Mots d'art & Scénarios

Poésie, littérature, pensées,
scripts d'art,
oeuvres de Ginette Villeneuve
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Les flibustiers de la Sainte Alice (Jeunesse) Chapitre 5

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Pascal9
100 messages
avatar

Nombre de messages : 251
Age : 58
Localisation : Flandre
Date d'inscription : 20/12/2004

MessageSujet: Les flibustiers de la Sainte Alice (Jeunesse) Chapitre 5   Sam 5 Mar - 11:36

Chapitre 5.


Un matin, Yann se trouvait à la proue. Il guettait l’océan avec le mousse. Tout à coup, on l’entendit appeler :
« - Hé, la Flibuste ! Voilà le boulanger sur le quai Françoise ! »
Le maître coq le reprit aussitôt :
« - Sur le Pacifique, il n’y a pas de boulanger… »
« - Un navire marchand sous le vent, monsieur Paul ! » se reprit immédiatement le Bosco.
« - Et deux hippocampes géants ! » Ajouta le mousse en apercevant les deux énormes chevaux de trait de la voiture du boulanger.
Les chevaux et le fourgon remontaient sans hâte le quai Françoise et se dirigeaient vers le bateau. Bientôt, ils furent à portée de voix. Les chevaux agitaient leurs queues, la voiture brillait dans le frais soleil de neuf heures.
Soudain de derrière la voiture apparut une fillette. Elle tenait une badine à la main et nous considérait avec un regard inquiet.
« - Une femme à bord ! » Dit le Bosco.
« - Je la connais, dit Michael rapidement. Son père nous apporte le pain. Elle habite de l’autre côté du port, du côté campagne, près de chez l’abbé DEFIVES.
Sur la Sainte Alice, tout le monde s’énervait.
- « Une femme capitaine ! Une femme Corsaire ! Une « piratesse ! » »
- « Donnez l’ordre d’abordage, Monsieur Paul ! »
Dit le Capitaine Gouec.
A l’arrière du poste d’équipage, nous avions placé un escabeau. C’est moi qui l’avais apporté sur le navire. Il appartenait à Papa. Cet escabeau servait d’échelle de coupée.
Gouec le Rouge me désigna :
- « Monsieur Paul ! »
- « A vos ordres mon Capitaine ! »
- « Faites aborder ce navire ventru ! »
- « Gare aux hippocampes géants ! » Me conseilla Michael en sourdine.
Je sautai sur le roof, on me disposa l’escabeau sur la coupée. L’échelle était solide, il ne risquait pas de se briser. Maintenant, une fois à terre, il y avait les chevaux et le boulanger ! Pour aborder la femme corsaire, il me fallait bien passer par l’arrière de la voiture et venir près de la portière.
Les lourds animaux piétinaient, la fillette s’effrayait et on ricanait ferme sur la Sainte Alice.
- « Gare aux taloches, les capitaines Boulangers, ça ne rigole pas ! »
- « Attention aux coups de baguettes… »
J’étais penaud…
- « Monsieur Paul ! Qu’attendez-vous ! Seriez vous un lâche ? » Me cria Gouec Le Rouge de la passerelle.
L’escabeau craquait au-dessus du quai, il basculait de côté… Mais ce n’était pas le quai, c’était la mer démontée qui rugissait sous mes yeux. Ses lames terribles frappaient le bordage des deux navires, prêtes à nous engloutir, à nous couler par le fond.
La bataille faisait rage, j’étais blessé, mers ordres fusaient dans la fumée et la mitraille. Il fallait gagner et prendre le lourd galion !
Les cris me galvanisaient mais j’essayais de gagner le bord. Je ferraillais de toutes mes forces.
- « A l’abordage, pas de quartiers ! Hardis flibustiers ! Malgré la fureur, malgré le canon qui tonnait sans cesse !
Je frappe. Je ne vois plus mes compagnons. Les marins hurlent. J’ai de la sueur plein les yeux. Je tire un coup de pistolet. J’abats un ennemi. Les vagues m’éloignent du combat. Je reçois un nouveau choc à la tête : Une balle m’a frappée. Je coule… Et j’aperçois mon navire qui s’éloigne !
- « Paul ! Le boulanger n’est pas là ! »
C’était la voix de Michael qui me ramenait à la surface.
J’écarquillai les yeux. J’étais assis sur le quai sous l’escabeau tombé. Et c’était le ciment qui était « la balle ». Je me relevai malgré le choc qui me donnait des élancements douloureux à la tête.
D’un geste, la fillette calma les chevaux qui s’étaient affolés. Elle me considérait avec un regard mi-amusé, mi-effrayé…
- « Allons ! Suis-moi à mon bord ! »
Elle refusa de bouger. Je pris sa main.
-« Laisse-moi. Tu vas me faire attraper par mon père ! » Clamait la demoiselle…
Les flibustiers hurlèrent un cri de triomphe :

- « Hardi ! On se nourrira de pains au sucre et de brioches ! »
Un des pirates fit remarquer que les brioches volées étaient certainement indigestes, un autre lui rétorqua que les prises de mer n’étaient pas du vol. Pendant ce temps, les chevaux, placides, avoinaient tranquillement et la fillette accrochée à ma main me retenait farouchement.
- « Gare ! Tu sais ! Si mon père revient … »
Sans écouter davantage ses remarques, je l’emmenai jusqu’au bateau.
Malheureusement, notre femme corsaire n’était pas dans le ton…
- « Tache de comprendre et n’ai pas peur de ton père, il est occupé avec Madame Clémenti. Il faut que je te renseigne : nous sommes des pirates… Et toi, tu es une femme corsaire. C’est Gouec Le Rouge, notre capitaine, qui a ordonné l’abordage de ton galion et il est seul juge de ton avenir…
- « Et le fourgon ? »
Je m’approchai d’elle…
- « Le fourgon ne risque rien. Laisse-le donc tranquille et monte à bord… »
- « Mais mon père va revenir ! »
- « Ne te tracasses pas ! Il en a pour une demi-heure au moins, Madame Clémenti est la plus grande commère du port. Dans un quart d’heure au plus, tu seras sur le quai. Tu vois, tes chevaux sont sages. »
Se décidant enfin, elle rangea son fourgon le long du quai, les chevaux étaient occupés à leur picotin. Elle grimpa sur la Sainte Alice. En un instant, nous fûmes sur le pont.
- « Abordage réussi, capitaine. Nous détenons une femme, le galion est à nous ! »
- « Emmenez la captive dans ma cabine, je vais la questionner ! »
- « Mon capitaine, c’est qu’elle n’a pas le temps, son père va revenir de chez Madame Clémenti d’ici un moment… »
- « Ce sera bref, monsieur Paul, contesteriez-vous mes ordres ? »
- « Non mais… »
- « Alors ! Exécution ! Et allez veiller à la manœuvre ! »
Finalement, le capitaine, se ravisant, me demanda de le suivre dans sa cabine avec « la prisonnière »…
- « Dis moi donc ! Tu t’es rudement défendue, femme ! Tu mérites de rester parmi nous, si le cœur t’en dit, tu peux rejoindre notre bord. Tu seras la Corsaire aux Tresses d’argent et tu auras le rôle de premier maître. Une femme corsaire, ça c’est rudement original ! Acceptes-tu notre proposition ? Si oui, parole de Gouec Le Rouge, tu ne le regretteras pas ! Une seule consigne : le silence. Nous sommes recherchés dans tous les ports du monde et notre présence à bord de la Sainte Alice doit demeurer secrète !




*
Revenir en haut Aller en bas
 
Les flibustiers de la Sainte Alice (Jeunesse) Chapitre 5
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Alice Editions
» Alice, Eo et bibliothéque de la jeunesse
» Alice du mois de février : Alice et le manoir hanté
» Alice et le flibustier
» un thé de fous pour Alice

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mots d'art & Scénarios :: Poésie & Littérature :: Textes en prose, contes, nouvelles, essais, etc..-
Sauter vers: