 Mots d'art & Scénarios Poésie, littérature, pensées, scripts d'art, oeuvres de Ginette Villeneuve |
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Phil Nouveau
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| Sujet: Jean-François DUCIS (1733-1816) Sam 16 Avr - 21:15 | |
| Heureuse solitude Heureuse solitude, Seule béatitude, Que votre charme est doux ! De tous les biens du monde, Dans ma grotte profonde, Je ne veux plus que vous !
Qu'un vaste empire tombe, Qu'est-ce au loin pour ma tombe Qu'un vain bruit qui se perd ; Et les rois qui s'assemblent, Et leurs sceptres qui tremblent, Que les joncs du désert ?
Jean-François DUCIS (1733-1816)
Mon Dieu ! la croix que j'aime, En mourant à moi-même, Me fait vivre pour toi. Ta force est ma puissance, Ta grâce ma défense, Ta volonté ma loi.
Déchu de l'innocence, Mais par la pénitence Encor cher à tes yeux, Triomphant par tes armes, Baptisé par tes larmes, J'ai reconquis les cieux.
Souffrant octogénaire, Le jour pour ma paupière N'est qu'un brouillard confus. Dans l'ombre de mon être, Je cherche à reconnaître Ce qu'autrefois je fus.
Ô mon père ! ô mon guide ! Dans cette Thébaïde Toi qui fixas mes pas, Voici ma dernière heure ; Fais, mon Dieu, que je meure Couvert de ton trépas !
Paul, ton premier ermite, Dans ton sein qu'il habite, Exhala ses cent ans. Je suis prêt; frappe, immole. Et qu'enfin je m'envole Au séjour des vivants. |
|  | | Phil Nouveau
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| Sujet: Re: Poètes de France Sam 16 Avr - 21:18 | |
| Pierre de RONSARD (1524-1585) (Recueil : Premier livre des Amours)
Qui voudra voir comme un Dieu me surmonte Qui voudra voir comme un Dieu me surmonte, Comme il m'assaut, comme il se fait vainqueur, Comme il renflamme et renglace mon coeur, Comme il reçoit un honneur de ma honte,
Qui voudra voir une jeunesse prompte A suivre en vain l'objet de son malheur, Me vienne voir : il verra ma douleur, Et la rigueur de l'Archer qui me dompte.
Il connaîtra combien la raison peut Contre son arc, quand une fois il veut Que notre coeur son esclave demeure :
Et si verra que je suis trop, heureux, D'avoir au flanc l'aiguillon amoureux, Plein du venin dont il faut que je meure. |
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| Sujet: Re: Poètes de France Mar 21 Juin - 23:42 | |
| Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous. Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.
J'arrive tout couvert encore de rosée Que le vent du matin vient glacer à mon front. Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête Toute sonore encor de vos derniers baisers Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête Et que je dorme un peu puisque vous reposez.
Verlaine _________________ ...
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| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 7 Juil - 18:14 | |
| VERLAINE : (1865)
Le Rossignol
Comme un vol criard d'oiseaux en émoi, Tous mes souvenirs s'abattent sur moi, S'abattent parmi le feuillage jaune De mon coeur mirant son tronc plié d'aune Au tain violet de l'eau des Regrets Qui mélancoliquement coule auprès, S'abattent, et puis la rumeur mauvaise Qu'une brise moite en montant apaise, S'éteint par degrés dans l'arbre, si bien Qu'au bout d'un instant on n'entend plus rien, Plus rien que la voix célébrant l'Absente, Plus rien que la voix - ô si languissante ! - De l'oiseau que fut mon Premier Amour, Et qui chante encor comme au premier jour ; Et dans la splendeur triste d'une lune Se levant blafarde et solennelle, une Nuit mélancolique et lourde d'été, Pleine de silence et d'obscurité, Berce sur l'azur qu'un vent doux effleure L'arbre qui frissonne et l'oiseau qui pleure. _________________ ...
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| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 7 Juil - 18:16 | |
| Ma Bohème (Arthur Rimbaud) Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse ! Et j'étais ton féal ; Oh ! là ! là ! Que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques, De mes souliers blessés, un pied contre mon coeur ! posté par Antigone _________________ ...
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| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 7 Juil - 18:38 | |
| Robert Denos (1900-1945)
L'arbre...La vie
Il était une feuille avec ses lignes Ligne de vie Ligne de chance Ligne de cœur Il était une branche au bout de la feuille Ligne fourchue, signe de vie Signe de chance Signe de cœur Il était un arbre au bout de la branche Un arbre digne de vie Digne de chance Digne de cœur Cœur gravé, percé, transpercé Un arbre que nul jamais ne vit Il était des racines au bout de l'arbre Racines vignes de vie Vignes de chance Vignes de coeur Au bout des racines il était la terre La terre tout court La terre toute ronde La terre toute seule au travers du ciel La terre
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| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 7 Juil - 18:40 | |
| CLAIR DE LUNE
PAUL VERLAINE
Fêtes galantes « 1869 »
Votre âme est un paysage choisi Que vont charmant masques et bergamasques, Jouant du luth, et dansant, et quasi Tristes sous leurs déguisements fantasques.
Tout en chantant sous le mode mineur L'amour vainqueur et la vie opportune, Ils n'ont pâs l'air de croire à leur bonheur Et leur chason se mêle au clair de lune,
Au calme clair de lune triste et beau, Qui fait rever les oiseaux dans les arbres Et sangloter d'extase les jets d'eau, Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres. _________________ ...
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| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 7 Juil - 18:43 | |
| posté par Émilie
LE SEMEUR C'est au moment crepusculaire J'admire, assis sous un portail Ce reste de jour dont s'eclaire La dernière heure de travail.
Dans les terres, de nuit baignées Je contemple, ému les haillons D'un vieillard qui jette à poignées La moisson future aux sillons.
Sa haute silhouette noire Domine les profonds labours On sent à quel point il doit croire A la fuite utile des jours.
Il marche dans la plaine immense Va, vient, lance la graine au loin, Rouvre sa main et recommence Et je médite, obscur temoin ;
Pendant que, déployant ces voiles L'ombre, ou se mèle une rumeur, Semble élargir jusqu'aux étoiles, Le geste auguste du semeur.
VICTOR HUGO _________________ n'entendre que les silences, n'écouter que les mots, ne donner que le beau, ta vie aura un sens et José Chanly lui a répondu... Bonsoir Emilie,
C'est un poème qu'il fallait réciter devant ses condisciples : "C'est au moment crépusculaire..." Divin Hugo!
José Clair de lune
La lune était sereine et jouait sur les flots. - La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise, La sultane regarde, et la mer qui se brise, Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.
De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare. Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos. Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos, Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?
Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour, Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ? Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle, Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?
Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? Ni le noir cormoran, sur la vague bercé, Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.
Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots. On verrait, en sondant la mer qui les promène, Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... La lune était sereine et jouait sur les flots.
Victor Hugo (1802-1885) _________________ ...
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| Sujet: Re: Poètes de France Lun 18 Juil - 17:54 | |
| THÉOPHILE GAUTIER
Oui, l'oeuvre sort plus belle D'une forme au travail Rebelle, Vers, marbre, onyx, émail.
Point de contraintes fausses ! Mais que pour marcher droit Tu chausses, Muse, un cothurne étroit.
Fi du rhythme commode, Comme un soulier trop grand, Du mode Que tout pied quitte et prend !
Statuaire, repousse L'argile que pétrit Le pouce Quand flotte ailleurs l'esprit :
Lutte avec le carrare, Avec le paros dur Et rare, Gardiens du contour pur ;
Emprunte à Syracuse Son bronze où fermement S'accuse Le trait fier et charmant ;
D'une main délicate Poursuis dans un filon D'agate Le profil d'Apollon.
Peintre, fuis l'aquarelle, Et fixe la couleur Trop frêle Au four de l'émailleur.
Fais les sirènes bleues, Tordant de cent façons Leurs queues, Les monstres des blasons ;
Dans son nimbe trilobe La Vierge et son Jésus, Le globe Avec la croix dessus.
Tout passe. - L'art robuste Seul a l'éternité. Le buste Survit à la cité.
Et la médaille austère Que trouve un laboureur Sous terre Révèle un empereur.
Les dieux eux-mêmes meurent, Mais les vers souverains Demeurent Plus forts que les airains.
Sculpte, lime, cisèle ; Que ton rêve flottant Se scelle Dans le bloc résistant ! _________________ ...
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| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 21 Juil - 0:34 | |
| LA FAUVETTE DE L’ATELIER
A Marie
C’est pour ta grâce et ta gaîté
Ton doux rire, hiver comme été,
Compatissant aux pauvres hommes,
Tes yeux malins et ton cœur d’or,
Que je t’aime, innocent trésor,
Si rare au pays où nous sommes !
*
Je t’écoute, quand l’atelier
Vibre comme au bruit régulier
D’une forge où l’on bat l’enclume ;
Et j’écris, bercé par ta voix…
Alors, au lieu d’encre, je vois
Une larme au bout de ma plume,
*
Dieu, qui pour tes folles chansons,
Te donna la voix des pinsons,
Omit de te donner leurs ailes.
C’est un oubli, ça se conçoit :
On est troublé, pour Dieu qu’on soit,
Devant vous, ô mes demoiselles !
*
Non, ce tendre et soyeux duvet,
Robe légère, qui revêt
L’ oiseau des bosquets comme l’ange,
Le bon Dieu, qui t’aime et te bénit,
L’a gardé pour t’en faire un nid…
Choisis donc ta branche, Ô mésange !
*
Mais laisse, aux jours de l ‘avenir,
Laisse encore, en ton souvenir,
L’atelier et son bruit de forge,
Toi qui portes, reflet des cieux,
Tout le firmament dans tes yeux,
Et tout le printemps dans ta gorge.
1898 Minstrel Le Colon Oranais _________________ ...
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| Sujet: Re: Poètes de France Dim 24 Juil - 3:11 | |
| Les Yeux d'Elsa
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire
À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L'été taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés
Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure
Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé
Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche
Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux
L'enfant accaparé par les belles images Écarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages
Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août
J'ai retiré ce radium de la pechblende Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu Ô paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes
Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa
Louis Aragon Extrait de "Les Yeux d'Elsa" édition Séghers. _________________ ...
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|  | | Stryx Messsager

Inscrit le : 22 Juin 2005 Messages : 49 Localisation : Italie
| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 18 Aoû - 3:42 | |
| La Maline Arthur Rimbaud
Dans la salle à manger brune, que parfumait Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise Je ramassais un plat de je ne sais quel met Belge, et je m'épatais dans mon immense chaise.
En mangeant, j'écoutais l'horloge, - heureux et coi. La cuisine s'ouvrit avec une bouffée, -Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi, Fichu moitié défait, malinement coiffée
Et, tout en promenant son petit doigt tremblant Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc, En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue,
Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m' aider; - Puis, comme ça, - bien sûr, pour avoir un baiser, - Tout bas: "Sens donc, j'ai pris un froid sur la joue..." |
|  | | Gi Rang: Administrateur

Inscrit le : 18 Déc 2004 Messages : 10464 Localisation : Terrebonne, Québec, Canada
| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 18 Aoû - 4:49 | |
| Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations)
Demain, dès l'aube... Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. _________________ ...
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Dernière édition par le Jeu 25 Aoû - 2:57, édité 1 fois |
|  | | Stryx Messsager

Inscrit le : 22 Juin 2005 Messages : 49 Localisation : Italie
| Sujet: Re: Poètes de France Mer 24 Aoû - 5:00 | |
| L'homme et la Mer Charles Baudelaire
Homme libre, toujours tu chériras la mer! La mer est ton miroir; tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa lame, et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image; tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur se distrait quelquefois de sa propre rumeur au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets: homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes; o mer, nul ne connaît tes richesses intimes, tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!
Et cependant voilà des siècles innombrables que vous vous combattez sans pitié ni remord, Tellement vous aimez le carnage et la mort, o lutteurs éternels, ô frères impacables! |
|  | | Gi Rang: Administrateur

Inscrit le : 18 Déc 2004 Messages : 10464 Localisation : Terrebonne, Québec, Canada
| Sujet: Re: Poètes de France Jeu 25 Aoû - 2:58 | |
| Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies nouvelles)
Tristesse J'ai perdu ma force et ma vie, Et mes amis et ma gaieté; J'ai perdu jusqu'à la fierté Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité, J'ai cru que c'était une amie ; Quand je l'ai comprise et sentie, J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle, Et ceux qui se sont passés d'elle Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde. Le seul bien qui me reste au monde Est d'avoir quelquefois pleuré. _________________ ...
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