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Gi
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MessageSujet: Poètes du Québec   Jeu 30 Déc - 14:21

Jacques Labelle

Tiré de : Les yeux et la mémoire
page 55

Le rêve

Je suis d'un pays
qui n'a pas de nom
qui n'a pas d'espace
qui n'a pas de temps

Je fais du rêve ma chambre et mon sommeil

J'habite aux limites du présent

J'épingle à ma vie les conquêtes de l'espoir

Je salue dans le silence une salle imaginaire

J'ajoute à l'amitié l'éclairage fécond de l'amour

De mes doigts dénoués s'échappe une musique
aux arabesques chargées de surprise

Après chaque souffle d'une extase infinie
je respire au corps d'une femme aimante

De ma bouche sonore culbutent et éclatent
les mots et baisers aux multiples élans

Au sortir de cet abri
je perds l'équilibre.
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Cécile
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MessageSujet: Louis Lefebvre   Jeu 30 Déc - 18:58

LOUIS LEFEBVRE (Québec)




À l’été de 1929, Federico Garcia Lorca a séjourné quelque temps à Eden Mills, au Vermont, à une trentaine de kilomètres de la frontière québécoise. Les textes qu’il a écrits pendant et autour de ce séjour sont inclus dans le recueil Poète à New-York. Les poèmes qui suivent de Louis Lefebvre portent saur cette période.


Lorca à Eden Mills


1

Jamais tu n’auras été plus beau qu’en rêve.
Sur la route qui montait aux moulins de l’éden
Les chevaux écoutaient l’eau d’érable
Leur monter dans la croupe
Les bouleaux éblouis
Attendaient comme des loups
À l’affût du pèlerin
Le sentier ondulait par des cols plus faux que les andes
Et cueillait des clochettes d’aurochs
Oubliées dans la brume.

Tu allais mener les mots dans des alpages sévères
Federico
Et redescendais à l’automne
Avec un lait plus cruel
Que des couteaux aztèques
Tu allais nourrir de mots
Les abeilles aveugles
Et presser leur venin
Dans le ciel de ton encre
Mille menuets te faisaient oublier les boussoles
Et de ces codes de femmes
S’échappaient des murmures
Qui faisaient s’envoler le duvet des corolles
Et le perroquet sans couleurs
Pris au piège de la nuit.

Il faisait trop noir pour en rire.

Revue Moebius 62
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Gi
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MessageSujet: Félix Leclerc   Sam 1 Jan - 13:59

Félix Leclerc

Elle a huit ans.

Ses petits doigts maigres et longs s'enfoncent avex effort sur les notes du
piano qui dormait dans la cave.

Et des petits airs jaillissent, remplissent la pièce, montent l'escalier.

Balbutiante, la musique trébuche, trottine, saute par la fenêtre et va
jusqu'aux oreilles du vieil homme qui habite en face, qui avait décidé de
mourir, mais s'attardera encore un peu.

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MessageSujet: Félix Leclerc   Sam 1 Jan - 14:05

Félix Leclerc

Ce sera une grande surprise de voir qu'au ciel
Il y aura
des divorcés
des protestants
des avortés
des défroqués
des pédés
des accotés
des prostitués
des athées
et quelques assassins.

Mais plus grande encore (la surprise)
de trouver en enfer
des contemplatifs
des dames de Sainte-Anne
des théologiens
des dévots
des Lacordaires
des lampadaires
des termites
des ermites
et plusieurs saints.
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Gi
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MessageSujet: Re: Poètes du Québec   Sam 1 Jan - 14:44

Félix Leclerc
chanteur, poète et écrivain québécois décédé il y quelques années...

Le p'tit bonheur


C'était un petit bonheur
Que j'avais ramassé
Il était tout en pleurs
Sur le bord d'un fossé
Quand il m'a vu passer
Il s'est mis à crier:
"Monsieur, ramassez-moi
Chez vous amenez-moi

Mes frères m'ont oublié, je suis tombé, je suis malade
Si vous n'me cueillez point, je vais mourir, quelle ballade !
Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure
Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture"

J'ai pris le p'tit bonheur
L'ai mis sous mes haillons
J'ai dit: " Faut pas qu'il meure
Viens-t'en dans ma maison "
Alors le p'tit bonheur
A fait sa guérison
Sur le bord de mon cœur
Y avait une chanson

Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié
Ma vie de désœuvré, j'avais dégoût d'la r'commencer
Quand il pleuvait dehors ou qu'mes amis m'faisaient des peines
J'prenais mon p'tit bonheur et j'lui disais: "C'est toi ma reine"

Mon bonheur a fleuri
Il a fait des bourgeons
C'était le paradis
Ça s'voyait sur mon front
Or un matin joli
Que j'sifflais ce refrain
Mon bonheur est parti
Sans me donner la main

J'eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes
Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du cœur
Il s'en allait toujours, la tête haute, sans joie, sans haine
Comme s'il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure

J'ai bien pensé mourir
De chagrin et d'ennui
J'avais cessé de rire
C'était toujours la nuit
Il me restait l'oubli
Il me restait l'mépris
Enfin que j'me suis dit:
Il me reste la vie

J'ai repris mon bâton, mes deuils, mes peines et mes guenilles
Et je bats la semelle dans des pays de malheureux
Aujourd'hui quand je vois une fontaine ou une fille
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux
...Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux...

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MessageSujet: Émile Nelligan   Lun 3 Jan - 16:57

Émile Nelligan

Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.
Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs
D'un golfe où le soleil abaisse ses antennes.

En un jardin sonore, au soupir de fontaines,
Elle a vécu dans les soirs doux, dans les odeurs;
Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.

Elle court à jamais les blanches prétentaines,
Au pays angélique où montent ses ardeurs,
Et, loin de la matière et des brutes laideurs,
Elle rêve l'essor aux célestes Athènes.

Ma pensée est couleur de lunes d'or lointaines.


Ce poème est du domaine public.

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MessageSujet: (Émile Nelligan)   Sam 8 Jan - 1:31

Soir d'hiver
(Émile Nelligan)


Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu'est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j'ai, que j'ai !

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : Où vis-je ? où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu'est-ce que le spasme de vivre
À tout l'ennui que j'ai, que j'ai !... ...

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Guy Rancourt
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MessageSujet: Nelligan vu et corrigé   Sam 15 Jan - 22:43

Ginette, l'an dernier, j'ai donné ma version corrigée du célèbre "SOIR D'HIVER" d'Émile Nelligan que je trouvais trop triste. Ça donne ce poème en duo : l'un triste (Nelligan) et l'autre gai (Rancourt)


Oiseaux de février
(Poème à deux voix)


Ah! comme l’aurore a flambé!
Ma vie est un bouquet de grives.
Ah! comme l’aurore a flambé!
Qu’est-ce que l’orgasme de vivre
Au bonheur que j’ai, que j’ai!
(Guy Rancourt)


Ah! comme la neige a neigé!
Ma vie est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j’ai, que j’ai!
(Émile Nelligan)



Tous les océans se sont déchaînés
Mon âme est blanche : Où vis-je? Où vais-je?
Tous ses volcans se sont déchaînés :
Je suis la nébuleuse d’Andromède
D’où les brillantes étoiles se sont envolées.
(Guy Rancourt)

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : Où vis-je? Où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
(Émile Nelligan)



Riez, oiseaux de février,
Aux lubriques passions des choses,
Riez, oiseaux de février,
Riez mes rires, riez mes gloses,
Aux rameaux du noisetier.
(Guy Rancourt)

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.
(Émile Nelligan)



Ah! comme l’aurore a flambé!
Ma fenêtre est un bouquet de grives.
Ah! comme l’aurore a flambé!
Qu’est-ce que l’orgasme de vivre
À tous les plaisirs que j’ai, que j’ai!
(Guy Rancourt)

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À tout l’ennui que j’ai, que j’ai!
(Émile Nelligan)
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Cécile
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MessageSujet: Re: Poètes du Québec   Dim 16 Jan - 4:34

Superbe Guy ! Et ça fait un excellent exercice de style !!
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Gi
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MessageSujet: Re: Nelligan vu et corrigé   Lun 17 Jan - 22:20

Guy Rancourt a écrit:
Ginette, l'an dernier, j'ai donné ma version corrigée du célèbre "SOIR D'HIVER" d'Émile Nelligan que je trouvais trop triste. Ça donne ce poème en duo : l'un triste (Nelligan) et l'autre gai (Rancourt)


Oiseaux de février
(Poème à deux voix)


Guy
je préfère ton poème à saveur positive.
Je m'aperçois que cela me ressemble tellement plus.
Tout ce qu'on peut faire avec les mots alors.
Bisous,
Gi

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MessageSujet: Émile Nelligan Le Vaisseau d'Or   Mar 25 Jan - 23:45

Du Émile Nelligan

Le Vaisseau d'or

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif:
Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
S'étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève?
Qu'est devenu mon coeur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!

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MessageSujet: Émile Nelligan   Dim 30 Jan - 1:53

Emile NELLIGAN (1879-1941)

La romance du vin
Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte
O le beau soir de mai ! Tous les oiseaux en choeur,
Ainsi que les espoirs naguère à mon coeur,
Modulent leur prélude à ma croisée ouverte.

O le beau soir de mai ! le joyeux soir de mai !
Un orgue au loin éclate en froides mélopées;
Et les rayons, ainsi que de pourpres épées,
Percent le coeur du jour qui se meurt parfumé.

Je suis gai! je suis gai ! Dans le cristal qui chante,
Verse, verse le vin ! verse encore et toujours,
Que je puisse oublier la tristesse des jours,
Dans le dédain que j'ai de la foule méchante !

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le vin et l'Art !...
J'ai le rêve de faire aussi des vers célèbres,
Des vers qui gémiront les musiques funèbres
Des vents d'automne au loin passant dans le brouillard.

C'est le règne du rire amer et de la rage
De se savoir poète et objet du mépris,
De se savoir un coeur et de n'être compris
Que par le clair de lune et les grands soirs d'orage !

Femmes ! je bois à vous qui riez du chemin
Ou l'Idéal m'appelle en ouvrant ses bras roses;
Je bois à vous surtout, hommes aux fronts moroses
Qui dédaignez ma vie et repoussez ma main !

Pendant que tout l'azur s'étoile dans la gloire,
Et qu'un rythme s'entonne au renouveau doré,
Sur le jour expirant je n'ai donc pas pleuré,
Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire !

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le soir de mai !
Je suis follement gai, sans être pourtant ivre !...
Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre;
Enfin mon coeur est-il guéri d'avoir aimé ?

Les cloches ont chanté; le vent du soir odore...
Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,
Je suis gai, si gai, dans mon rire sonore,
Oh ! si gai, que j'ai peur d'éclater en sanglots !
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MessageSujet: Atala   Dim 30 Jan - 5:20

(Léonise Valois) née à Vaudreuil en 1868, elle fait ses débuts littéraires dans divers journaux. En 1910 paraît Fleurs sauvages, en 1934 paraît Fleurs tombées. Elle décède en 1936.


NOS PETITS SOUVENIRS

Ils sont là, tout vivant, mes plus chers souvenirs,
Ils sont là relégués au fond de leur demeure,
Coffret aux vieux chiffons de regrets, de plaisirs,
Qui font qu’en les voyant, l’on sourit ou l’on pleure.

Reliques ! doux trésors ! que dites-vous tout bas
A la femme qui songe et près de vous soupire ?
Des mots mystérieux qui ne s’exprime pas,
Mais provoquent toujours une larme, un sourire.

Vous dites qu’ici bas, tout se change en douleur,
Que le plus beau rêve est une pure folie,
Un mirage trompeur, et que de notre cœur
Tombe l’illusion, même la plus chérie.

Vous êtes là vivants, mes tendres souvenirs,
Je veux vous contempler, pieux débris que j’aime,
Vieux chiffons tout remplis de regrets, de plaisirs,
En chacun, je retrouve une part de moi-même !

Extrait de Fleurs sauvage (1910), Anthologie de la poésie des femmes au Québec, éditions du remue-ménage, page 52
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MessageSujet: Emile Coderre (1893-1970) dit Jean Narrache   Sam 12 Fév - 21:51

Emile Coderre (1893-1970) dit Jean Narrache

Poète, pharmacien;
auteur de nombreux textes pour la radio.

LE CREPUSCULE EST DOUX


Le crépuscule est doux comme un de tes sourires.
Dans l'ombre qui bleuit lentement on dirait
Qu'on entend le refrain d'amour et de délire
D'un poète qui chante au loin dans la forêt.

Ce murmure léger, c'et la voix des bohèmes,
De ces rêveurs, martyrs d'un idéal trop beau,
Morts avant de connaître une âme qui les aime,
Une âme où leur chanson eût trouvé un écho.

Toi, tu sais écouter mon humble cantilène,
Tu comprends qu'un poète est un enfant toujours,
Tu partages ma joie et pleures de ma peine
Et tu me fais chanter en me berçant d'amour.

Viens au jardin plein d'ombre et de tendre mystère
Où nous pourrons rêver doucement seul à seul,
Tandis que dans la nuit, rêveuse et solitaire,
L'âme des Nelligan pleure dans les tilleuls.

Et comprends maintenant le bonheur que je goûte
Lorsque mon humble chant monte pour te charmer:
Ce n'est pas seulement ¨le grand soir¨ qui l'écoute,
Car tu daignes l'entendre et tu daignes m'aimer.
_________________
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MessageSujet: Jacques Labelle   Sam 26 Fév - 2:22

Un peu de pluie
D'une ondée passagère
Grignotera tes yeux
L'espace d'un nuage

N'en garde pas mémoire
Plus d'un sourire meurtri
La fraîcheur de ton visage
Ne supporte pas l'ennui

À l'orage mal venu
Ferme tes volets
Et ta porte aussi
Passera son triste refrain

Alors peut-être aurai-je du soleil
À poignées fragiles mais pleines
Qui laisseront de mon passage
La promesse d'un printemps.

Jacques Labelle
Québec

tiré de
Les yeux et la mémoire
page 11
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