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 Schopenhauer suite

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Emilie
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Date d'inscription : 26/12/2004

MessageSujet: Schopenhauer suite   Sam 19 Mar - 10:25

De 1805 à 1814: Le choix de la formation universitaire.
1805 : Fidèle à la promesse faite à son père,Arthur rentre, sans enthousiasme, enapprentissage commercial à Hambourg chez Jenisch, négociant en gros. "Il n'y avait pas de commerçant plus mauvais que moi." dira-t-il. Cette situation le rend "agressif et désagréable aux autres". Cette agressivité se manifeste à l'encontre de son père qui voudrait faire de son fils un marchand respectable. Il suit en cachette les cours de phrénologie de Gall.
1806 :Le 20 avril, suicide (?) de son père, qui tombe de son grenier. On s'explique mal l'accident. Arthur semble l'attribuer à un suicide. En effet, Floris Schopenhauer traversait une période de dépression particulièrement grave (angoisse, tristesse, etc.). Arthur en fait porter la responsabilité à sa mère: "Lorsque mon propre père était cloué dans un fauteuil de malade, infirme et misérable, il eût été abandonné à lui-même si un vieux serviteur n'avait rempli auprès de lui les devoirs de charité que madame ma mère ne remplissait pas. Madame ma mère donnait des soirées tandis qu'il s'éteignait dans la solitude et s'amusait tandis qu'il se débattait dans d'intolérables souffrances. Voilà l'amour des femmes." Attitude explicable par l'absence de sentiment que Johanna nourrissait à l'égard de son mari. D'ailleurs, dans l'un de ses romans, puisant dans sa propre biographie, elle fera la description de son mari sous les traits d'un tyran domestique ridicule. Arthur fut donc le témoin des souffrances de son père qu'il aimait et respectait et de l'indifférence haineuse de sa mère. D'aucuns diront que sa misogynie, notamment dans son "Essai sur les femmes" serait imputable à la personnalité de sa mère et parlant "des femmes", le philosophe n'aurait eu en l'esprit que Johanna, sa mère. Après la liquidation du commerce, Johanna s'installe à Weimar avec Adèle, sa fille. En octobre, début de l'amitié entre Johanna et Goethe. Johanna fonde son salon.
1807: En mai, Arthur abandonne l'apprentissage commercial avec l'appui de sa mère. Elle répond à sa lettre du 28 mars: "Je me suis réservé cette journée pour pouvoir répondre en détail à tes plaintes et à tes désirs. A moi aussi, mon cher Arthur, la chose me tient à cœur. J' ai beaucoup réfléchi et cependant je ne suis arrivée à aucun résultat satisfaisant, tant il est difficile de se mettre par la pensée dans la situation d'un autre, là surtout où il y a une différence de caractère. tu es irrésolu par nature, moi trop prompte peut-être et trop portée à choisir, entre deux issues, celle qui paraît la plus étrange. C'est ce que j'ai fait en venant m'établir à Weimar où j'étais une étrangère, au lieu de retourner, comme la plupart des femmes l'auraient fait, à ma place dans ma ville natale, où j'aurais retrouvé des parents et des amis (...). Serait-il possible que tu aies manqué ta vocation ? Il faut dans ce cas que je mette tout en oeuvre pour te sauver. Je sais ce que c'est de vivre contrairement à ses goûts. (...) Il s'agit du bonheur de ta vie et de la joie de mes vieux jours, car ce n'est que de toi et de ta sœur que je puis attendre encore une compensation pour ma jeunesse perdue." Il quitte Hambourg pour préparer son baccalauréat au lycée de Gotha. Il doit quitter le lycée à cause d'un poème satirique à l'encontre de l'un de ses professeurs. Il s'installe à Weimar, il n'habite pas chez sa mère. Études avec des professeurs particuliers.Son acharnement au travail lui fait rapidement combler son retard. Il fréquente les théâtre et la société mondaine de Weimar que recevait sa mère, notamment Wermer et Goethe. Il tombe amoureux de Caroline Jagemann, laquelle restera totalement indifférence à ses avances.
1809 :Fin des études de lycée. Il recueille l'héritage de son père. Sa mère l'administre. Le 9 octobre, il commence ses études à l'université de Göttingen.
1809-1811: Études à Göttingen. Début des études universitaires. Il y étudie les sciences de la nature. Les cours de Schulze l'orient vers la lecture de Platon et de Kant. Il reconnaît "que l'identité de ces deux grands et obscures doctrines est une pensée infiniment fécondes qui deviendra bientôt une base essentielle de ma philosophie." Il est un fervent admirateur de Kant à qui il dédiera ce poème: "Le jour où Kant disparut, il faisait un ciel si clair, / Si pur de nuages qu'on en a plus vu chez nous de pareils./ Seulement au zénith une petite vapeur mince et légère / Se leva dans l'azur du ciel. On raconte qu'un soldat, / Un passant sur le pont, l'observa longtemps et se mit à dire: / Voyez, c'est l'âme de Kant qui s'envole au ciel. / Je regardais vers toi dans le ciel bleu. / Je reste seul maintenant dans le tourbillon. / Pour me consoler, j'ai ta parole, j'ai ton livre pour me consoler/ Par toi, j'essaie d'animer pour toi la solitude / Par tes mots si pleins qui résonnent en mon âme / Car tous ceux qui m'entourent me sont étrangers./ Le monde m'est désert et la vie longue."
ll achève ses études à Berlin où il reçoit les cours de Fichte et de Schleiermacher. Les cours de Fichte sur la folie l'intéresse, et ce peut-être en raison du suicide de son père et des cas similaires dans sa famille. Mais Schopenhauer n'accepte pas le lien que le philosophe fait entre la folie et le bestial: il écrit que "ce n'est pas la folie, c'est la stupidité qui rapproche l'homme de l'animal." Très vite à l'admiration se substitue le sarcasme, dans les "Parerga & Paralipomena", il écrit: "Fichte, quand il produisait en chaire ses talents dramatiques, aimait à répéter avec un profond sérieux, une vigueur imposante et un air qui abasourdissait les étudiants: 'cela est parce que cela est, et cela est comme il est, parce que est ainsi'."
1813: Lors des guerres d'indépendance, il se réfugie à Rudolstadt en Thuringe ("détestant les choses militaires, je jouissait dans cette vallée isolée de tous côtés par des défilés de n'avoir, en une époque aussi grossière, ni un soldat à voir, ni un tambour à entendre."), où il commence la rédaction de sa thèse "De la quadruple racine du principe de raison suffisante". En Novembre de la même année, il retourne à Weimar, le salon de sa mère jouit d'une grande réputation: "Le cercle qui se forme autour de moi le dimanche et le jeudi n'a pas son pareil dans toute l'Allemagne!" écrit-elle. Chez sa mère, il rencontre Maier, un orientaliste qui l'initiera au brahmanisme et au bouddhisme. Il lit les "Upanishads". Cette lecture comme celles de Platon et de Kant sera déterminante pour la formation du philosophe: "Je ne crois pas, je l'avoue, que ma doctrine aurait pu se constituer avant que les Upanishads, Platon et Kant aient pu jeter ensemble leurs rayons dans l'esprit d'un homme."
Arthur n'apprécie pas la vie mondaine de sa mère qui dilapide la fortune laissée par son défunt mari et lui fait part de ses succès: "Je ne manque pas d'adorateurs mais ne t'en inquiète pas. Un négociant, riche comme je le crois, qui a passé ici quelques semaines pour une affaire d'héritage, a très sérieusement demandé ma main et tout aussi sérieusement je l'ai renvoyé chez lui. Il y a ensuite un chambellan de la grande duchesse qui voudrait bien m'anoblir, un parfait imbécile qui a eu une femme spirituelle et qui en cherche une autre pareille, tout le monde sait qu'il m'adore."
Les scènes entre mère et fils se succèdent les unes aux autres. Johanna lui reproche son attitude vis-à-vis de ses amis, qu'Arthur prend un malin plaisir à contredire ou à tourner en ridicule. Johanna lui énumère ses reproches: "Tes doléances, sur des choses inévitables, tes mines farouches, tes jugements bizarres qui tombaient de ta bouche comme des oracles et qui ne souffraient point de répliques." Elle veut le moins voir possible et met des conditions à sa venue chez elle: "A mes jours de réception, tu dîneras chez moi si tu veux réprimer ta fâcheuse envie de disputer, qui me contrarie, et t'abstenir de tes éternelles lamentations sur la sottise humaine et les misères de ce monde, qui me donnent de mauvais rêves et m'empêchent de dormir. Rappelle-toi, mon cher Arthur, les visites que tu m'as faites: il en est résulté chaque fois des scènes vives pour des riens et je ne respirais librement qu'après ton départ..."
Les disputes sont fréquentes et inévitables. Les caractères s'opposent diamétralement: "Ton humeur chagrine aussi m'est à charge et trouble ma gaieté habituelle." La vanité intellectuelle accentue les sarcasmes: à propos de la thèse d'Arthur, prenant le mot racine dans un sens médical, Johanna déclare: "C'est quelque chose pour les pharmaciens". ce à quoi Arthur réplique: "On lira encore ces oeuvres lorsqu'on pourra à peine trouver l'une des tiennes dans un débarras". L'Histoire lui donnera raison...
La séparation devient inévitable. Elle aura lieu lorsqu'Arthur devra cohabiter chez sa mère avec l'amant de celle-ci, Müller. Une très violente dispute éclatera qui brouillera définitivement la mère et le fils qui ne se reverront plus jamais. Johanna lui écrira: "

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n'entendre que les silences,
n'écouter que les mots,
ne donner que le beau,
ta vie aura un sens
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