Il règne dans l'air une musique
Il règne dans l'air une musique subtile pareille au chant des harpes éoliennes.
J'entends des cors mélodieux qui résonnent sous les voûtes lointaines des hautes régions de l'air, musique à donner aux hommes une folie divine, musique qui, du haut du ciel vient mourir à nos oreilles.
Pour des oreilles attentives, quelle harpe splendide est le monde !
L'homme absorbé croit qu'au delà du chant du grillon rien ne peut être perçu, mais il existe une mélodie immortelle, que peut saisir, le matin, à midi, la nuit, les oreilles qui savent ouîr, et parfois tantôt un homme, tantôt un autre l'entend, parce qu'il a des oreilles faitent pour la musique;
Vers ce chant la spirée et la reine-des-près se tendent.
Elles sont peintes si merveilleusement parce qu'elles plongent dans la couche la plus profonde de cette harmonie.
Henry David Thoreau