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 | Sujet: Poèmes de RolandeB. Jeu 21 Juin - 0:46 | |
| La Paloma
Do ré mi fa papa
J’entends la Paloma
Do ré mi fa
La la la
Comme il aurait été bon
Quand il en était encore temps
De chanter en duo avec toi papa
La Paloma
Avec ta voix couleur Félix
La mienne couleur Acadie
Appuyées des violons du Pays
De chanter la Paloma
À la mi-temps
Tu aurais soufflé
Sur ton harmonica
Le refrain de la Paloma
L’histoire d’un bateau perdu
Et d’un oiseau blanc
L’histoire d’enfants
Partis de Normandie
Et qui se souviennent…
© RolandeB.
Elle se sent comme un oignon
Qu’on aurait dépouillé de ses pelures
Et dont les sucs se seraient réfugiés
Au centre du cœur
Tous ses sucs pelotonnés en son centre
Pressés Pressurés
Comme en un poing impitoyable
Poing tant serré
Que le cœur halète et suffoque
Tandis qu’à la périphérie
Règne un désert de glace
Peau d’oignon glacée glissante
Lisse et nue
Peau trouée de mille pores à vif
Elle se sent au sein d’un remous
Happée par mille bouches-sangsues
Mille bouches dévorantes
Qui sucent sa moelle
Et s’accrochent à ses atomes
Par cent mille ventouses
Mille bouches qui lui crient a tue-tête
Des obscénités et lacèrent son visage
Jusqu'à le réduire en bouillie
Elle, en purée, s’écoule hors d’elle…
© RolandeB.
ÈVE MINÉRALISÉE
Seule en son éternité
Épandue sur la galets de la lande
Elle se minéralise
Ses longs doigts fuselés
Accolés à la pierre grise
Forment des rigoles où l’eau de pluie
Chantante dégouline
De son bassin empierré
Jaillissent lys et myosotis
Et de ses seins-fontaines
Coulent le lait et le miel des abysses
Sa chevelure radicelles métallisées
L’enracine au sol la cloue
Mille ventouses suçant le sang de la terre
Et son crâne toutes orbites vidées
Blanc d’un blanc de craie
Luit pur ovale triplement percé
Trinité noire sur blanc de craie
Aux antipodes
Ses jambes d’albâtre arquées
Enserrent un long menhir de pierre
Embrassement figé pétrifié
© RolandeB.
Je me souviens
Il fera doux
Ce sera comme en août
Les marguerites sous les branches
Arboreront leurs collerettes blanches
L’arbre près de la véranda
Revêtira sa robe lilas
Je me souviens de tout cela
Je nous revois encore
Blonds seront les blés de ce temps-là
Et oubliée l’ombre des miradors
L’astre du jour à son zénith
Jouera sur ta peau brune
Moi, je t’arroserai d’eau bénite
Pendant que je mangerai des prunes
Je me souviens
Il fera grésil
Ce sera comme en avril
Une pluie fraîche délavera l’hiver
Un vent frisquet chassera les nues
Moi, pour te réchauffer
Je te couvrirai de ma peau nue
Je me souviens de tout cela
Je nous revois ce jour-là...
Nos cœurs seront en joie
Et nos âmes se riront des lois
Un air doux venu d’on ne sait où
Et une brise marine enivrée d’embruns
Nous déroberont aux importuns
Nous préserveront des regards jaloux
Je me souviens
Ce sera comme en juillet
Et bleus les bleuets…
© RolandeB.
La Folle
En équilibre précaire
Vacillant sous le souffle du Vent
Mains s’agrippant aux fibres du cœur
La folle flotte affolée
Ses bras épousent les rafales blanches
Ailes déployées flottant au Vent
La poudrerie gonfle ses voiles
Hérisse sa crinière en serpentins scintillants
Vers quel mirage vole-t-elle
Quel poison s’est infiltré en elle
Qui la fait courir souffle coupé
Telle une Walkyrie nordique ?
L’aiguille du cœur aux cents coups
Oscillant sur la Rose des Vents
Scande un staccato syncopé
Contrepoint aux furies déchaînées
Ses tympans peau de tambour
Résonnent sous les coups du Vent
Tandis que sa prunelle agrandie
Conserve l’effigie de quelque Orphée
Qui tire les rênes de cet attelage
Femelle folle et cœur en folie ?
Quel diable en quel enfer
Préside à ce ballet démentiel ?
Étourdie tétanisée sous le gel
Insensible aux aiguillons du mistral
Elle avance toujours enchantée
Silhouette s’amenuisant à mesure
Bientôt elle n’est plus qu’une ombre
Se fondant s’effaçant dans le blizzard
Le staccato du cœur lentement décroît
La folle apaisée avalée bue dissoute…
© RolandeB.
LE VENT CE SOIR
Le vent ce soir a des cailloux dans la voix
Ce soir, la voix rocailleuse du vent
S’acharne sur les bouleaux blancs
Souvenirs d’enfances liés au vent
Enfance vécue dans la tourmente
Des fusils et du froid et du vent
Enfance noyée dans la folie meurtrière
De guerriers rougis de sang d’enfants
Le vent ce soir siffle et se lamente
Ce soir, la voix sifflante du vent
Décime la tête des bouleaux blancs
Images lointaines liées au vent
Au sifflement du vent dans les grands espaces glacés
Au souffle haletant des trains de ce temps-là
Trains cahotant et hurlant et sifflant
Fumées noires balayées par les vents
Le vent ce soir a des cailloux dans la voix…
Souvenirs d’enfance liés au vent
Enfance vécue dans l’épouvante
Et la marche cadencée d’hommes bottés
Enfance perdue au fond de caves glacées
Caves où sifflait le vent des balles
Le vent ce soir siffle et se lamente…
L’enfance s’en est allée, mais le vent
Encore et toujours souffle la mort
Le vent décime et emporte des hommes blafards
Des enfants hagards des femmes sans regard
Le souffle impitoyable du vent fauche tout espoir
Tout espoir…
© RolandeB.
LE GROS HOMME
Le gros homme est amoureux
D’une mince naïade
Venue des Pléiades
Il se sent langoureux…
Une mince naïade
Apparue un soir de pleine lune
Légère comme une plume
Ah ! Avec elle jouer dans les dunes…
Le gros homme retient son souffle
Veut la saisir mais s’essouffle
Dans ce geste vers les cieux
Il est possédé de rêves glorieux…
Dans sa tête se déroulent
Des visions mirifiques
Il s’imagine en Gatsby le magnifique
Quel état pathétique…
Et la belle enjôleuse de lui se rit
Mirage inaccessible des lointains
À ce jeu, le gros homme s’use, se flétrit
Il s’écroule, referme ses mains…
Il se roule en boule, se foétise
Il blottit sa douleur
Tout près de son cœur
Une grosse boule de douleur…
© RolandeB.
Ô la splendeur des amours rêvées
Blancheur de nefs sur la mer irisée
Ô l’horreur des rêves brisés
Noire cohorte de nuées crevées
Naguère nous avions cru aborder
Des Rives enchanteresses
Où les jours couleraient enchantés
Mais ce furent plutôt de hauts murs
Qui s’érigèrent de hauts murs tout gris
Retenant captifs les rêveurs surpris
Ô comment renouer le fil perdu
Le fil perdu de nos rêves
Comment retrouver ô enfants déchus
La forteresse du rêve…
© RolandeB.
NUITS D’ALGÉRIE
Noire est la nuit
Les enfants sont en songe
Les parents veillent inquiets
Profond est le silence…
L’écho du jour s’est dissipé
L’ombre opaque préserve ses mystères
Tout soudain, cette ombre vomit
Sa horde infernale !
Cris déments ! Aciers tranchants !
Rouge est la nuit…
Pleurs d’enfants cauchemardant
Les enfants meurent saignés
Noire redevient la nuit…
Les âmes enfantines flottent
Les corps des parents gisent épars
Nuits d’Algérie
Nuit sur le Monde…
© RolandeB.
Un soir de mai Une fontaine Une femme L’eau de la fontaine Fraîchissait le soir Verdissait le pré Le marbre veiné de la fontaine Esquissait des hiéroglyphes En forme de coeur Un banc près de la fontaine Tout baigné d’illusions Invitait à l’Attente La femme, guérie de l’espoir, Dédaignant le piège Poursuivit son chemin © RolandeB. HAÏKU FEMMES VOILÉES Cheptel d’agnelles Sur l’autel du Phallus Chasse gardée Longues nuées sombres Trouée lumineuse Joie Vision fugace De genêts défeuillés Ciel gris bleu Cascade moussante Sur pan rocheux noir Échec au fou Quelques silos Phallus gris blanc Ponctuent l’horizon Soierie marine Cargo rouge et blanc Vision portuaire © RolandeB. Une souris vert-de-gris Ouvre son parapluie Je souris Le jeu lancé Les dés retombés Que le spectacle commence Neige équarrie Sous le scalpel acéré Des vents nordiques Rond soleil jaune Sapins enneigés Forêt québécoise Mer voilée d’embruns Mouettes criardes Cargo fantôme Mon ami Revêts tes habits La potence est fourbie © RolandeB. _________________ ...
 http://www.liensutiles.org/gvilleneuve.htm
Dernière édition par le Ven 22 Juin - 13:40, édité 2 fois |
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José Chanly 100 messages
Inscrit le : 20 Déc 2004 Messages : 1263 Localisation : Fosses-la-Ville
 | Sujet: Re: Poèmes de RolandeB. Ven 22 Juin - 3:45 | |
| Bonjour ROlande,
Heureux de te savoir parmi nous avec en prime de très beaux poèmes. Mon préféré? "Je me souviens".
Il fera doux
Ce sera comme en août
Les marguerites sous les branches
Arboreront leurs collerettes blanches
L’arbre près de la véranda
Revêtira sa robe lilas
Mais tous méritent d'être à l'honneur. Bravo!
José |
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