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Inscrit le : 18 Déc 2004 Messages : 10464 Localisation : Terrebonne, Québec, Canada
| Sujet: Poèmes de Robert Moran Dim 21 Mai - 11:13 | |
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Nous sommes tous en esclavage
C'est le temps
des marchands
de tapage
Extravagant
mensonge
même le songe
ment
Ne désespère pas
toi qu'on dit si volage !
Poète aux amours mirages
pour toi il n'y a cage.
Sache que tu échappes
A tous les oiseleurs.

Je soussigné homme ordinaire
certifie avoir rencontré
à la sortie de mon scaphandre
un autre homme pour dialoguer
un ordinaire scaphandrier
Au risque de périr noyés
nous avons su nous écouter
En foi de quoi je persiste et je signe
ce document où je consigne
ce fait nouveau et presque unique
dans notre univers aquatique

D'un homme éponge
tombe une goutte idée
Chaque goutte
compte
pour user
l'uniformité
les us et coutumes
les légitimités
La communion
de l'homme-éponge
et du compte-gouttes
peut finir en révolution.

Gargouilles, oh gargouilles
vos contorsions et vos grimaces
De masques
Ne me lasseront jamais
Je ne m'ennuie pas davantage
Et je resterai bien là l'éternité
A écouter
Gargouilles
Votre chanson de pierre
Puisse la pluie l'année entière
Battre tambour piano forte

Dans ce bon vieux Polichinelle
oh à une très petite échelle
parmi sciures et ficelles
j'ai trouvé un soupçon
une trace d'amour
L'analyse d'un Juge n'a donné
c'est juré
ni âme ni précipité
mais beaucoup de code et d'arrêtés
Dans un Garde
je n'ai rien trouvé
pas de farine pas de son de sifflet
mais un collier de chien
perdu sans son maître.
Et les marionnettes ?
De leur tête de bois
couleurs et lumières
sort une ficelle
De leur beaux souliers vernis
un bout de lacet
On tire dessus,
et les marionnettes
se mettent à danser, à danser, à penser

L'horizon ?
Mais c'est le bout du monde !
dit l'oiseleur
Il a raison
Mais pour son malheur
le cacatoès volubile
au vol malhabile
l'entraîne au loin
au loin
dans une folle ronde
de grands chemins

Strident passe le cri
et puis
virgule
S'envole pour ailleurs
Où çà ailleurs ?
Nul ne saura
Et le point minuscule
Echappe à tous les enrôleurs

Pour connaître l'étonnement
Il faut croiser le regard
d'un crabe d'or dans son armure
à travers une épaisseur d'eau
quand nulle ride de hasard
ne griffonne son onde ni ne rature
quand nulle vague ne froisse l'eau
Il faut voir ces yeux étonnés
apercevant dans son bocal vert
un homme nu crustacé né
qui mue qui perd
sa carapace d'air
Il faut savoir que les algues dansent
brassant l'espace
comme des arbres lumineux
caressés par un vent silencieux

Penché au dessus de l'eau
j'admire
le pur nuage roseau
qui se mire
Un banc d'oiseaux
silencieux
frôle les blonds coteaux
bambous soyeux
Passe un vol de poissons
mystérieux
dans le fond du ciel bleu
Le courant fait bouger les branches
du saule pleureur
L'écume blanche
du vent moqueur
fait sur les ondes
comme une ronde
de souvenirs
Dans un soupir
près du corail
vert éventail ondule l'algue
L'océan est couleur de ciel
et le ciel se noie dans la mer
La terre
à jamais
disparaît

A petits mots
avancent nos mensonges
nos rêves
comme le flot qui bat la grève
baiser furtif
aux douces lèvres
de l' océan alternatif
Nos songes
fugitifs
et nos mensonges
si naïfs
ne se ressemblent pas

Courir le canal d'une Vie
Vous appelez çà un voyage ?
Sur un pauvre chemin de halage
Il faut traîner sans raison
Un train de péniches
illusion !
heureusement, à chaque écluse
je m'efforce
D'abandonner un maudit vaisseau
Peut-être ainsi garderais-je des forces
Sous ce ciel aux couleurs des eaux

L'Enfant de l'Indifférence
est un bâtard ?
Qu'importe !
Si blond si tendre et presque nu
cet innocent n'est pas un ingénu
Avec moi son ami inconnu
assis sur le seuil de ma porte
il attend que le vent menu
nous apporte
cette nouvelle bienvenue
qu'enfin
toutes les constructions de cartes
s'écroulent comme les châteaux humains.
 Le lien du poète qui est aussi peintre. http://www.robert-moran.eu _________________ ...
 http://www.liensutiles.org/gvilleneuve.htm |
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