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 Suite de Spinoza (2)

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Emilie
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MessageSujet: Suite de Spinoza (2)   Lun 13 Juin - 10:47

Spinoza est le penseur central du XVIIe siècle. Tous les fils de la pensée convergent en lui: mysticisme et naturalisme, intérêt théorique et intérêt pratique, qui chez les autres penseurs du siècle forment une opposition plus ou moins grande entre eux et — là où ils se présentent dans la même personnalité — produisent une dissension intestine, voilà ce qu'il cherche à développer logiquement jusqu'au bout, et la conciliationde ces divers éléments est du même coup trouvée grâce à ce développement logique extrême. Alors que tant de penseurs ne savent réunir les fils de la pensée qu'en les coupant chacun à part pour les renouer d'une façon extérieure, ce qu'il y a de sublime dans la pensée de Spinoza vient de et qu'elle se refuse à élever des barrières arbitraires; elle se fie à l'harmonie des divers ordres d'idées fondée par leur essence la plus intime. Par le travail silencieux de sa pensée auquel il employa sa vie, il chercha à faire une œuvre capable d'admettre la nouvelle conception du monde et la science nouvelle, et d'en tirer toutes les conséquences, tout en aflirmant la réalité et l'autonomie de l'élément spirituel, œuvre où la diversité et l'individualité des phénomènes pouvaient être pleinement reconnues, tandis que dans l'unité, dans l'ordre universel qui embrasse tout, il voyait la force qui au fond supporte tout et qui est active en tout. Et cette œuvre n'était pas pour lui un travail purement théorique; c'était pour lui la satisfaction d'un besoin personnel de clarté et d'intelligence de soi-même, et elle lui procura l'heureux fond d'humeur qu'il acquit en se tirant par son propre effort de l'inquiétude et des ténèbres de l'existence pour s'élever à l'intelligence des lois éternelles. C'est ce qui fait de son chef-d'œuvre (l'Éthique) une œuvre d'art, et non pas une simple œuvre spéculative. On en a justement comparé les cinq livres à un drame en cinq actes. Cette comparaison peut se pousser dans le détail. Dans le livre premier, il donne les propositions les plus générales qui déroulent aux yeux un arrière-plan vaste, infini de lavie humaine. Dans le livre deuxième, il insère une série de propositions préparatoires, empruntées à la science de la nature, au moyen desquelles il établit la conception rigoureusement mécanique de la nature; puis suit un examen de la connaissance humaine. La dernière partie du deuxième livre présente une conclusion provisoire, et, d'après une conjecture qui n'est pas dénuée de fondement, les deux premiers livres formaient primitivement un tout indépendant. La perspective apparaît d'atteindre le but que Spinoza s'était fixé, la connaissance des rapports de notre esprit avec la nature tout entière. Dans cette connaissance il voyait (d'après un fragment autobiographique) le seul bien étroitement lié à sa personnalité, celui que les circonstances extérieures ne pouvaient lui ravir. Mais ce qui l'empêche de donnerune conclusion aussi prématurée à son drame, c'est un nuage qui apparaît à l'horizon: la vraie connaissance est , déçue non seulement par le vide de la pensée et par de fausses associations d'idées, mais encore et surtout par les sentiments et par les passions qui nous bouleversent. Voilà une résistance nouvelle et sérieuse à vaincre, et pour la vaincre, il faut avant tout la connaître. Spinoza donne alors dans le livre troisième une magistrale histoire naturelle des sentiments. Il montre les rapports des sentiments avec la tendance à la conservation de soi, et; comment ils se transforment sous l'influence des idées. Son effort capital, c'est de trouver dans le domaine de l'esprit comme dans celui de la matière un solide enchainement causal. Il cherche la loi de la poussée des vagues qui nous assaillent de tous côtés. C'est dans cette loi qu'il voit le salut.

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Gi
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MessageSujet: Re: Suite de Spinoza (2)   Ven 8 Juil - 3:57

je connaissais pas ce mec, même de nom il me semble...

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