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 La mort point de vue philosophique

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Emilie
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MessageSujet: La mort point de vue philosophique   Lun 17 Jan - 10:45


La question de la mort a toujours été au coeur de la réflexion philosophique. Socrate, l'un des premiers, a été condamné à mort, par la cité d'Athènes pour avoir "contesté les dieux de la cité" et "corrompu la jeunesse".

J'avais fais un exposé sur Socrate, j'y reviendrai plus amplement prochainement.

Le phédon de Platon nous rapporte la dignité de Socrate au moment d'affronter la mort, et soutient que "philosopher, c'est apprendre à mourir"
Que vaudrait une sagesse qui ne nous préparerait pas au seul évenement dont nous soyons sûrs qu'il nous attend : notre mort?

Tant que nous serons en proie à la crainte de la mort, nous ne pourrons jamais goûter des "plaisirs purs" (c'est-à-dire exempts de toute arrière-pensée et de tout arrière-goût de tristesse). L'angoisse de la mort nous empêche de goûter pleinement le présent, seul lieu possible de la réalisation du bonheur.
La mort est ce que les hommes craignent par dessus tout. Si la philosophie peut nous montrer que cette crainte est vaine, alors à plus forte raison toutes les autres craintes s'avèreront dérisoires et plus rien ne viendra s'interposer entre nous et le bonheur. Or les hommes ne craignent la mort que parce qu'ils se font de fausses idées sur la mort( ils craignent des châtiments et des tourments dans l'au-delà..). Ces croyances populaires sont absurdes puisque la destruction du corps implique les destruction de la capacité de ressentir que ce soit du plaisir ou de la douleur. La mort même me retire ce qui pourrait faire qu'elle ait un pouvoir sur moi: la capacité d'éprouver quoi que ce soit. Paradoxalement la mort n'a aucun pouvoir sur nous, parce que nous sommes tout entiers mortels. Par définition, tant que je suis en vie, la mort n'est pas là, et dès qu'elle sera là, moi, je ne serai plus. C'est donc bien à tort que les hommes s'empoisonnent toute leur existence par appréhension d'un moment qui n'aura jamais lieu : celui de l'impossible rencontre entre un vivant et la mort.

Il faut accepter d'être mortel pour que la mort ne puisse rien contre nous..... prochain chapitre sur la mort. Emilie.

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Emilie
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MessageSujet: La mort point de vue philosophique   Lun 17 Jan - 15:39

Les hommes se scandalisent à l’idée de la mort parce qu’ils savent qu’ils vont mourir, alors qu’ils désireraient être immortels. Il y a deux façons de résoudre cette contradiction : soit en flattant le désir d’immortalité, c’est la voie qu’empruntent les religions, en promettant une vie éternelle après la mort. Or nous avons vu que cette voie est à double tranchant : parler d’une vie après la mort, c’est attiser autant les craintes que les faux espoirs, c’est attiser l’imagination humaine. Soit au contraire, et c’est la voie choisie par l’épicurisme, guérir l’homme de son désir d’immortalité et le réconcilier ainsi avec sa condition de mortel. Pour nous en guérir, il faut nous convaincre que ce désir est vain, c’est-à-dire qu’il est sans objet. Comme le désir d’avoir toujours plus d’argent, toujours plus de gloire, le désir de vivre indéfiniment est un désir infini qui ne peut que faire notre malheur puisqu’il n’est rien dans la nature qui puisse étancher un tel désir. Le désir d’immortalité peut paraître grandiose et héroïque mais la vérité est qu’il est vain et creux.

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Gi
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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Mer 19 Jan - 3:59

Émilie

tu as étudié dans ce domaine ?
Ça sert à quoi ?
Est-ce qu'en étudiant la philosophie ça change notre vie ?

Merci de tes réponses.

Gi

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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Mer 19 Jan - 7:46

Si nous savons que demain ne nous appartient pas, alors c'est toujours aujourd'hui qu'il s'agit d'être heureux. Nous ne pouvons nous permettre de consacrer notre temps à préparer un bonheur futur, parce que si nous faisons cela, "la mort nous surprendra affairés" à réunir les conditions du bonheur. Le temps qui s'écoulera après notre mort ne s'écoulera pas plus que celui d'avant notre naissance (Montaigne) : Il n'a pas plus lieu de craindre l'un que l'autre, ni d'y placer nos espoirs. Seul nous appartient le temps de notre vie. Tirons-en le meilleur profit. La vie peut ressembler à un banquet dont nous serions les convives. Ne passons pas notre temps à faire la fine bouche et à attendre les prochains plats qui seraient peut-être meilleurs: goûtons ceux qui passent à notre portée et sachons nous retirer en convive rassasié, bénissant nos hôtes, c'est à dire la vie ou la nature, au lieu de nous lamenter que le banquet soit déja fini.
Paradoxalement ce n'est pas ceux qui ont le mieux su aimer la vie et s'y accomplir qui craignent le plus la mort. Seul celui qui a su goûter au présent de chacune de ses journées peut se retirer rassasié. Ceux qui au contraire n'ont pas su aimer la vie sont ceux qui craignent le plus la mort, parce qu'ils sont habités d'une frustration. A quelque moment qu'arrive la mort, pour eux ce sera toujours trop tôt. il est beau de savoir quitter la vie sans regret ni remords.

"La droite connnaissance rend joyeuse la condition mortelle. (Epicure)


La philosophie classique tendait à reconcilier l'homme avec sa propre mort. la philosophie contemporaine, au contraire cherche à ne pas escamoter le caractère scandaleux de la mort. On ne peut rien accommoder avec la mort, rien n'est possible : la mort suspend tous nos projets, toutes nos entreprises, et voue en définitive notre existence tout entière à l'absurde. (Sartre). la mort ne peut faire l'objet d'un projet, même si je peux faire le projet de mourir dans telle circonstance particulière (en martyr pour une cause, en sacrifiant ma vie pour sauver celle d'autrui..) Même sans ce projet, je serai mort de toute façon, et la mort vient toujours interrompre le fil de la vie, elle intervient toujours de façon insensée et c'est cette absence de sens qui la caractérise en définitive.

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MessageSujet: suite de la mort (philosophie)   Mer 19 Jan - 8:50

Certes, en un sens la mort est l'anéantissement brutal et définitif de tous mes possibles. mon être tout entier exposé à la mort, y sombrera corps et âme, avec tous mes projets tous mes souvenirs. Mais en un autre sens, la mort est aussi ma possibilité la plus propre. mourir est ce que nul ne peut faire à ma place, et quand bien même quelqu'un se proposerait pour mourir à ma place dans telle ou telle circonstance déterminée (lors d'une prise d'otage par exemple), ce n'est malgré tout que de sa mort à lui qu'il va "mourir", et il ne me dispense pas de" mourir" à mon tour ma propre mort.
Heidegger appelle l'homme "l'être pour la mort" : contrairement aux animaux qui sont aveugles de leur propre mort, l'homme sait qu'il est fondamentalement promis à la mort, même si il consacre tous ses efforts à l'oublier dans l'existence quotidienne. La mort est en même temps ma possibilité suprême et la disparition pure et simple de toutes mes possibilités.

Contrairement à un dicton bien connu, nous ne sommes pas tous égaux devant la mort, car elle ne nous atteint pas tous de la même manière. Pour l'homme qui vit entièrement immergé dans la vie de sa tribu ou de son village, la mort n'est pas cet évenement absolu qu'elle est pour l'homme moderne et occidental. La conscience de la mort s'est aiguisée à mesure que se sont développés l'individualisme et la conscience de la personnalité. Pour l'homme immergé dans la vie de sa tribu, c'est la disparition de cette dernière qui seule constituerait un tel évenement absolu. Ce sentiment diffus de se survivre à soi-même à travers la vie du groupe dans lequel on était intégré s'incarne dans la croyance que les nouveaux nés constituent en quelque sorte le retour des défunts au sein de la collectivité
, au point que l'on donne à ces enfants le nom des morts. Même à l'époque moderne, une telle régression est possible dans la guerre par exemple : le soldat peut avoir l'impression que s'il meurt pour sa patrie, c'est aussi réciproquement que dans un certain sens il se survit à lui-même à travers la vie de la patrie. (Edgar Morin)

Je marquerai en conclusion

La mort, ce n'est pas seulement ma mort, c'est aussi la mort de l'autre, et donc l'expérience du deuil. La mort nous place devant l'absence de l'autre, et une absence irréversible et définitive. Seule l'expérience de la mort peut nous apprendre de manière radicale ce que signifie l'irréversibilité (Jankelevitch).
Le savoir que nous avons de notre propre mort vient indexer notre rapport au temps. parce que nous savons que nous sommes mortels, nous savons que nous ne disposons pas d'un temps infini, même si dans l'éxistence quotidienne nous ne cessions de l'oublier et de vivre comme si nous avions un temps infini devant nous (Heidegger).
Vivre sans avoir pour cela à oublier que nous sommes mortels, cela pourrait résumer à soi seul toute la sagesse. Il n'y a rien de morbide : se savoir mortel, c'est savoir combien le temps nous est précieux, précisément parce que nous savons qu'il nous est compté. (Sénèque)/


Quelques lignes de R.M.Rilke, extrait du livre de la pauvreté et de la mort.

"Ô mon Dieu, donne à chacun sa propre mort,
La mort née de sa propre vie
Où il connut l'amour et la misère.
Car nous ne sommes que l'écorce, que la feuille,
Mais le fruit qui est au centre de tout,
C'est la grande mort que chacun porte en soi.
Seigneur, nous sommes plus pauvres que les pauvres bêtes
Qui, même aveugles, achèvent leur propre mort.
Fais qu'il soit permis à l'homme de veiller jusqu'à l'heure
Où il enfantera sa propre mort.
Fais-nous connaître enfin l'homme dans sa vérité
L'homme qui porte en lui sa propre mort.

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Gi
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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Mer 19 Jan - 15:51

J'ai toujours eu une grande difficulté avec la mort, j'y ai été confrontée toute jeune enfant... 3 ans... Et inconsciemment je croyais que la mort connue à cette âge était reliée à une bêtise que j'avais commise. Pas de difficulté avec la mort elle-même, plus avec ce qui reste après finalement.

Avec l'âge vient la sagesse. Je crois qu'il y a autre chose après la mort et qu'il y a pour chaque âme une multitude de vies remplies d'expériences les plus diverses. Depuis cela me semble maintenant plus facile à accepter.

Gi

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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Jeu 20 Jan - 15:23

Bonsoir Gi. Merci de porter de l'interet à ce que j'écris. Cela me touche beaucoup.
Il s'avère, et c'est normal que je pense exactement comme je l'écris, sur ce sujet, mais en plus je suis persuadée que nos âmes se retrouvent au ciel, avec tous ceux qu'on a perdus. Je t'enverrai un mail privé, à savoir pourquoi j'en suis aussi persuadée.
Je n'ai jamais eu de difficultés avec la mort. J'ai toujours su que la mort était la fin logique. Enfin..j'ai l'impression depuis toujours. Elle ne me fait pas peur. J'en parle librement. J'ai un vide quand meurt quelqu'un que j'aime mais toujours il vit, là-haut.Je sais que je le reverrai. Je plains surtout ceux qu'il laisse derrière eux et qui n'ont pas cette faculté de croire. Bisous ma belle. Emilie. smiley

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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Mer 26 Jan - 21:50

Je "digère" une réflexion sur la mort, depuis février dernier.
J'ai beaucoup appris. En peu de temps. Tout contre elle, la mort.
Je reviendrai en parler.
Un peu plus tard...

Amitié
Romane.
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Gi
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MessageSujet: Il n'est pas nécessaire que le corps   Mer 26 Jan - 23:09

Il n'est pas nécessaire que le corps

Il n'est pas nécessaire que le corps
Suive l'âme, suive l'âme
Dans tous ses voyages

Il n'y a pas de sentier
Pourtant j'avance allègrement
Vers la lumière,
Vers mes parents, mes amis
Guidé par ces anges que je connais.
Je laisse derrière moi ce corps fatigué
Mais mon âme est heureuse
De retrouver cette demeure qu'elle connaît si bien.

Il n'est pas nécessaire que le corps
Suive l'âme, suive l'âme
Dans tous ses voyages

Il n'y a pas de nouveauté
Juste cette continuité
J'étais ici pour apprendre
J'ai réussi à me connaître
Et à connaître mieux la vie.
Pour vous mes proches
Si je vous manque
Fermez les yeux
Regardez à l'intérieur de vous
Et soyez certains
Que je suis toujours là.

Texte composé pour la mort de mon père.
Je l'ai lu en disant avant : "Imaginez que c'est papa qui parle"

Ginette Villeneuve

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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Jeu 27 Jan - 2:00

Emilie a écrit:
Je plains surtout ceux qu'il laisse derrière eux et qui n'ont pas cette faculté de croire.

Il n'y a pas de quoi, Emilie. Je ne crois pas en une quelconque existence après la Mort (qui est une extinction du corps, et donc de l'âme, les deux étant liés pour moi) mais ceux qui sont partis resteront toujours auprès de moi jusqu'à ce que moi-aussi je m'en aille... Je n'ai pas besoin de me persuader qu'un jour je les reverrai pour que leur mémoire soit vivace ; quelque part ils continuent à vivre à travers ceux qui les ont aimés.

Il faut que je lise plus en détail ce que tu as écris et je ferais des commentaires.
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Emilie
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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Jeu 27 Jan - 14:43

Bonsoir Quire. Comment te dire que je trouve tes explications un peu contradictoires.
Je respecte ton point de vue. Je ne me permettrais jamais de contredire ou d'emmener quiconque dans mes convictions personnelles.
Si tu penses que nos disparus revivent dans ceux qui les ont aimés (je cite ta phrase): c'est que quelque part ils "revivent.....".??????? Donc quelque chose d'eux reste.
Quant à l'âme et le corps : ils meurent ensemble, se détachent? Il est permis à chacun de croire ce qu'il veut, afin de vivre "au mieux", la terrible séparation. (pardonne cette expression). Tu peux la remplacer par "pouvoir vivre" après cette terrible séparation.
Et ce qui vit en toi, est-ce le souvenir? Une partie d'eux?
Ma réponse sous forme de questions est bien ....philosophique n'est-ce-pas?
Pourtant j'ai comme toi et comme chacun de nous, perdus tant de gens que j'aime. Je dis "que j'aime", et non que j'aimais!!! J'emploie un verbe au présent comme toi....
Ma conclusion: je parle de philosophie, ce qui veut dire que tous mes récits sont de ce point de vue là. Pour ce qui est de croire ou de ne pas croire est d'un point de vue religieux. pourtant la croyance religieuse ne dispense pas d'un souci de compréhension et c'est peut-être là le sujet qui permet d'expliquer mutuellement d'autres points de vue.

Merci en tout cas de ce débat sympathique et fort interessant. Bise. Emilie. Bon wek end

Et laisse moi quand même plaindre les gens qui restent si terriblement seuls après la perte d'une personne chère, tout comme je me suis plainte du vide incommensurable que m'ont laissé mes chers disparus. Ceci est indéniable.

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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Jeu 27 Jan - 19:21

Emilie a écrit:
Si tu penses que nos disparus revivent dans ceux qui les ont aimés (je cite ta phrase): c'est que quelque part ils "revivent.....".??????? Donc quelque chose d'eux reste.
Quant à l'âme et le corps : ils meurent ensemble, se détachent? Il est permis à chacun de croire ce qu'il veut, afin de vivre "au mieux", la terrible séparation. (pardonne cette expression). Tu peux la remplacer par "pouvoir vivre" après cette terrible séparation.
Et ce qui vit en toi, est-ce le souvenir? Une partie d'eux?

Bien entendu, j'ai encore trop tendance à employer des tournures de phrases poétiques ; car même si je m'interesse et que je lis beaucoup de philosophie, je suis plus poète que philosophe...
Pour ce qui est du souvenir - car c'est bien de cela qu'il s'agit et pas d'autre chose - il ne s'agit pas d'une chose figée, mais ce que les personnes nous ont apportées, qu'elles soient mortes ou simplement sorties de notre vie (ce qui est souvent similaire), il faut généralement longtemps pour en prendre conscience, et cette conscience vient progressivement. On ne possède pas un souvenir complet comme on possède une photographie, c'est un ensemble d'expériences communes, de sensations apportées, qui ont en partie forgées notre personnalité. C'est dans ce cadre que je pense que le défunt "vit encore à travers nous". D'ailleurs nous n'avons que peu d'accès à ce que la personne était réellement, la seule chose que nous possédions est ce à quoi nous avons eu accès, le tout modifié par les sentiments à son égard. Ainsi les personnes que nous avons aimées seront souvent dans notre souvenir plus "beaux" qu'ils ne l'étaient vraiment et souvent même leurs défauts se muent en qualités indéniables. La mémoire nous laisse un portrait altéré, déformé par nos sens, de toute personne et de toute chose, l'objectivité n'est pas humaine. Et c'est d'ailleurs souvent un problème pour le philosophe qui fut résolu (faussement ?) par Platon par le recours à l'ascétisme : l'idée qu'il existe une âme pure et juste emprisonnée dans un corps corrompu qu'on peut libérer par la rigueur et l'abstraction. La religion chrétienne se calquera d'ailleurs en grande partie sur ce mode de pensée.

Emilie a écrit:
Ma conclusion: je parle de philosophie, ce qui veut dire que tous mes récits sont de ce point de vue là. Pour ce qui est de croire ou de ne pas croire est d'un point de vue religieux. pourtant la croyance religieuse ne dispense pas d'un souci de compréhension et c'est peut-être là le sujet qui permet d'expliquer mutuellement d'autres points de vue.

La philosophie est indissociable de la religion. Certainement parce que la religion, pour exister, doit s'appuyer sur une philosophie. Il se trouve que la religion chrétienne, dominante en Europe, s'appuie sur Platon et Aristote. Il est clair que l'Animisme des indiens d'amérique ou des tribus africaines était très éloigné de ces modes de pensée. Bien qu'étant athée, j'ai toujours respecté la croyance sincère, celle qui pousse à se poser des questions sur les fondements de l'homme - et je respecte les croyances dans l'ascétisme, même si je ne les partage pas. Ce que je déteste c'est le recours au dogme par simple habitude ou fainéantise ; la croyance sincère c'est aussi savoir remettre en question sa croyance, ne pas se bander les yeux et rejeter toute contradiction, on en ressort souvent plus forts. La question de la religion est un débat fervent parmi les philosophes depuis Nietszche, mais c'est un autre débat que celui qui nous intéresse.

Emilie a écrit:
Et laisse moi quand même plaindre les gens qui restent si terriblement seuls après la perte d'une personne chère, tout comme je me suis plainte du vide incommensurable que m'ont laissé mes chers disparus. Ceci est indéniable.

Oui, on peut les plaindre, mais souvent le choc que provoque la mort d'un proche est qu'il nous renvoie à notre propre mortalité comme tu l'as souligné dans tous tes posts (auxquels je n'ai rien à redire d'ailleurs dans la mesure où je les trouve limpides et sans équivoque) par rapport à une simple absence. Toute chose unique perdue nous manque, et chaque personne est unique. Mais tout cela ne doit pas devenir une excuse pour ne pas aller de l'avant et se complaire dans ses souvenirs. Si la croyance en un paradis où tout le monde se retrouve permet d'accepter la réalité de la mort et pousser vers l'avant alors ça n'est pas une mauvaise croyance ; mais on peut aussi ne pas y croire - comme moi - et supporter le deuil. Tout est une question de point de vue.
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Emilie
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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Ven 28 Jan - 5:29

Merci Quire. J'ai lu ton écrit avec attention et respect. Je te souhaite un excellent wek end. Ici en wallonie le ciel est blanc. Il fait froid...Bise. Emilie. sud--fgb

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MessageSujet: Re: La mort point de vue philosophique   Ven 28 Jan - 6:00

Bon week-end à toi aussi. Ici à Paris il faisait froid (enfin -2, -3°C) jusqu'à ce matin où la température s'est réchauffée avec l'augmentation de l'humidité.

A bientot
JEREMY ~ Quire
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