L'ALBUM de famille (55) :
http://massuin.skyrock.com/ Réunis le 28 mars 2004 à Laforêt, fief de Hugues et de Françoise, des Mazuin de la branche fossoise en compagnie de leurs épouses. De gauche à droite : Pierre (dit Pierrot), Émile, Mimie Neuville, Béatrice Rosart, Françoise Hollanders, Hugues, Georgette Ganhy, Nadine Piéfonck, José, Marcel et Franz.
DU SANG BLEU ? Si l'on consulte de manière objective les documents du XVIIe, on tombe sur cet extrait révélateur : "Anno 1710 die septima marty baptisata est margarita de Carme filia legitima henrici agidy de Carme et Margarita Pigeon".
Or, cette margarita de Carme, dans la longue suite des couples qui s'unissent jusqu'à moi, en forme un avec Joseph Damin - roturier, je vous le concède, mais époux d'une femme à particule! Je puis donc légitimement, et avec fierté, estimer, malgré Jean de Meung qui s'exclame :
Les princes ne méritent pas
Qu'un astre annonce leur trépas
Plutôt que la mort d'un autre homme :
Leur corps ne vaut pas une pomme
De plus qu'un corps de charretier,
Qu'un corps de clerc ou d'écuyer,
Je les fais pareillment nus,
Forts ou faibles, gros ou menus,
Tous égaux sans exception
Par leur humaine condition. ... estimer, disais-je, qu'une partie infinitésimale de ce sang bleu circule dans mes veines. Ce qui expliquerait ma propension à défendre la veuve et l'orphelin, à pourfendre la bassesse, à produire des vers aristocratiques, à observer du haut de ma grandeur les bouseux, clochards et autres parasites.
Bien que... Il faut que je vous le confesse : une toile de Van der Goes m'a toujours hérissé le poil. On voit un noble chevalier demander le chemin à un manant qui, le genou à terre, respectueusement instruit le seigneur. J'en ai encore de fortes démangeaisons égalitaires. Non, il ne se peut que cette Margarita de Carme soit la dépositaire du sang d'un ci-devant : plébéien suis-je et le resterai envers et contre toute recherche généalogique.
Effectivement, pour conforter mes dires, un document nous éclaire : "1735 24 la 9 bris baptisata fuit Mgta Damin filia legitima josephi Damin et Mgta Decarme..." Decarme, nous y voilà!
Villon le disait, pour lui et à ma place, dans l'un de ses vers; attendez, je crois retrouver l'expression qui nous caractérise : de humble extrace. A vérifier :
Pauvre je suis de ma jeunesse,
De pauvre et de petite extrace;
Mon père n'eut onc grand richesse
De son aïeul, nommé Horace;
Pauvreté tous nous suit et trace;
Sur les tombeaux de mes ancêtres,
Les âmes desquels Dieu embrasse,
On n'y voit couronnes ni sceptres. Pour parodier Villon, je vous offre en apothéose un poème de ma composition en vers impairs car, comme le disait Verlaine, "Il n'est bons vers / Que les impairs". Cherchez la faille.
Pauvre étais dans ma jeunesse
Tel Villon de humble extrace
Puisque de tous mes aïeux
Rien ne subsiste ni trace
Ni d'écrit ni une fresque
Où s'étire sous les traits
D'une sacrée pute ou presque
D'amour frais une déesse
Rien. Le père n'a fréquenté
Marquise de Sévigné
Jean Racine ou La Bruyère
Et les tombeaux des ancêtres
Ont disparu à jamais
Absents pour manque de dais
D'or d'encens et de lumière
Mais un soir la luciole
Sous le hibou qui la frôle
Dans la nuit luira peut-être Villon, Verlaine, puis Chanly : gros gâtés, va!