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 Fin de l'autobiographie de Descartes

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Emilie
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MessageSujet: Fin de l'autobiographie de Descartes   Mer 31 Aoû - 10:33

Si Descartes se fixa en Hollande, ce ne fut pas seulement parce qu'il cherchait le calme et que — comme il disait — il pouvait mieux philosopher dans un climat plus froid. L'espérance d'y trouver une plus grande liberté pour ses recherches y fut aussi pour quelque chose. Le mouvement réactionnaire qui fit monter Bruno sur le bûcher et soumit l'âme de Galilée à la torture, avait gagné la France. Quelques jeunes savants ayant voulu en 1624 dans une conférence publique soutenir la théorie des atomes contre la physique d'Aristote, la faculté de théologie déclara hérétique la doctrine qui fait tout consister en atomes, car elle est contraire au dogme catholique de la Cène. La conférence fut interdite au dernier moment, alors qu'il y avait déjà un millier de spectateurs environ venus pour y assister. Les auteurs furent arrêtés et expulsés de la ville. Et le 6 septembre 1624 le Parlement défendit — sous peine de mort! — de poser des principes contraires au témoignage des auteurs anciens, et de faire des conférences non autorisées par la faculté de théologie! — Cela était bien fait pour rendre l'air de Paris peu supportable pour un philosophe! En Hollande, il pouvait espérer trouver une atmosphère plus libre. Outre les spéculations purement philosophiques, Descartes se livrait dans sa nouvelle résidence à l'étude des sciences de la nature et il rédigea un ouvrage qui devait s'appeler Le monde, où il se proposait d'exposer comment le monde s'est développé et édifié, conformément à des lois purement mécaniques. Il se figurait que Dieu a créé la matière sous forme de chaos et qu'il l'a ensuite organisée d'après les lois qu'il respecte maintenant encore dans la conservation du monde. De cette façon il conciliait la foi au dogme de la création avec l'idée d'un développement accompli selon des lois naturelles, que l'on peut encore, démontrer maintenant. L'application de ces lois à la formation de notre système du monde fait de lui le devancier de Kant et de Laplace. Mais alors vint la nouvelle que Galilée était condamné et que le collège inquisitorial avait réprouvé la théorie de Copernic, supposée par Descartes dans son hypothèse et l'ouvrage fut abandonné. Il ne veut rien enseigner, écrit-i1 à son ami, le P. Mersenne, qui.soit contraire à la foi de l'Église, et au surplus, sa devise est: heureux qui vit caché (bene vixit, qui bene latuit); il désire avant tout avoir la paix et éviter la crainte et les désagréments; aussi, étant donné l'état de choses présent, veut-il se borner à étudier pour lui seul. — La belle devise de Descartes eut ainsi une vilaine application et l'on a dit avec raison que cette affaire était une tache pour son caractère. On voit à ses lettres qu'il était absolument d'accord avec les résultats de Galilée. Et bien qu'on ait tout lieu de croire que Descartes ait été un catholique sincère, on ne peut guère mettre en doute que la crainte, et encore plus peut-être le besoin de repos, lui aient surtout dicté sa retenue. Il exposa plus tard (dans les Principia philosophiœ) sa théorie de la genèse du monde — sous une forme déguisée, il est vrai. Comme dit son premier biographe, il jeta de la poudre aux yeux de l'Inquisition.

Descartes n'avait encore rien confié à la presse. Ses idées sur la philosophie et la science de la nature étaient cependant connues dans des cercles assez étendus, soit à Paris, soit en Hollande. La philosophie cartésienne — ainsi qu'on a dit avec raison — a été enseignée avant d'être étudiée dans les livres. Plusieurs de ses disciples l'exposèrent dans les universités de Hollande. Elle provoqua des luttes violentes qui attirèrent à son auteur bien des querelles. Ce n'est qu'en 1637 que, sur les instances énergiques de ses amis, il laissa-publier quatre traités (Essays philosophiques, Leyde 1637) qui devaient donner des exemples caractéristiques de son investigation et de ses résultats. Dans le premier traité (Discours de la méthode), le seul qui ait une signification purement philosophique, il donne l'histoire de ses idées et les traits fondamentaux d'une théorie de la connaissance et d'une métaphysique nouvelles. Dans le deuxième et le troisième traités (Dioptrique, Météores) il donne l'exemple d'une explication rigoureusement mécanique de la nature, et dans le quatrième (Géométrie) il fonde la géométrie analytique. Il donna l'exposé complet de sa philosophie quelques années plus tard dans les Méditations (1640) et dans les Principia philosophiae (1644). Il avait envoyé les Méditations en copies à plusieurs penseurs contemporains, par exemple à Antoine Arnauld, le célèbre Janséniste, à Gassendi, à Hobbes, et leurs objections furent imprimées en supplément dans l'ouvrage proprement dit avec les réponses de Descartes, ce qui lui confère un caractère de dialogue intéressant. La discussion avec Gassendi se continua assez longtemps et prit un ton passablement aigre. L'opposition de Gassendi et de Hobbes était purement philosophique et pour cette raison toujours instructive; mais la nouvelle philosophie se heurta pour de tout autres raisons à une résistance de la part des Jésuites et du protestantisme orthodoxe. À Utrecht, à Groningue et à Leyde se livrèrent de violents combats, car les théologiens tenaient à la philosophie scolastique comme à un rempart de la foi. Enfin une interdiction des idées nouvelles fut rendue. Les Hollandais, dit Descartes dans une lettre, font plus de cas de la barbe, de la voix et de la mine des théologiens que de leur honnêteté. Il croyait les théologiens protestants pires que les catholiques. Il se trouvait entre deux feux. Les théologiens protestants l'accusaient de scepticisme, d'athéisme; ils disaient qu'il dissolvait les Universités, l'Église et l'État, ils condamnaient en outre sa philosophie comme papiste; et les théologiens catholiques l'accusaient non seulement d'opinions hérétiques, par exemple de croire au mouvement de la terre (ce qu'il avait essayé de cacher), mais encore de pencher vers le protestantisme et de prendre part au culte protestant.

Le dernier ouvrage de Descartes qui parut de son vivant, est l'intéressant traité des émotions (Les passions de l'âme, 1649). La naissance de ce traité est due à la princesse palatine Elisabeth (fille de Frédéric du Palatinat, le malheureux roi de Bohème), avec laquelle il entretenait une active correspondance. Il développait ses idées éthiques dans les lettres qu'il lui adressait. Il entama aussi une correspondance avec une autre princesse de talent, la reine Christine de Suède. Sur l'invitation de Christine il alla à . Stockholm pour l'initier personnellement à sa philosophie. Ce séjour «au pays des ours, des glaces et des rochers» (comme il dit dans une lettre) ainsi que la vie de cour fut préjudiciable à sa santé. Un an après son arrivée il contracta une maladie qui entraîna sa mort (1650).

Les traits principaux du caractère de Descartes ressortent nettement de sa vie. L'amour de l'étude et de la réflexion, auquel il fut fidèle toute sa vie et qui, lorsque des idées nouvelles illuminaient son esprit, pouvait parfois s'élever jusqu'à la ferveur et à l'enthousiasme, tel était le plus important et le plus beau trait de sa nature. Une situation favorisée et indépendante lui permit d'exécuter le plan qu'il avait tracé de sa vie et qui visait surtout à conserver pour l'amour de l'étude le calme et l'égalité de l'esprit. Il ne manquait pas de courage, et il le prouva dans ses voyages; mais il montrait trop de timidité et de déférence envers les autorités. Le trait le plus désagréable de son caractère, c'était son impuissance à reconnaître les mérites d'autrui. Il sentait hautement la nouveauté de sa conception et il protestait énergiquement qu'il n'avait rien appris de ses devanciers. Il prétendait même que les opinions qu'il partageait avec eux, étaient fondées par lui d'une façon toute différente. Il cite Platon, Aristote, Epicure, et parmi les modernes, Telesio, Campanella, Bruno comme les auteurs qu'il connaît, mais dont il n'a rien appris — en dépit de toute concordance — vu que, dit-il, ses principes sont tout autres. Il prétend n'avoir appris quelque chose que de Kepler seul; la conception mécanique de la nature du savant allemand, et le relief qu'il donne à l'importance de la notion de quantité, ainsi que sa découverte partielle de la loi d'inertie, exercèrent notamment une grande influence sur la physique de Descartes, Mais ce trait tient aussi à sa complète absorption dans sa propre pensée. Ce qui le caractérise surtout comme, penseur, c'est la facultéde la distinction nette, la réduction claire à des points de vue simples. Par là il fit œuvre d'importance durable, mit définitivement fin à l'arbitraire et à la fantaisie dans la méthode. S'il commet des fautes en pensant,.il est en tout cas facile de voir où est la faute. Où il est le plus heureux, c'est dans ses élans, dans l'analyse s'élevant aux principes, bien qu'il ait visé à une construction embrassant le système tout entier de notre savoir. C'est un penseur dogmatique par son passage trop brusque de l'analyse à la construction; toutefois il avait conscience, à un plus haut degré que l'on n'a cru, du caractère hypothétique de ses idées. Bien que la connaissance ait été ce qu'il y avait de plus développé en lui, sa correspondance témoigne de la vivacité et de la profondeur de son sentiment.»

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MessageSujet: Re: Fin de l'autobiographie de Descartes   Jeu 8 Sep - 23:14

Em

il devait y avoir du bon puisque cette théorie tient encore et qu'on l'enseigne.

bisous ma belle amie.

Gi

p.s. : Ta fille a-t-elle reçu ce que tu m'as demandé de lui faire ? Je n'ai pas eu de réponses.

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Emilie
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MessageSujet: Re: Fin de l'autobiographie de Descartes   Ven 9 Sep - 8:37

Oui ma Gi, je pense qu'elle a reçu mais elle ne m'en a pas parlé. Il est vrai qu'elle fait des heures pas possible à l'hopital et je ne la vois guère sur internet mais je lui demanderai qu'elle s'attarde un peu plus sur ses messages. En tout cas c'était encore très beau et je te remercie du fond du coeur. Je te fais plein de gros bisous pour ta gentillesse. Em.

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MessageSujet: Re: Fin de l'autobiographie de Descartes   Sam 10 Sep - 3:12

Vois-tu ce soir j'ai reçu dans ma boite aux lettres le poème de ta fille avec un texte en plus... C'est une québecoise qui me l'a fait parvenir. J'en suis presque tombée en bas de ma chaise.

Il y a 20 petits anges, 10 font la sieste sur leur nuage et 9 jouent
ensemble et 1 petit tout doux est entrain de lire ce message, je t'adore.
Envoi ce message à 10 personnes que tu aimes à moi aussi si j'en fait partie.
Si 5 te reviennent en retour, demain une personne que tu aimes bcp te fera une surprise.

Bisous de Gi

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