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 Les flibustiers de la Sainte-Alice (Jeunesse) Chapitre 1

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Pascal9
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MessageSujet: Les flibustiers de la Sainte-Alice (Jeunesse) Chapitre 1   Lun 14 Fév - 19:03

Chapitre 1.


Hourra ! Un bateau vient d’arriver ! Ici, au port, tout le monde trouve que c’est magnifique, les voiliers… Le Brick Aviso blanc est amarré juste devant le casino. Nous, bien entendu, on se précipite sur le quai pour monter à bord.
- « Allez jouer plus loin, vous nous encombrez ! »
L’équipage du Brick n’est pas content : ils sont en train de
manœuvrer, de tendre des amarres. Des amarres, il y en a des toises et des toises ! Il faut prendre garde, sinon nous pourrions nous emmêler les jambes dedans.
Ils nous font rire avec leur « Allez jouer plus loin ! ». Nous, ce sont les voiles qui nous intéressent. L’une d’elles est immense devant la passerelle. Une autre porte un nom curieux : Le Cacatois. Sur la coque claque un nom doré : ESMERALDA. Il évoque une femme. Au-dessus de la proue, elle se penche : belle comme la vierge.
Tout cela, c’est l’aventure ! Comme dans les livres de Stevenson !
Tout l’équipage est sur le pont, on n’attend plus que les officiers. Pour l’instant, en dehors des gabiers, des matelots de quart et des seconds-maîtres, il n’y a qu’un second en capote bleue et or. Il tient un sifflet à la main. Il est maître de manœuvre.
L’équipage descendra peut-être à terre ? Yann dit que son père connaît très bien le commandant du Brick. Des officiers, ce n’est pas ce qui manque ici ! Enseignes de vaisseaux, lieutenants, premiers maîtres, que de galons !
Le second a l’air de diriger tout le navire. Il place les hommes alignés, les petits en avant, les grands en arrière et leur dit que les civils ont les yeux fixés sur eux, qu’ils sont l’élite de la Royale*
Il s’approche de la coupée en souriant :
- « Ecartez-vous, les enfants ! Laissez-passer les officiels !
Allons que tout le monde soit fier de vos aînés ! »
Lui-même est très suffisant. Il sourit à monsieur le Maire. Le
Commandant sort sur le pont, on le photographie. Ca y est ! Il va parler ! Ca va encore être un de ces discours interminables…
- « L’équipage du Brick ESMERALDA est heureux de faire
escale chez vous. Il vous invite à une petite cérémonie et à la visite de son bord pendant toute la durée de notre séjour… »
Pour ne pas être en reste, monsieur le Maire attaque lui aussi un discours encore plus assommant :
-« …Et, c’est pourquoi, Commandant, nous sommes contents de vous présenter les nouvelles installations portuaires et de vous dévoiler le futur emplacement de notre nouvelle Marina, ici, se dressera un splendide débarcadère, à cet endroit même où n’existe pour l’instant que des épaves vouées à la démolition… »
-« Comment ! Des immondices ! Et la « Sainte Alice » ? Il y a un bateau sur ce quai ! »
J’ai oublié une fois de plus que personne ne m’a demandé mon avis. Mon père disait toujours que nous ne pouvions parler que si l’on nous posait une question… Mais, ce n’est pas vrai qu’il n’y a ici que des immondices…
- « Tais-toi donc… »
Michael me pince le bras et Yann m’envoie une méchante
bourrade, histoire de me faire tenir tranquille. Ils ne sont pas les seuls à vouloir m’empêcher de m’exprimer. Les officiels aussi me font les gros yeux. Je crois que je me suis fait remarquer. Mais eux… Je ne leur en veux pas. Ils ne connaissent rien de nos aventures. Quand la Sainte Alice était là, personne ne venait jamais nous déranger.
- « Il n’existait ici qu’un cimetière à bateaux qui s’allongeait
vers le large en une sinistre perspective… »
Le maire continue son insipide monologue en regardant les
quais et sa voix devient mélodramatique. Va-t-il se mettre à sangloter ? Mais non… Il se tourne du côté de la tribune que les notables sont en train de gravir. Le premier adjoint est ravi et dans un soupir du maire, il reprend le relais du bla-bla-bla :
- « De ces quais sinistres va surgir une nouvelle marina de
plaisance : un havre de repos pour les vacanciers. Le rêve des pratiquants de la voile de toute la région, le point de chute des touristes. Ici, au port, tout le monde est heureux, mais les plus joyeux, ce sont les jeunes ! »
Les regards se dirigent vers nous… Anxieux, Michael me balance un nouveau coup de pied serré. Yann, lui, est en train de contempler le bout de ses chaussures. Yves, qui fait le malin, nous pousse, pour se mettre en évidence. L’Adjoint s’approche :
- « Allons, les garçons, n’est –ce pas magnifique d’avoir un port de plaisance avec des attractions ? Vous allez pouvoir vous amuser ? Et profiter de pleins d’installations…. »
C’est bien entendu Yves qui répond pour tout le monde, comme d’habitude…

- « Pourvu qu’on nous laisse entrer… »
- « Parce qu’habillé comme on l’est, on fera sensation » Ajoute
Yann.
- « Des Pédalos, c’est ça qui serait super ! »
- « Avec des marchands de glace ! »
- « Et des promenades en poneys ! »
On s’agite. C’est la bousculade. Personne, pourtant, ne se met en
colère. L’adjoint rit avec nous. Il ne sait plus à qui s’adresser.
- « Doucement ! Une minute ! Pas tout le monde en même temps ! Chacun a droit à la parole ! » Et le voilà qui se penche vers moi.
- « A ton tour, tu ne dis rien ? Comment t’appelles-tu ? »
- « Dis ton nom, « Tabarly ! » Me crie Yann.
- « Son nom, c’est Paul, mais nous, on l’appelle « Tabarly »,
C’est son surnom, dit Michael, à qui personne ne parlait.
- « Si on te surnomme « Tabarly », continue l’adjoint, c’est que tu aimes les voyages. Tu sais, maintenant, avec le débarcadère, tu pourras voir arriver des bateaux qui ont fait le tour du monde. Ce sera épatant ! »
Il s’approche, me tapote gentiment les cheveux.
Maintenant, je vais parler. C’est lui qui m’offre la parole. Je redresse donc la tête et je déclare distinctement devant la tribune :
- « Des voyages, nous en faisions déjà, sur la Sainte-Alice… »
Yves me souffle à l’oreille :
- « Ne recommence pas, tu auras forcément tort, on ne se bat pas contre les moulins… »
Michael me donne un autre coup de coude dans les côtes et Yann, dissimulé derrière la barrière,
++ fait semblant d’être ailleurs. Ils n’apprécient guère que je reparle de cette affaire. Pourtant, il faut bien que quelqu’un en discute.
- « Vous savez, Messieurs, Commandant, avant le projet de marina, il y avait là un vieux chalutier, la Sainte-Alice. Lorsque nous l’avons découvert…
Yves ne semble toujours pas goûté mes propos….
- « Eh ! C’est de la marina dont on parle, pas du chalutier… »
Quant à Yann, il a la bêtise d’ajouter :
- « Il y a de superbes bateaux de pêche dans le bassin Nord, rien ne t’empêche d’aller les admirer… »
Mais, ils ne m’arrêteront pas si facilement … Les officiels, le maire et l’équipage du Brick ESMERALDA. Rien ne me fera renoncer. Parce que je pense à la Sainte-Alice en ce moment, et uniquement à elle…
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Maude
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Date d'inscription : 24/12/2004

MessageSujet: Re: Les flibustiers de la Sainte-Alice (Jeunesse) Chapitre 1   Mar 22 Fév - 16:39

passionnant. Je lirai la suite une autre fois.
Maude
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Les flibustiers de la Sainte-Alice (Jeunesse) Chapitre 1
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