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 Autrui "l'autre"

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Emilie
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Localisation : France
Date d'inscription : 26/12/2004

MessageSujet: Autrui "l'autre"   Sam 12 Fév - 12:01

L'existence d'autrui est pour l'homme un fait premier. le nourrisson prend conscience conjointement de sa propre existence et de celle de sa mère, ou de qui fait pour lui office de mère. Découvrir le moi, c'est immédiatement découvrir les limites du moi, donc l'existence du non-moi.
Laissons les "robinsonnades" (Marx) aux amateurs de fiction : voulue (vie érémitique) ou subie (le naufragé sur son île), la vie dans la solitude ne peut constituer une exception ou une extravagance et n'est pas représentative de la condition humaine, qui est au contraire caractérisée d'emblée par la pluralité des existences (Arendt), ou encore par le caractère politique de la vie humaine (Aristote). L'existence des autres est plus qu'un simple fait découvert par le hasard. Par le langage par la séxualité par mon affectivité, je suis déjà, moi-même, porteur d'une structure "autrui", des conditions de l'entrée en relation avec autrui.
Si autrui, c'est le non-moi, alors autrui est ce qui me limite.Faire l'expérience de l'existence d'autrui, c'est faire l'expérience de ma finitude et du fait que mes pouvoirs ne sont pas infinis. L'espérience première d'autrui, ce serait alors l'expérience d'un conflit. L'autre c'est le petit frère ou bien la petite soeur qui me disputent leur amour dans le coeur de mes parents (Freud). L'autre c'est celui qui me dispute la possession des biens dont j'ai besoin ou que je désire (expérience de la rareté comme source des conflits selon Sartre).
Mais la rivalité pour la possession d'un même bien n'est-elle pas que le prétexte ou l'occasion de se mesurer à l'autre, de se confronter à l'autre?
Pour Hegel, toute conscience aspire à se voir reconnue, acceptée par une autre conscience. le monde des choses me laisse solitaire et désolé face à moi-même. Seul autrui pourrait me reconnaître dans mon humanité,comme sujet d'un désir, comme personne.
L'abord de l'autre comme rival à éliminer ou comme partenaire potentiel que je dois convaincre, ou contraindre à participer à mes fins repose sur un présupposé discutable, à savoir qu'autrui ne soit appréhendé que dans la perspective de mes buts à moi et donc ne soit vu que comme entrave ou adjuvant à la réalisation de ces buts. Or autrui existe aussi et d'abord pour lui-même. C'est avant tout cela que la rencontre de l'autre doit m'apprendre.
L'attitude morale vis-à-vis d'autrui consiste à le considérer...Jamais comme un moyen (au service de mes propres objectifs), mais toujours en même temps comme une fin (valant d'abord pour lui-même et devant être considéré et traîté comme personne. (Kant)
Ce qu'à d'exceptionnel la rencontre d'autrui, c'est que seule elle remet en cause ou suspend la préoccupation de réaliser mes désirs et atteindre mes objectifs, pour me tourner vers qui ne sera jamais un simple moyen d'atteindre mes objectifs, plus, elle m'oblige à m'interroger sur ce que valent ces objectifs, à me poser la question de mon droit à les poursuivre envers et contre tout. La rencontre de l'autre pose la question de ma responsabilité : au lieu d'entraver ma liberté, elle la rend grave et responsable. (Lévinas).

Le rapport à autrui n'est pas seulement, ni même primitivement, un rapport de conscience à conscience, un rapport abstrait de tout contexte. L'autre est primitivement l'être de la même famille (rapport le plus archaïque, le plus ancré dans la nature, même s'il serait naïf de croire que les structures et les fonctions du noyau familial n'évoluent pas au cours de l'histoire et ne sont pas culturellemnt déterminées), celui avec qui je travaille (donc avec qui je noue des liens pour pouvoir, collectivement, subvenir à nos besoins, c'est-à-dire reproduire les conditions de notre propre survie (Marx), celui ou celle que je désire, que ce soit sous une forme purement pulsionnelle (pour autant qu'il puisse exister chez l'homme un désir non déjà pétri d'humanité, c'est-à-dire culturellement déterminé) ou sous une forme sublimée (amitié, échanges et rapports sociaux, Freud).

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