Je suis l'auteur de la préface /biographie du tout dernier livre bilingue sur Sabine Sicaud (To Speak, to Tell You? 2009) et l'éditrice des poèmes ainsi que l'auteur de la première biographie sur Sabine (Le Rêve inachevé, 1996). Ma biographie a souvent été ou bien recopiée, ou bien déformée. La déformation qui me désole le plus est ce qu'on invente sur la mort de cette jeune poète. A l'époque, on ne savait pas de quoi elle était morte. On l'appelait une maladie mystérieuse. Malheureusement, beaucoup de gens qui n'avaient pas eu de contacts avec les proches de la famille ont fait courir sur internet le bruit que Sabine était morte d'une gangrène. Ceci est complètement faux (la gangrène était connue à l'époque et la famille n'a jamais prononcé le mot de gangrène. On aurait d'ailleurs amputé Sabine si cela avait été le cas). Des recherches supplémentaires ont permis de déterminer que Sabine était morte d'ostéomyélite, maladie qui maintenant se soigne avec des antibiotiques, mais qui était incurable à l'époque.
L'ostéomyélite est très douloureuse, surtout lorsqu'on tente de bouger le malade (pour le laver, par exemple). Les douleurs sont aussi intermittantes, ce qui explique pourquoi Sabine hurle sa douleur dans certains poèmes, alors qu'elle est apaisée ou ironique dans d'autres; ce qui explique aussi pourquoi elle a bénéficié d'une brève rémission avant de mourir, rémission qui nous a donné le merveilleux poème: "Quand je serai guérie".