacée
Le soleil était chaud et ton corps m'a brûlée
Brûlée comme un encens qui meurt en embaumant.

Comme une vague sous la caresse des nuages
Je sens glisser le bruit des feuilles sur mon cou
Et mon corps tout entier s'enlise dans tes bras
Et j'écoute la vague me caresser le ventre.

Je m'électrise sous tes doigts
Pour éclater plus loin, bien plus haut, bien plus fort
Ce temps si long à pas comptés où tu ne me dis rien
Temps qui ne compte plus tant il est là, présent
Et toi, présent, en moi. Marie Bataille

Je pense à vous… poème de Francis Jammes

Je pense à vous.
Mes yeux vont du buisson de roses
aux touffes du chaud seringa.
Je voudrais vous revoir quand les raisins muscats
dorment auprès des reines-claudes.

Depuis que je suis né, je sens au fond du cœur
je ne sais quoi d'inexplicable.
Je vous dis que la rose est tombée sur le sable,
que la carafe est sur la table,
que la fille a mis ses sandales
et que le scarabée est plus lourd que la fleur.

- Mais tous ces foins, les aura-t-on bientôt fanés ?
- O mais, mon amie, tout se fane :
le foin tremblant, le pied de l'âne,
les chants du merle et les baisers.

- Mais nos baisers, ami, ne se faneront point ?
Non certainement. Que le foin
se fane, disais-je, c'est bien.
Mais nos baisers, amie, ne se faneront point. Francis Jammes

Au soir du départ poème de Amélie Averlan

Au soir du départ
Il est des soirs
Où je repense encore à nous
Il est des jours
Où je songe encore à toi
Il n'y a pas un jour
Où tu n'es pas en moi
Le temps
D'un presque
Le temps d'un parce que je
Le temps d'un je serai
Il n'y a pas un jour où
Tu ne t'éloignes
Et je veux
Parce que
Et je ne peux
Parce que tu
Parce
Tu ne veux
Je n'en puis
Plus Amélie Averlan

La main touche une jupe poème de Alain Borne

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l'oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s'étirent.

Carrière de braise rouge,
près d'une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de si loin.

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée. Alain Borne

Mes lèvres poème de Alain Borne

Mes lèvres
ne peuvent plus s'ouvrir
que pour dire ton nom
baiser ta bouche
te devenir
en te cherchant.

Tu es au bout
de chacun de mes mots
tu les emplis,
les brûles,
les vides.

Te voici en eux
tu es ma salive
et ma bouche
et mon silence même
est crispé de toi. Alain Borne

Jours-rien poème de Dorothée Kopp

Tout est moite
et mon corps ruisselant
et pourtant tu es loin
et pourtant
le soleil brille l'air de rien
dans un ciel bleu indifférent.
Tout y est mais rien n'est là
il y a comme un trou
comme une blessure
un point faible, une déchirure
un cri d'oiseau perdu.
Le frisson d'une saison morte
égrène les secondes
de ton absence
et parcourt en rampant
mon dos nu, sans tes mains.
Tout s'efface et tout fond
je traverse ces jours transparents
comme des flaques sans reflet
à pas feutrés, le corps flottant.
Je fais des ronds en t'attendant. Dorothée Kopp

Voici le soir poème de Albert Glatigny

Voici le soir : pareils au clair de lune,
Tes yeux charmants rêvent sous tes cils longs ;
L’air est léger ; si tu le veux, nous allons
Dormir au bord de la mer, sur la dune.

Un chant s’élève entendu par mon cœur,
Un chant d’amour exhalé par ton âme.
Triste et bien doux, vers le ciel tout en flamme
Qui semble prêt à mourir de langueur.

La mer est là. Ses vagues argentées
Causent tout bas tendrement, comme nous,
Et moi, je tiens, assis à tes genoux,
Dans mes mains tes deux mains abritées.

Ne parlons plus, ne songeons plus, laissons
Le temps passer et briller chaque étoile ;
Le vent est frais ce soir, baisse ton voile,
Je sens courir sur ton sein des frissons. Albert Glatigny

Beauté moderne poème de Jean Richepin

Certes, tu m’éblouis quand tu es toute nue,
Ainsi l’âpre soleil de juin, brûlant la nue,
Fait baisser le regard par sa flamme irrité.
Tu ressembles alors à quelque déité
Splendide, arrondissant le contour de ses lignes
Dans un marbre plus blanc que la plume des cygnes.
Mais je t’admire autant, je te veux plus encor
En moderne beauté, quand un savant accord
De rubans, de chiffons, de robe revêtue,
Dans la toilette étreint ta vivante statue.
J’aime l’étroit corsage où tes seins à l’étroit
Semblent deux étalons qui se cabrent tout droit.
J’aime ton bras sortant à demi de la manche
Où la dentelle écume autour de ta chair blanche.
J’aime ton buste fier cuirassé de satin.
J’aime ton pied cambré frétillant et mutin
Sous les boutons de la bottine mordorée.
J’aime ta jupe énorme à la traîne éplorée
Qui fait comme un fouillis épars de noirs cheveux
De ta croupe onduleuse à ton mollet nerveux.
J’aime à sentir ployer tes reins, fondre ta taille,
Dans le froufrou soyeux et craquant de la faille.
J’aime tes bracelets, tes bagues, tes bijoux,
Tout ce que ton caprice enfant a pour joujoux.
Et rien ne me rend fou, frénétique, idolâtre,
Comme l’état de tes toilettes de théâtre,
Quand, faisant palpiter au bout fin de ton gant
Comme un grand papillon l’éventail élégant,
Avec des airs de reine et des rires de fée,
La poitrine en avant, la tête ébouriffée,
Tu te plais à montrer aux lustres envieux
Tes diamants aigus qui poignardent les yeux. Jean Richepin

Chanson de Vincent Voiture

Les demoiselles de ce temps
Ont depuis peu beaucoup d’amants,
On dit qu’il n’en manque à personne,
L’année est bonne.

Nous avons vu, les ans passés,
Que les galants étaient glacés ;
Mais maintenant tout en foisonne,
L’année est bonne.

Le temps n’est pas bien loin encor
Qu’ils se vendaient au poids de l’or,
Et pour le présent on les donne,
L’année est bonne.

Le soleil de nous rapproché,
Rend le monde plus échauffé ;
L’amour règne, le sang bouillonne,
L’année est bonne. Vincent Voiture

Il pleut poème de Francis Carco

Il pleut - c’est merveilleux. Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.

Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu’on ne s’entend plus !

C’est merveilleux : il pleut. J’écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.

Je t’aime. Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux. Francis Carco


Parfois tu me regardes poème de Julien Santenoy

Parfois tu me regardes et dans tes yeux sérieux
Je lis une question secrète.
A quoi penses-tu donc ? Peut-être suis-je curieux
Mais je sens tourner dans ta tête

Comme un souci, un souvenir, une requête
Que tu ne saurais pas formuler
Et je reste à guetter et je sens en mon être
Comme une inquiétude monter...

Est-elle malheureuse, que me reproche-t-elle ?
Est-ce qu'elle voudrait me quitter ?
Et je sens dans mon coeur comme un oiseau sans aile
Qui essaierait de s'envoler.

Mais il est pris en cage et ne peut plus sortir
Je sens son bec heurter ma chair
Et voilà que soudain s'obscurcit l'avenir
Tout mon rêve tombe en poussière.

Mais enfin tu souris et le soleil se lève
L'oiseau va pouvoir s'envoler
La mer de tes pensées vient battre sur ma grève :
Mon cœur enfin est apaisé. Julien Santenoy

Je m'embête... poème de Francis Jammes

Je m'embête ; cueillez-moi des jeunes filles
et des iris bleus à l'ombre des charmilles
où les papillons bleus dansent à midi,
parce que je m'embête et que je veux voir
de petites bêtes rouges sur les choux,
les ails (on dit aulx), les lys.
Je m'embête.
Ces vers que je fais m'embêtent aussi,
et mon chien se met à loucher, assis,
en écoutant la pendule
qui l'embête comme je m'embête.
Vraiment ces trois cils de ce chien de chasse,
de ce chien de poète,
sont cocasses.
Je voudrais savoir peindre. Je peindrais
une prairie bleue, avec des mousserons,
où des jeunes filles nues danseraient en rond
autour d'un vieux botaniste désespéré,
porteur d'un panama et d'une boîte verte
et d'un énorme filet à papillons vert.
Car j'apprécie les jeunes filles
et les gravures excessivement coloriées
où l'on voit un vieux botaniste éreinté
qui longe un torrent et se dirige vers l'auberge. Francis Jammes

Rire et pleurer poème de Amélie Averlan

Je voulais te dire...
C'est du pareil au même
Tant que tu m'aimes
Rire et pleurer
Ne sont que des soupirs
Des instants de joie
Tant que tu es près de moi
Rire, à pleine dents
Pleurer, cachée dans ton cou
C'est rien et beaucoup
Tant que tu es mon aimant
A pleurire et ripleurer
Je te veux entier
Et pour toujours
Mon amour Amélie Averlan
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villaperla
Messsager



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MessageSujet: Suite de Suite   Choix de Villaperla EmptyJeu 2 Mar - 10:21

Balancelle poème de Catherine Lange

Ton parfum toujours me poursuit
Sitôt que de moi tu t'approches
Comme les bois après la pluie
Lorsque la brume s'effiloche
C'est une saison luxuriante
Où le ruisseau devient pensif
Où l'ombre fraîche est si charmante
Où mon esprit devient lascif
Dans le doux secret des charmilles
Aux fleurs épicées de dentelles
La félicité s'éparpille
Au rythme lent des balancelles Catherine Lange

Danser sauvage poème de Simone Auguste

Danser sauvage
Sur des musiques rudes
Violentes Farouches
Danser sa rage
Mordre l'air tête échevelée
Tromper la pesanteur
Violer l'espace
Danser le rire énorme
La vie féroce
Danser le monstre multiforme
L'appétit géant
L'homme Simone Auguste

Cycle poème de Marie-Noëlle Toutain

Règles et compromis
Voilà ce que tu es
Voilà ceux que tu hais !

Cycles et concessions
Vingt-huit jours d'amour
Chaque moi... fin de mois
se terminent dans le rouge.

Puis un désir conjoint
de ne jamais finir
invente un nouveau rythme,
plus lent... plus doux !
Les sens et l'essence
sur une seule partition
s'unissent dans l'attente.
Neuf mois d'enchantement,
neuf mois d'enfantement
qui se termineront
dans un vagissement. Marie-Noëlle Toutain

Absence poème de Chantal Cudel

Toute en creux douloureux
Toute en creux désertés
De l'épaule sans ta bouche
Au feuillage fermé
De la hanche en dérive
Sans ta main amarrée
A mes seins de givre
Au galbe délaissé
Tu m'es cri
Tu m'es absence
Tu m'es silence
Tu m'es souffrance.
Toute en suave inventé
Toute en vagues échouées
De ta bouche fermée
Sur nos baisers d'hier
A ton ancre couchée
Au lit froid du désert
Tu m'es souffrance
Tu m'es silence
Tu m'es absence
Tu m'es cri. Chantal Cudel

Je porte mes mots poème de Aïda Hamza

Je porte mes mots à ton cou
perles de joie autour de toi
graines de grenade que tu boiras
saveur rouge au fond de toi

des mots corail, des mots nacrés
des mots sucrés, des mots couverts
des mots ambrés, des mots cerise
des mots de brise

Je voudrais que mes mots
soient clairs dans la lumière
à peine bleutés quand la nuit vient
des mots secrets comme un refrain
des mots à toi. Aïda Hamza

Ecouter la grenaille poème de Colette Haddad

Ecouter la grenaille
rouler et tinter
sous ton pas
dans la nuit qui approche...
Respirer les échos du bonheur
qui m'étire vers toi
jusqu'au bout de mes doigts...
Retrouver le vertige ébahi
de la première fois
des regards qui s'accrochent...
Sourire à la flambée de joie
qui m'illumine toute
au timbre de ta voix...
Recouvrer
dans l'ombre de tes bras
la poignante douceur
de l'herbe balancée...
Murmurer à l'orée de ta bouche
en un cri silencieux
ma tremblante impatience...
Traverser le tourbillon brûlant
qui me prend et m'emporte
à tes flancs arrimée...
Intact au fond de moi
garder cet amour de la vie
qui fête ta présence. Colette Haddad

Tes yeux sont bleus poème de Lauranne

Tes yeux sont bleus comme des bleus
Bleus de froid d'amour
Bleus par bleus
Le temps descend les jours
Mon amour
A se creuser le cœur
Bleus à bleus
Et rien au fond du trou
Que son image coupée en bleu
Laisse tourner les roues
Impossibles
Cibles
Si bleues
Nous serons bleus mon amour
Contre le temps qui grogne
Ecoute pleuvoir bleus les jours
Dans ta poitrine mon cœur cogne
Bleu, Bleu, Bleu
Bleu de froid d'amour
Je t'aime, tu m'aimes
Un bleu : beau coup
Aux bleus de cache-cache
Nos corps se perdent
Bleus de rage, parbleu
Bleus d'amour
Bleus par bleus
Nous sommes bleus. Lauranne

Si je n'aimais que toi en toi poème de Anna de Noailles

Si je n'aimais que toi en toi
Je guérirais de ton visage
Je guérirais bien de ta voix
Qui m'émeut comme lorsqu'on voit
Dans le nocturne paysage
La lune énigmatique et sage
Qui nous étonne chaque fois

Si c'était toi par qui je rêve
Toi vraiment seul, toi seulement
J'observerais tranquillement
Ce clair contour, cette âme brève
Qui te commence et qui t'achève

Mais à cause de nos regards

A cause de l'insaisissable
A cause de tous les hasards
Je suis parmi toi haute et stable
Comme le palmier dans les sables
Nous sommes désormais égaux
Tout nous joint, rien ne nous sépare
Je te choisis si je compare
C'est toi le riche et moi l'avare
C'est toi le chant et moi l'écho
Et t'ayant comblé de moi-même
O visage par qui je meurs

Rêves, désir, parfums, rumeurs
Est-ce toi ou bien moi que j'aime Anna de Noailles

Et si c’était toi poème de Claire Pain

Et si c’était toi
Celui que j’attendais
A qui je rêvais tout bas
Que je voulais rencontrer ?
Et si c’était toi
Celui qui me manquait
Que je m’étais imaginé
Pour ne plus douter de moi ?
Et si c’était toi
Ma raison d’être là
Ma lueur dans le noir
Mon aube dans le soir ?
Et si c’était toi
L’auteur de ma joie
Le détenteur de mes envies
Le gardien de ma vie ?
Et si c’était ma moitié
Que je venais de trouver
Et si c’était toi
Que je rêvais d’aimer ? Claire Pain

Dans tes yeux, il y avait un lac poème de Leïla Zhour

Dans tes yeux, il y avait un lac
J'y ai vu le reflet des hauts tant espérés
Mais si lointains
Dans tes yeux, j'ai vu l'espoir d'un seul visage
Mais vivant Multiple
Où se résorberaient toutes les dérobades

N'est-ce pas moi dans ton regard ?
Y serai-je jamais...
Je voudrais tant voir ce que taisent mes yeux
Soulever le voile de mon sourire Leïla Zhour

Juste le temps d'un battement de cil poème de Aline Cresci

Juste le temps d'un battement de cil
et le jour disparaîtra.
Juste le temps d'un léger rêve
et il reviendra.

Juste quelques tours
de cette petite planète-là,
Juste cela...
et je serai de nouveau
dans tes bras.

Mais qu'il est interminable
ce temps sans toi.
Mais qu'il est interminable
ce temps sans tes bras. Aline Cresci

Pour toi, poème de Isabelle Matthieu

Pour toi,
je choisirai
une petite robe
toute simple
avec un air de fête,
ni trop blanche,
ni trop sobre,
tendue d'invitation.
Tu me rejoindras pour
une randonnée de soies claires
sur le littoral de nos corps,
en gambades pleines de fraîcheur,
une lente dispersion de gaieté
au parfum d'abandon.
L'espace d'un bruissement
éclos sous ta paume,
j'entrebâillerai l'oasis
ourlée d'incarnat
qui tisonne ta soif de m'aimer
à brunante convenue. Isabelle Matthieu

C’est ton parfum que je porte poème de Alice Lamy

C’est ton parfum que je porte
Je suis allée dans une parfumerie
et j’ai dit à la dame, pas très sympathique,
que je voulais ce parfum
pour que tu sois avec moi.
Elle m’a regardée d’un drôle d’air,
et elle a encaissé mon chèque.
C’est ton café que je bois.
Je suis allée jusqu’à un petit magasin
perdu dans le 14ème
et j’ai demandé au monsieur
qu’il me fasse ce mélange.
Il m’a dit que cela coûterait plus cher
mais j’ai dit oui.
C’est ton air amusé que je prends,
Et je l’amène partout où je vais,
même à l’église, même au cimetière,
et les gens me dévisagent
quand je souris toute seule,
mais c’est comme ça que je respire.
C’est ton amitié qui me fait vivre.
Je l’enveloppe avec soin dans mes pensées
et je la sors quand le monde devient épais.
Elle est légère et fidèle
comme un oiseau apprivoisé. Alice Lamy

Je t'aimerai dans le vent poème deMarie-Amélie Chavanne

Je t'aimerai dans le vent
Sous le ciel tendre du printemps
Dans la blancheur des lilas
Dans la douceur des roses...
Je t'aimerai dans le chant de l'oiseau
A l'ombre frêle du feuillage
Sur la pierre chaude et nue
Dans le soleil brûlant
Dans le frisson de l'herbe
Et le cri de l'insecte...
Je t'aimerai le jour et la nuit
Dans le calme et dans l'orage
Sous l'étoile éveillée
Dans les brumes du soir
Et les matins de rosée
Dans le sourire et dans les larmes
De toutes mes forces je t'aimerai... Marie-Amélie Chavanne

Je vais mourir ce soir poème de Michèle Lavalette

Je vais mourir ce soir
Dans mon lit, dans le noir,
Les yeux fermés, le coeur brûlant et plein de fièvre.
J'aurai le souffle court et des frémissements,
Des plaintes étouffées et des gémissements
Quand, pour ne pas crier, je me mordrai les lèvres.
La sueur coulera le long de mes cheveux
Et, dans l'épuisement des ultimes minutes,
A l'heure de l'envol, à l'instant de ma chute,
Je te murmurerai mon tout dernier aveu :
En cet instant suprême,
Je te dirai : "Je t'aime !"
Je veux mourir ce soir
Dans tes bras, dans le noir,
Pour mieux renaître à la lumière
Lorsque tu baiseras le sel de mes paupières. Michèle Lavalette

Quand les mots poème de Bernadette Bodson-Mary

Quand les mots
se détachent des phrases
pour devenir très vagues
Quand les vagues quittent
la mer plus que déchaînée
pour envahir mon corps
~~~~ Vague corps
Devenu lac ~~~~
Je jouis et bénis
Le mâle tout puissant
Grand maître des marées
Et des réjouissances infinies. Bernadette Bodson-Mary

Je suis cachée en boule poème de Mélanie Cantin

Je suis cachée en boule
Tout au fond de moi
Je suis endormie depuis toujours
Dans ma cage dorée d'apparences
Je garde mon sourire présent
Pour n'offenser personne
Mais JE n'est pas moi
C'est elle une autre JE
L'autre elle n'existe pas
Personne ne la connaît
Elle s'intimide devant la foule
Et elle pleure comme une enfant
Tapie au fond de sa grotte
Elle reste seule dans ses rêves
Elle est malheureuse
Mais elle a un vrai sourire
Qui est-elle ?
Je ne sais pas mais elle est triste
Elle meurt chaque jour
À être déguisée Mélanie Cantin

Je veux vivre mes rêves poème de Anne-Marie Oudard

Je veux vivre mes rêves,
ne plus sentir cette fièvre
du papier sur mes lèvres
lorsque l'encre s'achève.
Je veux vivre mes rêves,
ne plus être l'élève
des journées brèves
d'une liberté en grève.
Je veux vivre mes rêves
que les mots soulèvent,
Je veux vivre mes rêves
avant que la vie
ne s'achève. Anne-Marie Oudard

L'amour est un buisson d'odeurs poème de Arielle Thomann

L'amour est un buisson d'odeurs
Où s'enchevêtrent nos désirs.
Tout au long de ton corps
Serpentent
Secrets
Des sentiers
Où ma langue poursuit,
De frissons en soupirs,
Des saveurs qui me soûlent.
Aux forêts de ton corps,
Mes mains tracent et retracent
Le cercle de l'enchantement
Au coeur duquel j'ai capturé ton cri.
A la source de ton ivresse,
Agenouillé,
Les yeux fermés,
Je bois mon extase
Qui n'est qu'une en la tienne.
Puis règnent à nouveau
Les parfums, les odeurs,
Ainsi qu'après l'orage
Celles de l'herbe et de la terre,
Ou celles des cierges et de l'encens,
Quand les cantiques se sont tus...
L'amour est un buisson d'odeurs
Où s'enchevêtrent nos plaisirs. Arielle Thomann
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villaperla
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MessageSujet: Suite de poèmes que j'ai aimé...   Choix de Villaperla EmptyJeu 2 Mar - 10:17

Chasse à l'enfant de Jacques Prévert

Leurs yeux sont la grande armée blanche
Qui partait conquérir le vent
Le jour les surprit dans les branches
Les oiseaux sont des yeux d'enfants

Leurs yeux j'y vois rêver des feux
Plus forts que les soleils levants
J'y vois des cirques et puis des jeux
Savez-vous jouer à l'enfant...

Refrain
Est-il plus doux métier
Faut-il l'avoir perdu
Enfants que vous étiez
Vous n'êtes déjà plus
Que barbus empaillés
Papillons vermoulus

Leurs yeux craignez-en la sentence
Vous tous qui enchaînez l'azur
Vous tous qui parlez d'innocence
Avec vos prisons pour figure

Leurs yeux un geste y fait la pluie
A quoi bon menacer les fleurs
A quoi bon ces luxes inouïs
S'il est un seul enfant qui pleure...
(Au refrain)

Leurs yeux, l'air y faisait bon vivre
Loin de cet univers souillé
Tendresse des chansons naïves
Revienne le temps oublié

Leurs yeux j'y vois rêver des feux
Plus forts que les soleils levants
J'y vois des cirques et puis des jeux
Savez-vous jouer à l'enfant...
(Au refrain)

Rêve de Michaël Clément et Olivier Slabiak
Musique: Olivier Slabiak Arrangement: LesYeuxNoirs

A l’aube de ce jour j’ai vu naître une étoile
Dans ce cœur mon amour une filante s’est invitée
Elle éclaire tes premiers pas d’une couleur de liberté
Elle te berce dans ses bras, elle te berce dans ses voiles

Moi je t’offre des poussières et puis le monde entier
Les neiges éternelles que les hommes ont délaissées
Moi je t’offre cette brume sillonnant les rivières
Le soleil, jardins de dunes, une rose dans le désert

Rêve mon enfant, les yeux ouverts les yeux fermés
Rêve mon enfant la tête en l’air, la voie lactée !
« Rhoulm mine kind, met daney ofeney and famart oygn
Met daney and hemteley troug sleibm met dayn gansey hart. »

Au berceau de la vie tu cueilleras cette étoile
De tes mains mon amour tu sèmeras des cailloux
Emprunt de sourires volés aux cimes des joues
Les regards se mêleront d’un destin amoureux

Moi je t’offre mes envies de te voir aimer
Les montagnes arides que les hommes ont oubliées
Moi je t’offre la vie sur une chanson de Vargas
Une note qui t’accompagne, une mélodie au bout des doigts

Rêve mon enfant, les yeux ouverts les yeux fermés
Rêve mon enfant la tête en l’air, la voie lactée !
« Rhoulm mine kind, met daney ofeney and famart oygn
Met daney and hemteley troug sleibm met dayn gansey hart.”

Des yeux d'enfant de Françoise Hardy

tout comme des yeux d'enfant
ses yeux ne savent pas mentir
faciles à rendre contents
faciles à faire souffrir
quand vous vous voyez dedans
vous vous sentez presque important
mais le portrait n'est pas ressemblant
vous craignez de vous trahir...
tout comme des yeux d'enfant
ils vous regardent sans faiblir
ils ne pensent pas un instant
que vous pourriez partir
bien loin de cet amour fou
pour l'idée qu'ils ont de vous
une idée qui n'est pas vraie du tout
mais vous n'osez pas leur dire
ce serait un jeu d'enfant
d'éblouir ces yeux d'enfant...

Danse ! Chanson Valérie GROSJEAN

Danse, danse
Sur les mémoires du temps
C'est la vie qui s'apprend
Pour trouver le présent
Danse, danse
Bouleversantes et troublantes
Tes larmes ne sont que pluie
Pour arroser ta vie
De bonheur
Danse, danse
Bouleversante et puissante
Pour tous les oublier
Fugitifs assoiffés
Qui se sont envolés
Danse, danse
Sur la terre et le vent
Loin de nos apparences
Regarde droit devant
Mais danse, danse
La beauté dans tes yeux
Le reflet merveilleux
Qui chasse les fantômes
Du silence
Danse, danse
Tes espoirs pour guérir
Des heures à reconstruire
Regarde tout ce temps
Qui t'attend
Pour te prendre sous ses ailes
T'apprendre les lumières
De nouvelles frontières
Sans pareil
Danse petit être danse
Dans tes cinq ans à peine
Tu auras bien le temps
De comprendre
Qu'il faut lisser ses ailes
Juste avant juste avant
D'être grand
Danse, danse mon enfant L'innocence.

Danse, danse
Sur les courbes du vent
C'est la vie qui s'élance
Pour trouver le présent
Danse, danse
Bouleversantes et brûlantes
Tes larmes ne sont que pluie
Pour inonder ta vie
De bonheur
Danse, danse
Bouleversante et troublante
Pour tous les oubliés
Tous ceux qui sont tombés
De l'autre côté
Danse, danse
Sur la terre et le temps
Loin de ces faux semblants
Regarde droit devant
Mais danse, danse
Le monde est merveilleux
Au fond de tes yeux
C'est mon île au trésor
Face au temps
Danse, danse
Les espoirs pour guérir
Qui sait tout reconstruire
Regarde tout ce temps
Qui t'attend
Pour te prendre sous ces ailes
T'apprendre les lumières
Des nouvelles frontières
Sans pareil
Danse petit être danse
Dans tes cinq ans à peine
Tu auras bien le temps
De comprendre
Qu'il faut lisser ses ailes
Juste avant juste avant
D'être grand
Danse, danse mon enfant l'innocence
Danse, danse mon enfant d'innocence.?

EDUQUER ... de Geneviève Clapiz

C’est ... prendre la main d’un petit d’homme
et, délicatement, y déposer
quelques graines de curiosité,
un grand souffle de considération,
une cascade d’enthousiasme,
et l’étincelle du sourire.
C’est ... sur l’échelle du temps
avec lui, s’asseoir un instant
pour conter le mariage de l’algue et du champignon,
l’alliance du casse noix et du pin cembro,
l’histoire de l’homme qui plantait des arbres
C’est ... sur le chemin de l’épanouissement
l’accompagner sur quelques pas,
sereinement,
entre terre et eau, ciel et feu,
à l’école des sens,
jusqu’au carrefour des quatre éléments,
Et ... A la porte du présent,
le laisser s’en aller avec, assurément,
dans son être une confiance naissante,
dans sa poignée demain une humanité jaillissante,
et dans son horizon, les yeux de ses enfants.

Mots poème de Gioia

Comme une perle
dans une huître,
comme un voile
derrière lequel tu souris,
ainsi seront les mots
que je laisse ici
sur le bord de la mer
et que je redis pour toi
avec les vagues
jusqu'à ce que leur écho
devienne une douce mélodie
qui caressera ton sommeil. Gioia

Exquise frénésie poème de Hélène Lussier

Sur cette plage de délices
Offerte sans nuages
Celle où je me promenais
De pores en pores
Où ma peau s'humiliait
Troublée par ton doigté
Celle que je visitais
De plaisir en plaisir
Où débordée de bonheur
Sur cette oasis je m'y suis logée Hélène Lussier

Orange d'hiver poème de Françoise Urban-Menninger

Orange d'hiver
Sous le ciel des paupières
Je goûte l'heure
D'un matin de langueur
Où même la sanguine
Perd sa couleur assassine
Pour offrir dans sa rondeur
La pulpe de son cœur Françoise Urban-Menninger

Démons et merveilles poème de Renée Laurentine

Comme Alice
j’ai traversé le miroir
à la recherche des merveilles...
mais de l’autre côté
je n’ai trouvé
que mes petits démons familiers !
Moqueurs ils m’ont fait
des yeux en coulisse :
"Espérais-tu pouvoir
nous échapper ?"
Au fond et tout bien pesé,
n’est-ce pas cela même la merveille :
traverser un miroir
sans le briser
et ne rencontrer que soi de l’autre côté ? Renée Laurentine


L'oiseau du Colorado poème de Robert Desnos

L’oiseau du Colorado
Mange du miel et des gâteaux
Du chocolat des mandarines.
Des dragées des nougatines.
Des framboises des roudoudous.
De la glace et du caramel mou.
L’oiseau du Colorado
Boit du champagne et du sirop.
Suc de fraise et lait d’autruche.
Jus d’ananas glacé en cruche.
Sang de pêche et navet.
Whisky menthe et café. Robert Desnos

Ce n'était qu'un rêve ! poème de Lunapiena

Quels terribles frissons
dans tout mon corps
cette nuit,
quel délirant vertige,
que de palpitations
et de cris de douleur !
Je ne parvenais plus
à te parler,
ni même à t'approcher,
si j'avais pu te connaître
ce n'était qu'en rêve
et si mon cœur
t'avait beaucoup aimé
c'était d'un amour irréel ! Lunapiena

Rien que des pieds... Poème anonyme

Assise au Café des Fleurs
à Saint-Germain
je regarde le temps passer
De petites images
de gens affairés
défilant rapidement
dans une rue bondée
Il n'ont pas de visage
pas de cœur
pas de voix
pas de mains
Que des pieds
d'énormes pieds
dans des chaussures énormes
coûteuses et elégantes
ou propres et brillantes
ou sales et crottées
mais toujours très usagées
Et ils vont, ils courent,
ils vont et ils courent...
des sons alternés
de talons fuselés
de lourdes empeignes de cuir
de bottes à la page
de mocassins toujours à la mode
Des sons alternés
cadences légères de femmes
pesants pas d'hommes
Où sont mes ballerines
de couleur rouge
mes bas blancs brodés à la main
avec la pointe arrondie
pour la pirouette ?
Ils sont au-delà de Saint-Germain
au-delà du présent
au-delà de l'avenir
ils sont avec moi dans mon esprit
ils sont mon passé futur présent Anonyme

Désormais poème de Chantal Cudel

Echouée sur la grève,
Je t'attends.
Infiniment. Longtemps.
Je t'attends
Le cœur à l'océan.
Sans temps,
Entre lune et soleil.
Là-bas, Au large, Ailleurs,
Je t'attends.
Immense, Emouvante,
Echouée, Béante,
La tête aux étoiles,
L'âme en Mer. Chantal Cudel

Beauté cruelle poème de Emile Nelligan

Certes, il ne faut avoir qu'un amour en ce monde,
Un amour, rien qu'un seul, tout fantasque soit-il ;
Et moi qui le recherche ainsi, noble et subtil,
Voici qu'il m'est à l'âme une entaille profonde.

Elle est hautaine et belle, et moi timide et laid :
Je ne puis l'approcher qu'en des vapeurs de rêve.
Malheureux ! Plus je vais, et plus elle s'élève
Et dédaigne mon coeur pour un oeil qui lui plaît.

Voyez comme, pourtant, notre sort est étrange !
Si nous eussions tous deux fait de figure échange,
Comme elle m'eût aimé d'un amour sans pareil !

Et je l'eusse suivie en vrai fou de Tolède,
Aux pays de la brume, aux landes du soleil,
Si le Ciel m'eût fait beau, et qu'il l'eût faite laide ! Emile Nelligan

Autant d'amour.. de Jean Ferrat

Autant d'amour
autant de fleurs
Y'en a
de toutes les couleurs
De flamme ou d'ombre
De neige ou miel
Toutes les roses
se confondent
Tous les amours
qui sont au monde
Font comme une arche
d'arc-en-ciel Jean Ferrat

Je voudrais tant poème de Pascale Dahmani

Ai-je oublié le sens de l'essentiel ?
Dans quels méandres lointains
Se disperse ma raison
Ma mémoire se joue de ma détresse
Mes rêves s'emplissent de tendresse
D'affection
Mes souvenirs s'imprègnent de crainte
Qui pour entendre ma plainte
Qui pour recueillir mon émotion
Je suis désemparée perdue
Je ne me reconnais plus
Je voudrais tant te prendre la main
Te guider dans mon labyrinthe...
Je voudrais tant que tu me touches
Sans ce frisson qui m'écorche
Je voudrais tant que l'on m'approche
Sans que mes sens s'effarouchent Pascale Dahmani

Où es-tu ? poème de Jacques Guilloreau

Où es-tu belle inconnue ?
Depuis tout ce temps
Que, moi, je t'attends
Dans la ville-cohue
Où les gens, sans cesse
Défilent, se pressent
Toujours en retard
Dans ce monde bizarre
Un monde sans regard
Qui ne fait que courir
Sans jamais accorder
Un bonjour, un sourire
Comment te rencontrer
Où es-tu belle inconnue ?
Brune, blonde ou rousse
Mais douce, extradouce
Et terriblement femme
Aux délicieux charmes
Collines charnelles
Aux douceurs de miel
Où j'aimerais flâner
A fleur de peau ambrée
Fruits de ton corps doré
Des monts et des merveilles
Tout gorgés de soleil
Prêts à être savourés... Jacques Guilloreau

Les passantes poème de Pol Antoine

Je veux dédier ce poème,
A toutes les femmes qu'on aime,
Pendant quelques instants secrets,
A celles qu'on connaît à peine,
Qu'un destin différent entraîne,
Et qu'on ne retrouve jamais.

A celles qu'on voit apparaître,
Une seconde à sa fenêtre,
Et qui, presque, s'évanouit,
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui.

A la compagne de voyage,
Dont les yeux, charmant paysage,
Font paraître court le chemin ;
Qu'on est seul peut-être à comprendre,
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main...

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir Pol Antoine
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Gi
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MessageSujet: Re: Choix de Villaperla   Choix de Villaperla EmptyLun 27 Fév - 12:48

Bonjour et bienvenue...

Daniel est parti en vacances... Je pense qu'il doit rentrer cette semaine... S'il ne vient pas lire je lui transmettrai votre message... Et surtout BIENVENUE SUR CES FORUMS DE LITTÉRATURE ET POÈSIE...


Gi

p.s. : Je suis Gi (l'administratrice de ce forum) Dans le haut de chaque forum il y a les règles à lire car pour publier ici maintenant (depuis janvier 2006) vous devez me donner la permission d'utiliser vos poèmes pour les animer ou les décorer et pour les publier dans ma chronique sur Planète Québec où vous êtes assurés d'être lus par 143 personnes en moyenne ce jour et dans les archives ensuite. Les visiteurs à me lire sont même venus 195 fois une journée...
Voici le lien de ma chronique sur Planète Québec :
http://planete.qc.ca/invitation/
voir dans les archives pour toutes les chroniques (dans le haut)

_________________
...

[img][/img]
http://www.liensutiles.org/gvilleneuve.htm
ou ici :
http://ginette-villeneuve.qc.ca/
Revenir en haut Aller en bas
http://www.liensutiles.org/gvilleneuve.htm
MORAN
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Date d'inscription : 27/02/2006

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MessageSujet: Re: Choix de Villaperla   Choix de Villaperla EmptyLun 27 Fév - 11:36

villaperla a écrit:
Quelques poèmes pris dans mes livres...

BONJOUR VILLAPERLA! Je suis Robert MORAN et vous avez eu la gentillesse de publier mon poeme " extrait d'aLfamebet" Or je n'ai jamais publié ce poeme. Comment l'avez vous trouvé merci de me contacter sur bobnarom@club-internet.fr

Le poète écrit en Je poème d Erica Jong

Le poète écrit en Je
faute de connaître
un autre langage.

Le Nous est un continent
et le poète se doit
d’être une île.

Elle est un cheval marin.
Il est une péninsule;
Eux, l’immensité des abîmes salés.

Le poète écrit en Je
tout comme le marteau de l’horloge
frappe le métal,

comme l’aile de l’abeille
va droit au pollen,
comme l’arbre s’enracine
dans le ciel.

Le Je est le langage
des litanies profondes du poète
géographie des nostalgies,
métronome des peines,

carte des points d’élévation
dans la jungle du cœur. Erica Jong


POUR UNE FEMME VIVE poème de Pierre GAMARRA

Je ne saurai jamais quand tu m’as dit: je t’aime
je ne saurai jamais quand tu m’as dit: adieu
Si le fleuve et la mer effaçaient les poèmes,
mes mots seraient vaisseaux sur les lacs de tes yeux.
Je ne saurai jamais où commença la neige,
où revient le soleil pour les roses de mai,
où ta voix dit: je sais, quand je disais: que sais-je?
où commença mon cœur je ne saurai jamais.
Tu ne m’as rien donné, tu m’as donné le monde.
Lorsque tu me quittas, tu m’attendais toujours.
Si mon ciel était mort, j’aurais ta flamme blonde,
et si je revivais, je me mourrais d’amour.
Salut a toi, femme de l’aube, ma corolle,
princesse d’un hiver promise a l’églantier,
salut a toi, ma paix, mon pain, ma parabole,
salut mon indomptable et salut ma pitié.
Je te porte la palme et la farine pure,
je te livre l’orgueil avec l’humilité
Quand ces chants passeront, il restera l’été,
quand mon cœur se taira, je revivrai blessure.
Je te chante ce soir devant le monde lourd,
aux frontières d’un ciel labouré de promesses.
Je sais que je mourrai pour revivre sans cesse
et quand je revivrai, je me mourrai d’amour. Pierre GAMARRA


ETUDE DE PRONOMS poème de Jean TARDIEU

O toi ô toi o toi o toi
toi qui déjà toi qui pourtant
toi que surtout.
Toi qui pendant toi qui jadis toi que toujours
toi maintenant.
Moi toujours arbre et toi toujours prairie
moi souffle toi feuillage
moi parmi, toi selon!
Et nous qui sans personne
par la clarté par le silence
avec rien pour nous seuls
tout, parfaitement tout! Jean TARDIEU


P... poème de Robert MORAN


En toi les alchimies commencent
Ton cher ventre est sacré
Creuset
Où le baiser des Dieux déposa sa semence.
Un être! un rien
Un tout se prépare a la vie.
Ma récompense
Est au bout du chemin.
Je me perdis en toi
Demain par Lui, je recommence. Robert MORAN


POEME D’AMOUR DANS LA FORET poème de Miklos RADNOTI


Elle est, cette forêt, comme ta bien-aimée
qui dans l’amour s’allonge et s’ouvre devant toi
et t’enferme pourtant et protége ta vie
en un cercle si dur que tu ne peux grandir
que vers le ciel ainsi que fait cette forêt
qui te salue avec son chapeau de soleil.
Et ton amie aussi ressemble a la forêt
où le silence est taché d’ombre, où la résine
se fige, mais où chante un rayon de soleil
quand le vent qui s’éveille agite les feuillages;
l’amour ainsi t’éclaire et sa main attentive
est là pour te garder d’innombrables malheurs. Miklos RADNOTI


COSMOS poème de GUY FENAUX


La forme du caillou, c’est l’histoire du monde
Il ignore sa force et ferme ses pétales.
Il invente l’amour au chant de la rivière,
Il répète le temps dans le creux de son poing.
La forme de ton corps, c’est l’histoire du monde
Il connaît sa faiblesse et ouvre ses pétales.
Il est lui-même amour : il invente la vie.
I1 est surtout présence: il invente le temps. GUY FENAUX



BELLE A COUPER LE SOUFFLE poème de Claude ROY


Belle a couper le souffle a prendre par la main
belle a faire mûrir les grappes avant mai
belle a faire minuit s’éveiller le matin
Claire odeur des foins quand on vient de faner
parfum des feux d’automne au fin fond des jardins
Claire douce et lisse comme un fil de la Vierge
Claire comme la joue des collines de thym
Claire comme le clair qui de la mer émerge
Claire mon île aux vents cascades aux cheveux noirs
Claire toi qui tutoies la neige et le soleil
Claire ma chaude plage frange du ciel au soir
plus brûlante aux miroirs que le feu qui s’éveille
plus fraîche aux pas du vent que le sable mouillé
plus douce aux yeux patients que fumée sur la mer
plus droite aux yeux éblouis que lampes allumées
Claire mon amandier Claire mon arbre vert
Claire cigale été mica sable vent flots
bleu du vent bleu du sang bleu du blanc
bleu du ciel des cheveux des chevaux et des eaux
bleu des gouttes de pluie sur l’ardoise glissant
Claire mon coeur battant pigeon noir pigeon bleu
écoute mon souci mon mal mon vain aveu
Tout le jour tout le soir et lorsque l’aube vient
entendre mille pas qui ne sont pas le tien. Claude ROY



LORSQUE TU ME TOURNAS LE DOS poème de T. CARMI

Lorsque tu me tournas le dos
tu as pris mes mains
des enfants le sentirent
et des fleurs
je me suis pris femme ensuite
et je n’avais pas de mains
saurais-tu ce qu’est une femme
sans mains à sa rencontre
à présent tu m’as rendu la voix
et je manque de mots
saurais-tu ce qu’est une femme
sans paroles à son seuil
les nuits condamnent mon mutisme
la journée est trop pesante
à présent que tu m’as rendu les mains et la voix
je touche avec le bout de tes doigts
et respire avec le souffle de tes narines. T. CARMI



UNE FEMME EST L’AMOUR ... poème de Gerard de NERVAL



Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance;
Aux enfants qu’elle guide, a l’homme consolé,
Elle élève le coeur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.
Courbé par le travail ou par la destinée,
L’homme a sa voix s’élève et son front s’éclaircit
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son coeur s’adoucit.
Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine:
Bien longtemps a l’attendre il faut se résigner.
Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,
La beauté qui la donne ou qui la fait gagner? Gerard de NERVAL



CHANSON POUR DES FANTOMES ET POUR CELLES QUI ONT DISPARU poème de Philippe SOUPAULT



Aujourd’hui ce sont des mains que j’aime
Hier c’était une nuque
Demain ce seront des lèvres
et le soir un sourire
Dans trois jours un visage
Enfin chaque jour de la semaine
je m’émerveillerai de vivre encore
je me souviendrai peut-être lundi de votre démarche
et mardi sans doute des cheveux
Il faudra aussi écouter la voix
celle des fantômes
celle qui hésite celle qui persuade
que la vie n’est pas si atroce
que je voulais le croire tout a I’heure
mercredi tout oublier
Mais jeudi c’est un parfum
qu’on ne peut oublier
le parfum de l’arc-en-ciel
Les autres jours
Tous les autres jours
j’ai promis
de ne rien dire qu’à moi-même Philippe SOUPAULT


MON AME A SON SECRET poème de Felix ARVERS

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir. aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas! j’aurai passé près d’elle inaperçu
Toujours à ses côtés et toujours solitaire;
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander, et n’ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite ci sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.
A l’austère devoir pieusement fidèle.

Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas. Felix ARVERS



MON CHER, VOUS M’AMUSEZ QUAND VOUS FAITES MYSTERE Réponse de Louis AIGOIN. au célèbre sonnet de Félix Arvers


Mon cher, vous m’amusez quand vous faites mystère
De votre immense amour en un moment conçu.
Vous êtes bien naïf d’avoir voulu le taire:
Avant qu’il ne fut né, je crois que je l’ai su.

Pouviez-vous, m’adorant, passer inaperçu
Et, vivant près de moi, vous sentir solitaire?
De vous il dépendait d’être heureux sur la terre:
Il fallait demander et vous auriez reçu.

Apprenez qu’une femme au coeur épris et tendre
Souffre de suivre ainsi son chemin sans entendre
L’aveu qu’elle espérait trouver a chaque pas.
Forcément au devoir, on reste alors fidèle!

— J’ai compris, vous voyez, « ces vers tout remplis d’elle » ;
C’est vous, mon pauvre ami, qui ne comprenez pas. Louis AIGOIN.



MON CORPS A SON SECRET poème de Pierre HEBERT


Mon corps a son secret, mon sexe a son mystère
Mais de l’amour charnel tu n’as jamais rien su
— Disait Eve a Adam au paradis sur terre
En lorgnant une pomme a son arbre pendue.

Hélas! poursuivit-elle, de toi insoupçonné
Mon hymen inviolé me brûle et m’exaspère.
Ce secret, ce mystère où tous deux font la paire
Je te les vends au prix de ce beau fruit damné!

Adam que tente aussi une pomme si tendre
Accepta le marché et finit par apprendre
Qu’en se joignant a deux on est trois en neuf mois.

A cet accouplement l’homme resté fidèle
Dira, lisant ces vers et appelant sa belle
« As-tu pris ta pilule... Alors, viens près de moi Pierre HEBERT


MADAME, JE VOUS DONNE UN OISEAU POUR ETRENNE. Poème de Isaac de BENSERADE


Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Duquel on ne saurait estimer la valeur;
S’il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain a votre aise et bien saine.

Il n’est mal d’estomac, colique ni migraine
Qu’il ne puisse guérir, mais sur tout il a l’heur
Que contre l’accident de la pale couleur
Il porte avecque soi la drogue souveraine.

Une dame le vit dans ma main, l’autre jour
Qui me dit que c’était un perroquet d’amour,
Et des lors m’en offrit bon nombre de monnoie.

Des autres perroquets il diffère pourtant
Car eux fuient la cage, et lui, il l’aime tant
Qu’il n’y est jamais mis qu’il n’en pleure de joie. Isaac de BENSERADE



JE SONGEAIS QUE PHILIS... poème de Théophile de VIAU


Je songeais que Philis des enfers revenue
Belle comme elle était a la clarté du jour
Voulait qu’à son fantôme encor je fis l’amour
Et que comme Ixion j’embrassasse une nue

Son ombre dans mon lit se glisse toute nue
Et me dit Cher Tircis me voici de retour
Je n’ai fait qu’embellir dans le triste séjour
Où depuis mon départ le sort m’a retenue

Je viens pour rebaiser le plus beau des amants
Je viens pour remourir dans tes embrassements
Alors quand cette idole eût abusé ma flamme

Elle me dit Adieu je m’en vais chez les morts
Comme tu t’es vanté d’avoir baisé mon corps
Tu pourras te vanter d’avoir baisé mon âme Théophile de VIAU
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MessageSujet: Re: Choix de Villaperla   Choix de Villaperla EmptyDim 15 Jan - 15:17

Viens que je te berce Paroles: Micheline Allaire Musique:Alain Lemay





Viens que je te berce

Je t'ouvre grand mes bras

Viens que je te berce

Et fais tes premiers pas



Viens que je te berce

Je t'ouvre grand mes bras

Viens que je te berce

Et fais tes premiers pas



Ces enfants de la terre

Vivant dans la misère

Ils inventent le jour

Où sortant de l'abîme

Ils ouvriront leur coeur

Au rythme du bonheur



Ces enfants ont une vie

Qui coule dans leurs veines

Réclamant leurs besoins

Comme citoyens humains

Afin d'évoluer

En toute liberté



Ouvrons grand notre coeur

Couvrons-les de Beauté

Apprenons avec eux

Ce qu'est le verbe aimer

Aidons-les à marcher

A rire et à chanter





POEMES DIS LORS DES DERNIERS TOURNOIS DES ANGES


Temps présent poème de Micheline Boland


Je peux filer le temps,

Choisir de l'élever

jusqu'au futur

Ou de dérouler le passé.

Mais plus précieux que tout

Est le moment présent,

Mais plus précieux que tout

Est le moment présent,

De cris ou de bruits infimes,

Brûlé de couleurs ou de gris,

Léger ou grave,

Tout à la fois

Imprégné d'hier

Et porteur d'avenir. Micheline Boland



Liberté poème de Micheline Boland




Le mot liberté est un mot qui brise les chaînes,

Qui chante et qui gronde,

Qui flamboie et qui brave,

Qui construit et qui transforme,

Qui s'enracine par des jours de passion,

D'espérance et de pardon,

De patience et d'éveil.

Un mot fleuri dans la bouche de l'enfant,

Un mot charnu dans la pensée de l'adolescent,

Un mot tremblant sur les lèvres du prisonnier,

Un mot gourmand de vie.

Un mot qui passe et repasse saison après saison,

Qui illumine les ombres.

Un mot de désir au travers des espaces poussiéreux,

Un mot de miel, de soleil, de force, de partage.

Un mot gravé dans la mémoire,

Un mot qui épouse l'envol de l'oiseau,

La croissance de l'arbre,

Les pas du temps.

Un mot qui révèle à soi-même,

Dans lequel on s'enveloppe,

Avec lequel on rebondit sur les vagues,

Avec lequel on cherche à se détacher du superflu.

Un mot essentiel, infini.

Un mot pareil à une étoile. Micheline Boland



Entre deux draps poème de Antoinette Deshoulières


Entre deux draps de toile belle et bonne,

Que très souvent on rechange, on savonne,

La jeune Iris, au coeur sincère et haut,

Aux yeux brillants, à l'esprit sans défaut,

Jusqu'à midi volontiers se mitonne.



Je ne combats de goûts contre personne,

Mais franchement sa paresse m'étonne ;

C'est demeurer seule plus qu'il ne faut

Entre deux draps.



Quand à rêver ainsi l'on s'abandonne,

Le traître amour rarement le pardonne :

À soupirer on s'exerce bientôt :

Et la vertu soutient un grand assaut,

Quand une fille avec son coeur raisonne

Entre deux draps. Antoinette Deshoulières



Avec un brin d'imagination poème de Micheline Boland


Qu'importe l'endroit,

Je pourrai

Y convertir la grisaille en lumière,

Y renouer avec la liberté,

Y incarner le silence,

Y fondre des images,

Y mener des combats,

Y défier l'ennui.

Qu'importe l'endroit,

Je garde dans le cœur

un fond de soleil

Sous la couche de poussière,

Une tranche d'arc-en-ciel

Qui nourrit des promesses.

Qu'importe l'endroit,

Dans ma tête s'allient

Le dedans et le dehors,

l'irréel et le tangible.

Je voyage sur la peau des ombres

Comme sur des cailloux posés le long de mon chemin.

Peu importe l'endroit,

Mon imagination laisse échapper

Ses oiseaux, ses fleurs, ses fruits,

Ses mots, ses musiques, ses parfums.

Mes rêveries sont les bijoux imprévisibles

Des variations de mon humeur Micheline Boland



Être un mot poème de Zorica Sentic


Être un mot

Je voudrais être

un mot

compliqué

Impossible à mettre au pluriel



Être rare

Le mot unique

Dans ton dico

Je voudrais être un verbe

Que tu ne

Conjuguerais

Qu’au présent

et au futur. Zorica Sentic



Parfois tu me regardes poème de Julien Santenoy


Parfois tu me regardes

et dans tes yeux sérieux

Je lis une question secrète.

A quoi penses-tu donc ?

Peut-être suis-je curieux

Mais je sens tourner dans ta tête

Comme un souci,

un souvenir, une requête

Que tu ne saurais pas formuler

Et je reste à guetter

et je sens en mon être

Comme une inquiétude monter...

Est-elle malheureuse,

que me reproche-t-elle ?

Est-ce qu'elle voudrait me quitter ?

Et je sens dans mon coeur

comme un oiseau sans aile

Qui essaierait de s'envoler.

Mais il est pris en cage

et ne peut plus sortir

Je sens son bec heurter ma chair

Et voilà que soudain

s'obscurcit l'avenir

Tout mon rêve tombe en poussière.

Mais enfin tu souris

et le soleil se lève

L'oiseau va pouvoir s'envoler

La mer de tes pensées

vient battre sur ma grève :

Mon coeur enfin est apaisé. Julien Santenoy



Jour et nuit poème de Michèle Delbecq


Le jour, un jour, trouva compagne.

Il faut parfois la rechercher.

C'est un peu comme la montagne

Demande à trouver sa vallée.



Ainsi donc, le jour rencontra

Au bout d'une journée d'effort,

Alors qu'il affrontait sa mort,

Une veuve vêtue de noir.



Elle était belle, élégante et paisible.

Elle avait mis dans ses cheveux

Des étoiles comme invisibles,

Une barrette clair de lune,

Quelques souffles venant de comètes,

Et pour mieux maquiller ses yeux

Un peu de sable pris sur les dunes

Que ses enfants en un clin d'œil

Volaient avant de s'endormir.



Le jour en tomba amoureux,

Nul ne saura jamais pourquoi.

Mais ce qui est sûr j'en atteste

C'est qu'il en retourna sa veste

Et pour cela ressuscita. Michèle Delbecq



Jusqu'au prochain printemps poème de Michèle Lavalette


Le lac couvert de fumerolles

S'éveille dans l'aube voilée

Par une brume-mousseline

Les arbres

Somptueux

Ont leurs atours

D'automne

Un départ d'hirondelles

Un souffle frais de brise

Et mes mots qui s'envolent

En fumée

Dans le froid du petit matin

Me rappellent l'hiver

Mon amour

Serre-moi

Dans tes bras

Donne-moi

Ta chaleur

Rentrons boire un café

Puis nous nous coucherons

Puis nous nous aimerons

Longtemps

Longtemps

Jusqu'au prochain printemps Michèle Lavalette



Aveux poème de Nathalie Feld


Dis, cette chose à toi

que j'ai trouvée chez moi

qui me secoue sur le champ

quand je t'oublie un instant

qui m'envoie des battements

quand je pense à toi subitement

qui me rend muet

quand je veux te parler

qui me fait perdre pied

quand tu es tout près

et qui commence à me pincer

dès que tu vas t'éloigner



je dois te l'amener

ou tu viens la chercher ? Nathalie Feld



Donne-moi un baiser poème de Chicca


Donne-moi un baiser, un baiser

qui ne puisse plus se détacher,

telle une marque de feu

ou un fil de soie

entortillé à une branche

qui l'a emprisonné.



Fraîches telle l'eau d'une source

et tendres comme la chair d'une pêche

tu goûteras mes lèvres. Chicca



C'est ma vie poème de Laudith


Comme une main géante

Qui emprisonne mon coeur

Je pose des taches d'encre

Sur des pétales de pleurs



Pour écrire à tous ceux

Qui trouvent parfois étrange

Que l'on puisse être heureux

Même si ça les dérange.



Ma vie je la vivrai

A ma façon somme toute

Je tire un pied de nez

A tous ceux qui en doutent.



Je m'évade de ma cage

Une cage dorée

De rivage en rivage

Je vais me ressourcer.



Il arrive parfois

Qu'on se trompe de chemin

Mais toi tu seras là

Pour guider mon destin.



Je pose enfin ma plume

A l'embrasement du ciel

Pour accueillir la lune

Qui veille sur mon sommeil. Laudith



Le pélican poème de Robert Desnos



Le Capitaine Jonathan,

Etant âgé de dix-huit ans

Capture un jour un pélican

Dans une île d'Extrême-Orient.

Le pélican de Jonathan

Au matin pond un oeuf tout blanc

Et il en sort un pélican

Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican

Pond, à son tour, un oeuf tout blanc

D'où sort inévitablement

Un autre qui en fait autant.

Cela peut durer pendant très longtemps

Si l'on ne fait pas d'omelette avant. Robert Desnos



Mouvement poème de Anne-Marie Oudard



Mouvement,

Sur ton profil

Se faufile

Une mèche de cheveux

Lisse comme un aveu.

Ce trait sur tes yeux

Fait battre tes cils

Et tu n'as pas conscience

Du rythme joyeux

De ce trait sur tes yeux.

La couleur feu de tes cheveux

Souligne le bleu camaïeu de tes yeux,

Où défilent tous les paysages

de ce voyage

Au miroir de tes larmes,

Et tu arrêtes sur mon épaule,

La cadence de cette danse

D'une mèche de cheveux qui me frôle,

Ce baiser sur tes yeux. Anne-Marie Oudard



Chaque nuit poème de Colette Haddad


Lorsque dessus mon corps se lève

la petite ombre de la nuit

lorsque m'enveloppe le rêve

où doucement meurent les bruits

c'est ta tendresse omniprésente

qui me mène jusqu'au matin

car sans ton amour qui m’invente

je ne suis rien, rien Colette Haddad



Vertige d'un été poème de Gertrude Millaire


Jeux d'ombre et de lumière

à la rencontre d'un été

où est passée la candeur

de ces musiques sauvages

Un aigle joue dans le vent

et tout le ciel vibre

de sa liberté

Au tintement de la nuit

le pollen d'une présence

effleure mes lunes inhabitées

A la cadence des musiques intérieures

l'instant d'une ronde parfumée

naïveté retrouvée

Légère légère farandole

tourne tourne le temps

ne sait plus s'immobiliser fou de cette fragrance d'été. Gertrude Millaire

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MessageSujet: Re: Choix de Villaperla   Choix de Villaperla EmptyLun 19 Déc - 3:45

Daniel

merci... je suis d'accord que tu mettes tous tes poèmes ensemble... Bonne idée...
Je me demandais juste si je devais les mettre dans les poèmes à thème ou les laisser ici...

Bisous cher ami.

Gi

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MessageSujet: Choix de Villaperla   Choix de Villaperla EmptyVen 16 Déc - 10:05

Quelques poèmes pris dans mes livres...

Le poète écrit en Je poème d Erica Jong

Le poète écrit en Je
faute de connaître
un autre langage.

Le Nous est un continent
et le poète se doit
d’être une île.

Elle est un cheval marin.
Il est une péninsule;
Eux, l’immensité des abîmes salés.

Le poète écrit en Je
tout comme le marteau de l’horloge
frappe le métal,

comme l’aile de l’abeille
va droit au pollen,
comme l’arbre s’enracine
dans le ciel.

Le Je est le langage
des litanies profondes du poète
géographie des nostalgies,
métronome des peines,

carte des points d’élévation
dans la jungle du cœur. Erica Jong


POUR UNE FEMME VIVE poème de Pierre GAMARRA

Je ne saurai jamais quand tu m’as dit: je t’aime
je ne saurai jamais quand tu m’as dit: adieu
Si le fleuve et la mer effaçaient les poèmes,
mes mots seraient vaisseaux sur les lacs de tes yeux.
Je ne saurai jamais où commença la neige,
où revient le soleil pour les roses de mai,
où ta voix dit: je sais, quand je disais: que sais-je?
où commença mon cœur je ne saurai jamais.
Tu ne m’as rien donné, tu m’as donné le monde.
Lorsque tu me quittas, tu m’attendais toujours.
Si mon ciel était mort, j’aurais ta flamme blonde,
et si je revivais, je me mourrais d’amour.
Salut a toi, femme de l’aube, ma corolle,
princesse d’un hiver promise a l’églantier,
salut a toi, ma paix, mon pain, ma parabole,
salut mon indomptable et salut ma pitié.
Je te porte la palme et la farine pure,
je te livre l’orgueil avec l’humilité
Quand ces chants passeront, il restera l’été,
quand mon cœur se taira, je revivrai blessure.
Je te chante ce soir devant le monde lourd,
aux frontières d’un ciel labouré de promesses.
Je sais que je mourrai pour revivre sans cesse
et quand je revivrai, je me mourrai d’amour. Pierre GAMARRA


ETUDE DE PRONOMS poème de Jean TARDIEU

O toi ô toi o toi o toi
toi qui déjà toi qui pourtant
toi que surtout.
Toi qui pendant toi qui jadis toi que toujours
toi maintenant.
Moi toujours arbre et toi toujours prairie
moi souffle toi feuillage
moi parmi, toi selon!
Et nous qui sans personne
par la clarté par le silence
avec rien pour nous seuls
tout, parfaitement tout! Jean TARDIEU


P... poème de Robert MORAN


En toi les alchimies commencent
Ton cher ventre est sacré
Creuset
Où le baiser des Dieux déposa sa semence.
Un être! un rien
Un tout se prépare a la vie.
Ma récompense
Est au bout du chemin.
Je me perdis en toi
Demain par Lui, je recommence. Robert MORAN


POEME D’AMOUR DANS LA FORET poème de Miklos RADNOTI


Elle est, cette forêt, comme ta bien-aimée
qui dans l’amour s’allonge et s’ouvre devant toi
et t’enferme pourtant et protége ta vie
en un cercle si dur que tu ne peux grandir
que vers le ciel ainsi que fait cette forêt
qui te salue avec son chapeau de soleil.
Et ton amie aussi ressemble a la forêt
où le silence est taché d’ombre, où la résine
se fige, mais où chante un rayon de soleil
quand le vent qui s’éveille agite les feuillages;
l’amour ainsi t’éclaire et sa main attentive
est là pour te garder d’innombrables malheurs. Miklos RADNOTI


COSMOS poème de GUY FENAUX


La forme du caillou, c’est l’histoire du monde
Il ignore sa force et ferme ses pétales.
Il invente l’amour au chant de la rivière,
Il répète le temps dans le creux de son poing.
La forme de ton corps, c’est l’histoire du monde
Il connaît sa faiblesse et ouvre ses pétales.
Il est lui-même amour : il invente la vie.
I1 est surtout présence: il invente le temps. GUY FENAUX



BELLE A COUPER LE SOUFFLE poème de Claude ROY


Belle a couper le souffle a prendre par la main
belle a faire mûrir les grappes avant mai
belle a faire minuit s’éveiller le matin
Claire odeur des foins quand on vient de faner
parfum des feux d’automne au fin fond des jardins
Claire douce et lisse comme un fil de la Vierge
Claire comme la joue des collines de thym
Claire comme le clair qui de la mer émerge
Claire mon île aux vents cascades aux cheveux noirs
Claire toi qui tutoies la neige et le soleil
Claire ma chaude plage frange du ciel au soir
plus brûlante aux miroirs que le feu qui s’éveille
plus fraîche aux pas du vent que le sable mouillé
plus douce aux yeux patients que fumée sur la mer
plus droite aux yeux éblouis que lampes allumées
Claire mon amandier Claire mon arbre vert
Claire cigale été mica sable vent flots
bleu du vent bleu du sang bleu du blanc
bleu du ciel des cheveux des chevaux et des eaux
bleu des gouttes de pluie sur l’ardoise glissant
Claire mon coeur battant pigeon noir pigeon bleu
écoute mon souci mon mal mon vain aveu
Tout le jour tout le soir et lorsque l’aube vient
entendre mille pas qui ne sont pas le tien. Claude ROY



LORSQUE TU ME TOURNAS LE DOS poème de T. CARMI

Lorsque tu me tournas le dos
tu as pris mes mains
des enfants le sentirent
et des fleurs
je me suis pris femme ensuite
et je n’avais pas de mains
saurais-tu ce qu’est une femme
sans mains à sa rencontre
à présent tu m’as rendu la voix
et je manque de mots
saurais-tu ce qu’est une femme
sans paroles à son seuil
les nuits condamnent mon mutisme
la journée est trop pesante
à présent que tu m’as rendu les mains et la voix
je touche avec le bout de tes doigts
et respire avec le souffle de tes narines. T. CARMI



UNE FEMME EST L’AMOUR ... poème de Gerard de NERVAL



Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance;
Aux enfants qu’elle guide, a l’homme consolé,
Elle élève le coeur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.
Courbé par le travail ou par la destinée,
L’homme a sa voix s’élève et son front s’éclaircit
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son coeur s’adoucit.
Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine:
Bien longtemps a l’attendre il faut se résigner.
Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,
La beauté qui la donne ou qui la fait gagner? Gerard de NERVAL



CHANSON POUR DES FANTOMES ET POUR CELLES QUI ONT DISPARU poème de Philippe SOUPAULT



Aujourd’hui ce sont des mains que j’aime
Hier c’était une nuque
Demain ce seront des lèvres
et le soir un sourire
Dans trois jours un visage
Enfin chaque jour de la semaine
je m’émerveillerai de vivre encore
je me souviendrai peut-être lundi de votre démarche
et mardi sans doute des cheveux
Il faudra aussi écouter la voix
celle des fantômes
celle qui hésite celle qui persuade
que la vie n’est pas si atroce
que je voulais le croire tout a I’heure
mercredi tout oublier
Mais jeudi c’est un parfum
qu’on ne peut oublier
le parfum de l’arc-en-ciel
Les autres jours
Tous les autres jours
j’ai promis
de ne rien dire qu’à moi-même Philippe SOUPAULT


MON AME A SON SECRET poème de Felix ARVERS

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir. aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas! j’aurai passé près d’elle inaperçu
Toujours à ses côtés et toujours solitaire;
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander, et n’ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite ci sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.
A l’austère devoir pieusement fidèle.

Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas. Felix ARVERS



MON CHER, VOUS M’AMUSEZ QUAND VOUS FAITES MYSTERE Réponse de Louis AIGOIN. au célèbre sonnet de Félix Arvers


Mon cher, vous m’amusez quand vous faites mystère
De votre immense amour en un moment conçu.
Vous êtes bien naïf d’avoir voulu le taire:
Avant qu’il ne fut né, je crois que je l’ai su.

Pouviez-vous, m’adorant, passer inaperçu
Et, vivant près de moi, vous sentir solitaire?
De vous il dépendait d’être heureux sur la terre:
Il fallait demander et vous auriez reçu.

Apprenez qu’une femme au coeur épris et tendre
Souffre de suivre ainsi son chemin sans entendre
L’aveu qu’elle espérait trouver a chaque pas.
Forcément au devoir, on reste alors fidèle!

— J’ai compris, vous voyez, « ces vers tout remplis d’elle » ;
C’est vous, mon pauvre ami, qui ne comprenez pas. Louis AIGOIN.



MON CORPS A SON SECRET poème de Pierre HEBERT


Mon corps a son secret, mon sexe a son mystère
Mais de l’amour charnel tu n’as jamais rien su
— Disait Eve a Adam au paradis sur terre
En lorgnant une pomme a son arbre pendue.

Hélas! poursuivit-elle, de toi insoupçonné
Mon hymen inviolé me brûle et m’exaspère.
Ce secret, ce mystère où tous deux font la paire
Je te les vends au prix de ce beau fruit damné!

Adam que tente aussi une pomme si tendre
Accepta le marché et finit par apprendre
Qu’en se joignant a deux on est trois en neuf mois.

A cet accouplement l’homme resté fidèle
Dira, lisant ces vers et appelant sa belle
« As-tu pris ta pilule... Alors, viens près de moi Pierre HEBERT


MADAME, JE VOUS DONNE UN OISEAU POUR ETRENNE. Poème de Isaac de BENSERADE


Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Duquel on ne saurait estimer la valeur;
S’il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain a votre aise et bien saine.

Il n’est mal d’estomac, colique ni migraine
Qu’il ne puisse guérir, mais sur tout il a l’heur
Que contre l’accident de la pale couleur
Il porte avecque soi la drogue souveraine.

Une dame le vit dans ma main, l’autre jour
Qui me dit que c’était un perroquet d’amour,
Et des lors m’en offrit bon nombre de monnoie.

Des autres perroquets il diffère pourtant
Car eux fuient la cage, et lui, il l’aime tant
Qu’il n’y est jamais mis qu’il n’en pleure de joie. Isaac de BENSERADE



JE SONGEAIS QUE PHILIS... poème de Théophile de VIAU


Je songeais que Philis des enfers revenue
Belle comme elle était a la clarté du jour
Voulait qu’à son fantôme encor je fis l’amour
Et que comme Ixion j’embrassasse une nue

Son ombre dans mon lit se glisse toute nue
Et me dit Cher Tircis me voici de retour
Je n’ai fait qu’embellir dans le triste séjour
Où depuis mon départ le sort m’a retenue

Je viens pour rebaiser le plus beau des amants
Je viens pour remourir dans tes embrassements
Alors quand cette idole eût abusé ma flamme

Elle me dit Adieu je m’en vais chez les morts
Comme tu t’es vanté d’avoir baisé mon corps
Tu pourras te vanter d’avoir baisé mon âme Théophile de VIAU
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