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 Les flibustiers de la Sainte Alice (Jeunesse) Chapitre 3

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Pascal9
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MessageSujet: Les flibustiers de la Sainte Alice (Jeunesse) Chapitre 3   Mar 15 Fév - 16:56

Chapitre 3.




C’est cette semaine-là, je pense, que nous avons découvert le chalutier. On pouvait l’apercevoir depuis le quai Napoléon. Il dormait derrière les grues, sur le bassin Est. Il était encore pimpant avec sa coque ventrue et sa cabine bleue de ciel.
Pour nous, c’était magnifique. Quelle aubaine ! Ici, le chantier, la rue, les pontons, là-bas, ce bateau avec la mer calme par-dessous, et aux alentours, d’autres navires à la retraite de traversée…
Aussi, nous avons abandonné là nos tranchées sans regrets pour nous précipiter comme des déments jusqu’au chalutier. Qu’il était beau ! Beaucoup plus beau que nous l’avions imaginé. Non seulement bleu de ciel, mais aussi bleu de Prusse et bleu électrique. Le pont et la proue étaient encombrés de cordages et de filins. La coque était encore robuste et le poste d’équipage viable, on n’en croyait pas nos yeux.
- Dites les gars ! On embarque ?
Je ne sais plus qui l’a proposé en premier.
Je ne les connaissais pas depuis très longtemps, j’étais arrivé depuis peu de Bénodet (mon surnom venait de là également…). Nous ne connaissions pour ainsi dire que nos pseudonymes aussi fantaisistes qu’anonymes…
On restait là, immobiles sur le quai. C’était le mois d’avril. Les vacances de Pâques. Je me souviens de celui qui m’a fait la courte échelle pour embarquer. Mes pieds pesaient sur ses épaules. Michael s’en est aperçu et il m’a aidé… Arrivé sur le pont, je lui serrai la main vigoureusement…
- « Au fait, mon vrai nom, c’est Paul, Paul Le Goz… »
- « Moi, c’est Michael Le Plouec ! »
Nous nous sommes installés sur le bastingage. Vers la proue parce que no compagnons étaient déjà partis en exploration.
Dans le ciel, il n’y avait pas un seul nuage, et ils nous semblaient être les rois de la mer.
- « On est fichtrement bien, sur ce rafiot, ai-je dit à Michael. Là-bas, on voit jusqu’au bout de la jetée. »
- « Eh Paul ! Sais-tu ce que c’est, ces boules de verre ? »
- « Ce sont des flotteurs pour les chaluts, répondis-je »
- « Il y en a des trucs dans ce bateau ! dit Yves, c’est un vrai nid à pirates… »
Michael et moi, nous avons tourné la tête vers nos compagnons, affairés à fouiller le poste d’équipage
- « Où est le canon ? » s’étonnait faussement Yann, car il y avait, bien entendu, aucun canon sur la « Sainte Alice ».
Yves se mit à rire :
- « Eh ! Vous les corsaires ! Sachez qu’il doit y avoir des canons à bord de chaque frégate de haut bord ! Toi, Yann ! Monte en haut du mat ! Signale les futures victimes des frères de la côte !
- « Quel mat ? Ce n’est pas une baleinière ! »
- « Alors ! Rien ? Bougonna Yves, Tu n’obéis pas à ton capitaine ? Voilà tout ! »
Yann haussa les épaules et s’en retourna dans la cale.
Yves escalada un tas de vieux filets, roula des épaules et prit une voix de stentor :
- « Je suis le capitaine Gouëc le Rouge, seul maître à bord après Dieu car je suis le plus méritant et le plus fort de vous tous ! »
Michael et moi le considérâmes avec un air de profonde pitié.
- « Bof ! Capitaine Gouëc, ton père n’est que le bosco sur la GRANVILLE ! »
Mais Yves n’en avait cure et il entendait bien se faire respecter et combattre les mutins éventuels.
- « Larguez les amarres ! Hissez le Foc et le Grand Pavois ! »
Michael a répété «Larguez les amarres ! » et j’ai crié « Vent debout ». - « Alors, tu seras notre capitaine ? »
- « Pourquoi non, si vous n’êtes pas contre ? »
- « Et nous ? Que serons-nous ? »
- « Comment ? Mais vous serez mon équipage. Paul sera mon second, maître d’équipage et je l’appellerai Monsieur Paul, comme Monsieur Fletcher sur la Bounty.
Toi Yann, tu seras le Bosco et toi Michael, comme tu es le plus petit, tu seras le mousse… »
- « Moi, j’ai des cartes marines ! Je les ai eues à mon oncle, je les apporterai à bord. »
- « Je fabriquerai des sabres avec du bois et du papier d’aluminium. »
- « On bricolera les vieux filets. »
- « Mon petit frère sera Le maître Coq, il nous faut un cuisinier… » L’équipage fut constitué ainsi en un rien de temps…
Michael et moi, nous nous sommes poursuivis à travers le pont, nous chantions et criions tout à la fois.
- « Hourra ! Pour les frères de la Côte ! L’anglais va trembler !
C’est depuis cette semaine là, qu’il y a de nouveau des pirates dans l’Atlantique…

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