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 Tristan CORBIERE (1845-1875)

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didier meral
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MessageSujet: Tristan CORBIERE (1845-1875)   Lun 9 Mar - 20:21

Tristan CORBIERE (1845-1875)
(Recueil : Les Amours jaunes)

Le mousse

ousse : il est donc marin, ton père ?...
- Pêcheur. Perdu depuis longtemps.
En découchant d'avec ma mère,
Il a couché dans les brisants ...

aman lui garde au cimetière
Une tombe - et rien dedans -
C'est moi son mari sur la terre,
Pour gagner du pain aux enfants.

Deux petits. - Alors, sur la plage,
Rien n'est revenu du naufrage ? ...
- Son garde-pipe et son sabot ...

La mère pleure, le dimanche,
Pour repos... Moi : j'ai ma revanche
Quand je serai grand - matelot ! -
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didier meral
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MessageSujet: Re: Tristan CORBIERE (1845-1875)   Mar 10 Mar - 4:11

(Recueil : Les Amours jaunes )

Steam-boat

A une passagère.
En fumée elle est donc chassée
L'éternité, la traversée
Qui fit de Vous ma soeur d'un jour,
Ma soeur d'amour ! ...

Là-bas : cette mer incolore
Où ce qui fut Toi flotte encore...
Ici : la terre, ton écueil,
Tertre de deuil !

On t'espère là... Va légère !
Qui te bercera, Passagère?...
Ô passagère [de] mon coeur,
Ton remorqueur ! ...

Quel ménélas, sur son rivage,
Fait le pied ?... - Va, j'ai ton sillage...
J'ai, - quand il est là voir venir, -
Ton souvenir !

Il n'aura pas, lui, ma Peureuse,
Les sauts de ta gorge houleuse !...
Tes sourcils salés de poudrain
Pendant un grain !

Il ne t'aura pas : effrontée !
Par tes cheveux au vent fouettée !...
Ni, durant les longs quarts de nuit,
Ton doux ennui...

Ni ma poésie où : - Posée,
Tu seras la mouette blessée,
Et moi le flot qu'elle rasa...,
Et coetera.

- Le large, bête sans limite,
Me paraîtra bien grand, Petite,
Sans Toi ! ... Rien n'est plus l'horizon
Qu'une cloison,

Qu'elle va me sembler étroite !
Tout seul, la boîte à deux ! ... la boîte
Où nous n'avions qu'un oreiller
Pour sommeiller.

Déjà le soleil se fait sombre
Qui ne balance plus ton ombre,
Et la houle a fait un grand pli...
- Comme l'oubli ! -

Ainsi déchantait sa fortune,
En vigie, au sec, dans la hune,
Par un soir frais, vers le matin,
Un pilotin.
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Tristan CORBIERE (1845-1875)
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