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 5 blasons de Maurice Scève

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Guy Rancourt
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MessageSujet: Re: 5 blasons de Maurice Scève   Ven 17 Nov - 0:13

CES 5 BLASONS NE SONT PAS DE MOI, MAIS BIEN DE CET ÉCRIVAIN DU 16 ÈME SIÈCLE!
JE RELIS DEPUIS QUELQUES TEMPS CERTAINS ÉCRIVAINS DU 16 ÈME, SURTOUT CEUX DE L'ÉCOLE LYONNAISE (LOUISE LABÉ, SCÈVE, PERNETTE du GUILLET, ETC....
J'ANNEXE UNE BIOGRAPHIE DE MAURICE SCÈVE QUE L'ON CONNAÎT SURTOUT POUR SON RECUEIL "DÉLIE" ...CE SONT EUX QUI M'INSPIRENT POUR ÉCRIRE MA VINGTAINE DE BLASONS...


Maurice Scève, représentant le plus illustre de l'école lyonnaise, est né à Lyon, entre 1500 et 1505, dans une famille bourgeoise qui joue un rôle honorable dans la vie de la cité.
Son existence reste mal connue. Il reçoit une solide formation intellectuelle. Peut-être devient-il docteur en droit.
Vers 1530, il est en Avignon attaché au vicaire de l'Archevêque. En 1533, il prend part aux recherches qui tentent de retrouver le tombeau de la mythique Laure, la dame que Pétrarque avait aimée et chantée dans son Canzoniere, morte en Avignon lors de la peste de 1348. Il y découvre un sonnet qu'il attribue à Pétrarque. Cette trouvaille lui vaut la célébrité, et les félicitations du roi François Ier, lui même grand amateur de poésie pétrarquiste.
De retour à Lyon, Scève fréquente les cercles cultivés et connaît les milieux néo-latins où s'épanouisse le sodalitium lugdunense.
En 1535, Scève fait la connaissance d'Étienne Dolet et lui donne à imprimer son premier ouvrage, La Déplorable Fin de Flamete (1535-1536), traduction d'un roman espagnol de Juan de Flores, inspiré du Fiammetta de Boccace. Ce travail révèle déjà l'intérêt que Scève porte au renouveau de la langue littéraire.
En 1536, en exil à Ferrare, Marot lance, avec son épigramme du Beau Tétin, une mode et un concours dont s'engouent les poètes lyonnais. Scève participe à ce concours des blasons lancé par Marot. Il compose alors cinq blasons (Le Sourcil, La Larme, Le Front, La Gorge, Le Soupir) et c'est lui qui remporte la palme décernée par la Duchesse de Ferrare, Renée de France, pour son Blason du Sourcil.
C'est un poète déjà renommé qui, la même année, participe au tombeau bilingue du Dauphin de France, le fils préféré de François Ier, mort en 1536, avec une Églogue sur le trespas de Monseigneur le Dauphin qui s'intitule Arion et donne quelques épigrammes latines et française au Recueil de vers latins et vulgaires de plusieurs poètes français publié par Étienne Dolet pour la mort du dauphin François.
1536 semble être aussi l'année de la rencontre avec Pernette du Guillet, poétesse lyonnaise, en qui on s'accorde à reconnaître Délie. Pernette, dans ses vers, fait allusion à Scève, mais la réciproque n'est pas vraie. La Liaison fut, semble-t-il, platonique. «Délie, objet de plus haute vertu», long poème à la structure complexe dédié à Pétrarque, où Scève chante la femme aimée (son inspiratrice est Pernette du Guillet), paraît en 1544 (2e éd., 1562). Très influencée par les canzoniere italiens, cette oeuvre reste toutefois très personnelle et apparaît comme un grand poème de l'absence. L'intérêt de la poésie de Scève réside dans l'originalité du langage : poésie allusive, suggestive usant de l'ellipse et d'ambiguïtés, et souvent considérée comme hermétique pour ces raisons.
La Délie est le premier cycle amoureux de la Renaissance française. On trouve, certes, chez Marot et chez des poètes néo-latins tels que Salmon Macrin, Nicolas Bourbon et Jean Visagier comme l'ébauche du genre, et Jean de Boysonné a composé un cycle de poésies amoureuses. Mais, c'est Scève qui, à l'instar de Pétrarque et de ses émules, a créé un ouvrage capable de rivaliser avec les poètes de la péninsule.
Figure de premier plan dans la vie culturelle lyonnaise et chef de file du cénacle d'érudits (Barthélémy Aneau, Pierre Tolet,…) qui travaillent alors à promouvoir de nouvelles exigences poétiques, mais aussi membre d'une des riches familles qui se partagent les charges officielles de la ville, Maurice Scève est le principal organisateur des fêtes données en 1539 et 1540 lors du passage de François Ier à Lyon.
Désormais admiré comme le maître des poètes lyonnais, Scève entrecoupe sa vie publique de longues retraites à la campagne. À la mort de Pernette du Guillet, en 1545, Scève lui rend un dernier hommage en faisant publier, avec une épitaphe de sa main, les Rymes de gentile et vertueuse dame Pernette Du Guillet.
Il compose, en 1547, la Saulsaye, genre pastoral, églogue de la vie solitaire nourrie de cette inspiration champêtre et méditative influencée en partie de Sannazaro. Scève nous y présente deux interlocuteurs, dont l'un défend les attraits de la vie urbaine, sociale, et l'autre fait l'éloge de la vie champêtre et solitaire. Ce faisant il reprend à son compte le lieu commun de l'opposition rus/urbs dans le cadre de l'églogue; mais l'éloge de la solitude et l'évocation de la nature mettent en lumière l'originalité du poète, et l'on peut à juste titre voir dans ce poème un maillon important dans la chaîne du genre pastoral à l'époque de la Renaissance.
Dès l'année suivante, poète officiel, il fut rappelé pour organiser les festivités somptueuses de l'entrée royale du roi Henri II à Lyon en 1548.
La fin de sa vie reste mystérieuse.
Il donne encore à la vie intellectuelle et poétique, et en 1555, on trouve encore son nom, aux côtés de ceux d'Olivier de Magny et de Jean-Antoine de Baïf, dans un recueil d'hommage collectif à Louise Labé, Escriz de divers poètes a la louenge de Louize Labé, Lionnoize.
Ensuite, on ne sait plus grand chose de lui, si ce n'est qu'il élabore un dernier texte, un grand poème cosmologique, Microcosme, paru chez Tournes à Lyon en 1562 (mais des indications assez sûres laissent penser que le texte fut rédigé en 1559).
Comme les autres ouvrages de Scève, ce poème a été publié sans nom d'auteur, mais personne n'a jamais douté qu'il fût de lui.
Cette oeuvre s'inscrit dans la tradition seizièmiste de la poésie scientifique.
Ce poème se divise en trois livres de mille vers chacun et se clôt par un tercet; il chante les réalisations de l'homme au cours des siècles et met l'accent sur la dignitas hominis, l'un des thèmes favoris de la Renaissance; il s'y mêlent les influences de différents courants intellectuels, depuis les idées d'un Moyen Âge finissant jusqu'à la tradition encyclopédique de la Renaissance.
Publié à titre posthume, la Délie et le Microcosme valent à Scève une place assurée au panthéon poétique.
Mais, Scève tombe très vite dans l'oubli, bien que les auteurs de la Pléiade aient vu en lui un maître; on redécouvre aujourd'hui son oeuvre, qui avec le recul dont peut bénéficier un lecteur du XXe siècle et prise dans sa totalité, apparaît comme un exemple frappant de l'originalité poétique de la Renaissance.



J'annexe trois poèmes tirés de "Délie" :




En toi je vis, où que tu sois absente


En toi je vis, où que tu sois absente :
En moi je meurs, où que soye présent.
Tant loin sois-tu, toujours tu es présente :
Pour près que soye, encore suis-je absent.

Et si nature outragée se sent
De me voir vivre en toi trop plus qu'en moi :
Le haut pouvoir qui, oeuvrant sans émoi,
Infuse l'âme en ce mien corps passible,
La prévoyant sans son essence en soi,
En toi l'étend comme en son plus possible.


Au moins toi, claire et heureuse fontaine


Au moins toi, claire et heureuse fontaine,
Et vous, ô eaux fraîches et argentines,
Quand celle en vous - de tout vice lointaine -
Se vient laver ses deux mains ivoirines,
Ses deux soleils, ses lèvres corallines,
De Dieu créées pour ce monde honorer,
Devriez garder pour plus vous décorer
L'image d'elle en vos liqueurs profondes.
Car plus souvent je viendrais adorer
Le saint miroir de vos sacrées ondes.


Sur la fontaine de Vaucluse
(près laquelle, jadis, habita Pétrarque)


Quiconques voit de la Sorgue profonde
L'étrange lieu, et plus étrange source,
La dit soudain grand merveille du monde,
Tant pour ses eaux que pour sa raide course.
Je tiens le lieu fort admirable, pour ce
Qu'on voit tant d'eaux d'un seul pertuis sortir,
Et en longs bras divers se départir ;
Mais encor plus, du gouffre qui bruit là,
Qu'oncques ne peut éteindre et amortir
Le feu d'amours qui Pétrarque brûla.
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Gi
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MessageSujet: Re: 5 blasons de Maurice Scève   Ven 17 Nov - 0:01

1536, où as-tu trouvé cela ?
C'est lui qui t'a inspiré ?

Merci.

Gi
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http://www.liensutiles.org/gvilleneuve.htm
Guy Rancourt
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MessageSujet: 5 blasons de Maurice Scève   Jeu 16 Nov - 15:24

Voici les 5 blasons de Maurice Scève :

La gorge

Le haut plasmateur de ce corps admirable,
L’ayant formé en membres variable,
Mit la beauté en lieu plus éminent,
Mais, pour non clore icelle incontinent
Ou finir toute en si petite espace,
Continua la beauté de la face
Par une gorge ivoirine et très blanche,
Ronde et unie en forme d’une branche,
Ou d’un pilier qui soutient ce spectacle,
Qui est d’amour le très-certain oracle,
Là où j’ai fait par grand’dévotion
Maint sacrifice, et mainte oblation
De ce mien cœur, qui ard sur son autel
En feu qui est à jamais immortel :
Lequel j’arouse et asperge de pleurs
Pour eau benoîte, et pour roses et fleurs
Je vais semant gémissements et plaints,
De chants mortels environnés et pleins :
En lieu d’encens, de soupirs perfumés,
Chauds et ardents pour en être allumés :
Doncques, ô Gorge en qui gît ma pensée,
Dès le menton justement commencée,
Tu t’élargis en un blanc estomac,
Qu’est l’échiquier qui fait échec et mat
Non seulement les hommes, mais les Dieux,
Qui dessus toi jouent de leurs beaux yeux.
Gorge qui sers à ma dame d’écu,
Par qui amour plusieurs fois fut vaincu :
Car onc ne sut tirer tant fort et roide
Qu’il ait mué de sa volonté froide :
Pour non pouvoir pénétrer jusque au cœur
Qui lui résiste et demeure vainqueur.
Gorge de qui amour fit un pupitre,
Où plusieurs fois Vénus chante l’épître,
Qui les amants échauffe à grand désir
De parvenir au souhaité plaisir :
Gorge qui est un armaire sacré
À chasteté déesse consacré,
Dedans lequel la pensée publique
De ma maîtresse est close pour relique.
Gorge qui peut divertir la sentence
Des juges pleins d’assurée constance,
Jusqu’à ployer leur sévère doctrine,
Lorsque Phirnès découvrit sa poitrine.
Reliquiaire, et lieu très-précieux,
En qui Amour, ce Dieu saint, glorieux,
Révéremment et dignement repose :
Lequel souvent baisasse, mais je n’ose,
Me connaissant indigne d’approcher
Chose tant sainte, et moins de la toucher :
Mais me suffit que de loin je contemple
Si grand’beauté, qu’est félicité ample.
Ô belle Gorge, Ô précieuse image
Devant laquelle ai mis pour témoignage
De mes travaux cette dépouille mienne,
Qui me resta depuis ma plaie ancienne :
Et devant toi pendue demourra
Jusques à tant que ma dame mourra.
(Maurice Scève, 1536)


La larme


Larme argentine, humide et distillante
Des beaux yeux clairs, descendant coye et lente
Dessus la face, et de là dans les seins,
Lieux prohibés comme sacrés et saints.
Larme qui est une petite perle
Ronde d’en bas, d’en haut menue et grêle
En aiguisant sa queue un peu tortue
Pour démontrer qu’elle lors s’évertue
Quand par ardeur de deuil, ou de pitié
Elle nous montre en soi quelque amitié,
Car quand le cœur ne se peut décharger
Du deuil qu’il a pour le tôt soulager
Elle est contente issir hors de son centre,
Où en son lieu joie après douleur entre.
Larme qui peut ire, courroux, dédain,
Pacifier et mitiguer soudain,
Et amollir le cœur des inhumains,
Ce que ne peut faire force de mains.
Humeur piteuse, humble, douce et bénigne,
De qui le nom tant excellent et digne
Ne se devrait qu’en honneur proférer,
Vu que la mort elle peut différer,
Et prolonger le terme de la vie,
Comme l’on dit au livre d’Isaïe.
Ô liqueur sainte, ô petite larmette,
Digne qu’aux cieux – au plus haut – on te mette,
Qui l’homme à Dieu peut réconcilier,
Quand il se veut par toi humilier.
Larme qui apaise et adoucit les dieux,
Voire éblouit et baigne leurs beaux yeux
Ayant povoir encor sus plus grand-chose,
Et si ne peut la flamme en mon cœur close
Diminuer, et tant soit peu éteindre :
Et toutefois elle pourrait bien teindre
La joue blanche et vermeille de celle
Qui son vouloir jusques ici me cèle.
Ô larme épaisse ou compagne secrète
Qui sais assez comment amour me traite
Sors de mes yeux, non pas à grands pleins seaux,
Mais bien descends à gros bruyants ruisseaux,
Et tellement excite ton povoir
Que par pitié tu puisses émouvoir
Celle qui n’a commisération
De ma tant grande et longue passion.

(Maurice Scève, 1536)


Le front

Front large et haut, front patent et ouvert,
Plat et uni, des beaux cheveux couvert :
Front qui est clair et serein firmament
Du petit monde, et par son mouvement
Est gouverné le demeurant du corps :
Et à son vueil sont les membres concors :
Lequel je vois être troublé par nues,
Multipliant ses rides très-menues,
Et du côté qui se présente à l’oeil
Semble que là se lève le soleil.
Front élevé sur cette sphère ronde,
Où tout engin et tout savoir abonde.
Front révéré, Front qui le corps surmonte
Comme celui qui ne craint rien, fors honte.
Front apparent, afin qu'on pût mieux lire
Les lois qu'amour voulut en lui écrire,
Ô front, tu es une table d'attente
Où ma vie est, et ma mort très-patente!

Maurice Scève, 1536.


Le soupir


Quand je contemple à part moi la beauté
Qui cèle en soi si grande cruauté,
Je ne puis lors bonnement non me plaindre,
Et par soupirs accumulés éteindre
Ce peu de vie, et presque tirer hors
L’âme gisant en ce malheureux corps,
Comme par ceux qui du centre procèdent,
Où mes torments tous autres maux excèdent,
Donc, ô Soupirs, vous savez mes secrets,
Et découvrez mes douloureux regrets,
Quand vous sortez sanglantissants du cœur
Jusque à la bouche éteinte par langueur :
Où allez-vous, Soupirs, quand vous sortez
Si vainement quand rien ne rapportez
Fors un désir de toujours soupirer,
Dont le poumon ne peut plus respirer?
Soupirs épars, qui tant épais se hâtent
Que pour sortir en la bouche ils se battent,
Ne plus ne moins, qu’en étroite fornaise
L’on voit la flamme issir mal à son aise.
Soupirs soudains et vistes et légers,
Soupirs qui sont déloyaux messagers.
Ha! qu’ai-je dit? déloyaux, mais fidèles,
S’entretenant par distinctes cordelles,
À celle fin que point ne m’abandonnent :
Et que toujours soulagement me donnent.
Soupirs menus qui êtes ma maignie,
Et me tenez loyale compaignie
Les longues nuits, au lit de mes douleurs
Qui est coupable, et recéleur de pleurs,
Lesquels je mêle avec très-piteux plaints,
Lors qu’à vous seuls tristement je me plains.
Soupirs secrets servant de procureur
Quand, pour juger ignorance ou erreur,
Ils vont pour moi vers celle comparaître
Où je ne puis – au moins à présence – être.
Que dira l’on de vous, soupirs épais,
Qui ne povez dehors sortir en paix,
Levant aux cieux votre longue traînée?
Alors qu’on voit fumer la cheminée,
L’on peut juger par signes évidents
Qu’il y a feu qui couvre là-dedans;
Et quand souvent je sangloutte, et soupire,
Que dans mon corps le feu croît et empire.
Soupirs qui sont le souef et doux vent,
Qui vont la flamme en mon cœur émouvant.
Ô toi, Soupir, seul soulas de ma vie,
Qui sors du sein de ma doucette amie,
Dis-moi que fait ce mien cœur trop osé :
Je crois qu’il s’est en tel lieu composé
Qu’amour piteux si haut bien lui procure
Qu’il n’aura plus de moi souci ne cure.

(Maurice Scève, 1536)


Le sourcil

Sourcil tractif en voûte fléchissant
Trop plus qu'ébène, ou jayet noircissant.
Haut forjeté pour ombrager les yeux,
Quand ils font signe ou de mort, ou de mieux.
Sourcil qui rend peureux les plus hardis,
Et courageux les plus accouardis.
Sourcil qui fait l'air clair obscur soudain,
Quand il froncit par ire, ou par dédain,
Et puis le rend serein, clair et joyeux
Quand il est doux, plaisant et gracieux.
Sourcil qui chasse et provoque les nues
Selon que sont ses archées tenues.
Sourcil assis au lieu haut pour enseigne,
Par qui le cœur son vouloir nous enseigne,
Nous découvrant sa profonde pensée,
Ou soit de paix, ou de guerre offensée.
Sourcil, non pas sourcil, mais un sous-ciel
Qui est le dixième et superficiel,
Où l'on peut voir deux étoiles ardentes,
Lesquelles sont de son arc dépendantes,
Étincelant plus souvent et plus clair
Qu'en été chaud un bien soudain éclair.
Sourcil qui fait mon espoir prospérer,
Et tout à coup me fait désespérer.
Sourcil sur qui amour prit le pourtrait
Et le patron de son arc, qui attrait
Hommes et Dieux à son obéissance,
Par triste mort et douce jouissance.
Ô sourcil brun, sous tes noires ténèbres
J'ensevelis en désirs trop funèbres
Ma liberté et ma dolente vie,
Qui doucement par toi me fut ravie.

(Maurice Scève, 1536)
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